Bouk1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

28 août 2011

punk

5120sSSSXgL__AA115_Bye Bye Blondie, Virginie Despentes

   "Une fille qu'on rencontre en HP n'est pas une fille qui rend heureux. Il voulait jouer contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences, il pensait que c'était ça l'amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu'ils arrivent sur l'autre rive, sains et saufs. Mais ils réussissent juste à s'entraîner au fond. Il est temps de renoncer..."
   Gloria a été internée en hôpital psychiatrique. Contre toute attente, la punkette "prolo" y a rencontré Eric, un fils de bourgeois aussi infréquentable qu'elle; ils se sont aimés comme on s'aime à seize ans. Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les a séparés. Vingt ans après, à nouveau, leurs chemins se croisent. Portrait d'une femme blessée aux prises avec ses démons, traversée des années punk, chronique d'un amour naufragé, Bye Bye Blondie est sans doute le livre le plus émouvant de Virginie Despentes.

Je découvre Virginie Despentes avec ce livre et je ne suis pas déçue. J'ai vraiment apprécié cette plongée dans les années punk de Gloria. D'ailleurs, l'auteur arrive vraiment à nous dépeindre ces années là, on s'y retrouve vraiment, il y a vraiment une atmosphère typique. Et Gloria... Malgré son évidente tête de bois, elle est plus qu'attachante. Explosive, en colère, à fleur de peau... on la voit presque avec les yeux d'Eric qui, la retrouvant vingt ans plus tard, est toujours amoureux d'elle. Et malgré tout ce que Gloria avait pensé, elle l'est encore elle-aussi, même si c'est plus difficile pour elle de tirer un trait sur la rupture catastrophique d'il y a vingt ans. Qui a sans doute conforté sa façon "heurtée" et trop franche de concevoir les relations. Est-il possible de (re)vivre quelque chose alors qu'ils sont si différents - socialement et intellectuellement ?  
J'ai trouvé le style très direct, réaliste, vivant. Ce n'est pas trash comme on qualifie souvent l'auteur, mais ça sonne vrai. Une vraie force.
Bref, une belle découverte qui m'encourage à lire d'autres livres de l'auteur, sans aucun doute.

Les premières lignes:
   Elle se dérègle. Ca ne va pas en s'arrangeant, ni même en stagnant. Elle était convaincue, d'expérience, qu'à chaque fois qu'elle s'approcherait trop près du bord, elle saurait faire pirouette arrière. Seulement, cette fois, elle ne contrôle plus rien, "sans les mains". Tous les warnings clignotent en vain et elle sent les gens s'inquiéter, s'éloigner au fur et à mesure. Elle vient de s'engueuler avec sonpetit ami. Elle aurait pu le tuer. S'en est fallu d'un centimètre, d'une seconde. Flirt poussé avec le drame.

Ma note: 8,5 / 10

 

Posté par Aileean à 16:12 - Romans - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 août 2011

51TJYEKuIvL__AA115_Registre des morts, Patricia Cornwell

  Couverture: A la morgue, tous les décès sont consignés au Registre des morts. Ce livre va bientôt revêtir une signification différente pour Kay Scarpetta. Lorsqu'elle s'installe à Charleston, en Caroline-du-Sud, pour y ouvrir, avec sa nièce Lucy et Pete Marino, un cabinet de médecine légale, elle pense commencer une nouvelle vie. Mais très vite, elle entre en conflit avec des politiciens locaux, et on cherche visiblement à saboter son projet. C'est alors que va se produire une série de morts violentes : un meurtre rituel, un enfant victime de sévices, une joueuse de tennis retrouvée mutilée à Rome, sans autre lien entre ces affaires qu'une certaine patiente d'un prestigieux hôpital psychiatrique de Nouvelle-Angleterre. D'autres noms vont s'ajouter au Registre des morts, peut-être même celui de Kay...

Si ma mémoire est bonne, c'est le quinzième tome des "aventures" de Scarpetta et de sa fine équipe. Eh bien, pour moi, cela illustre tout à fait la lassitude: intrigues plus qu'invraisemblables - mais toujours perverses à souhait - (à croire que l'auteur prend son pied) , et surtout un désintérêt profond pour les personnages qui, finalement ont fait le tour de leur rôle. L'auteur veut nous faire croire qu'avec quelques artifices (la maladie de Lucy, les "disputes" entre Benton et Kay, l'alcoolisme de Marino...)  la mayonnaise prend encore, mais pour moi, tout sonne faux. Je me suis ennuyée au point de ne même plus faire attention à ce que je lisais. Malgré tout, un bémol à cette mauvaise appréciation, il y a un certain suspense qui m'a maintenu (heureusement) jusqu'au bout de cette lecture. C'est peut-être cela qu'on reconnait un auteur avec du talent.

Les premières lignes:
   L'écho de l'eau tambourinant. Une baignoire carrelée de mosaïque dans les tons gris, profondément enchâssée dans le sol en pavés de terre cuite.
   L'eau coule avec paresse d'un antique robinet de cuivre et l'obscurité s'écoule par la fenêtre. De l'autre côté de la vitre en verre cathédrale, la place, la fontaine, la nuit.
   Elle est assise paisiblement dans l'eau, une eau glaciale à la surface de laquelle surnagent des glaçons qui fondent peut à peu. Son regard est presque vide.

Ma note: 6 / 10

 

 

Posté par Aileean à 13:19 - Polars - Policiers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juillet 2011

La rue des autres, Violaine Leroy

   Sacha est une jeune fille qui se laisse porter par la vie, sans grand enthousiasme. Elle travaille dans une librairie et un jour, dans la rue, elle repère une vieux bonhomme en fauteuil roulant, une sorte de clochard. Ce vieil homme va changer quelque chose en elle. Petit à petit, le vieux lui ouvre les yeux sur son entourage, au gré d'histoires qu'il a glané pendant ses pérégrinations - imaginaires ou réelles? Sacha rédécouvre le monde, celui de tous les jours; elle se laisse emporter et se rend compte que chacun a des rêves, des espoirs et que l'apparence recèle bien d'autres choses sur les gens qu'elle croise dans la rue. Elle-même va s'ouvrir un peu plus.
C'est une histoire douce amère, tendre et vraiment sympathique. Le vieil homme est-il réellement celui qu'il prétend ? Il est celui qui raconte, mais quelle est son histoire, à lui ? Est-il un personnage ou se cache-t-il lui même ?
J'aime les bandes dessinées au dessin net et précis, très réel. Mais ici, le dessin est plus flou, moins léché, mais ça n'enlève rien. Absolument pas. L'auteur sait nous faire passer toutes les émotions des personnages, leurs rêves, leurs espoirs. Sur la forme, la couleur bleu/gris impose sa marque et j'ai aimé le format du livre. Bref, une belle découverte que je recommande. Aussi bien l'auteur que la maison d'édition.

Ma note: 9 / 10

Merci à BABELIO et aux éditions La Pastèque

 

Posté par Aileean à 16:05 - Bandes dessinées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juin 2011

51krCxx2qUL__AA115_Fille noire, fille blanche, Joyce Carol Oates

   Genna et Minette partagent une chambre sur le campus. Et c'est tout ce qu'elles ont en commun. Minette est aussi noire, indomptable et solitaire que Genna est blanche, timide et généreuse. Fascinée, Genna fait son possible pour fendre la cuirasse de Minette et devenir son amie. Observant la menace des violences racistes croissantes, elle est sa seule alliée. Pourra-t-elle la sauver ?

Je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture. Les deux héroïnes, tellement différentes, ne sont pas sympathiques et je ne m'y suis pas attachée. Pour faire simple, Genna est trop naïve et limite masochiste et Minette est une teigne. Non, vraiment, aucune empathie avec ces jeunes filles même si au début, Genna est intéressante, mais après bof, ça devient lassant cette énergie qu'elle dépense pour se faire l'amie de quelqu'un qui la supporte plus qu'autre chose, de façon évidente.
Malgré tout, ça se lit, la forme du roman est intéressante. Nous savons dès les premières lignes que Minette est morte cette année-là. Et Genna raconte a posteriori ce qu'elles ont vécu, enfin, surtout son point de vue puisqu'on découvre aussi ce qu'elle a vécu, enfant, avec ses parents qui ne paraissent pas avoir été des plus aimants, accaparé par leurs passions. Puis on voit Minette, issue d'une minorité brimée, qui bizarrement, ne fait rien pour être acceptée, au contraire... Genna fait tout ce qu'elle peut pour être son amie, naturellement, mais Minette se complaît à la voir ce débattre pour éviter le politiquement correct d'une telle amitié à cette l'époque. On en devient presque mal à l'aise.
Bref, un roman de Joyce Carol Oates m'intéresse toujours, mais je dois avouer que je ne mettrai pas celui-ci sur le haut de la pile. ..

Les premières lignes:
   Ohhh mon Dieu.
   Je fus réveillée par ce cri. Je fus réveillée instantanément. Ce devrait être Minette, ma camarade de chambre.
De l'autre côté de la porte de ma chambre à coucher. Minette Swift, dans notre bureau commun. Ce n'était pas la première fois que j'étais tirée du sommeil par la voix de Minette, qui monologuait, se rabrouait à haute voix, ou priait. Ohhh mon Dieu était l'une de ses exclamations, mi-grognement/mi-plainte. 

Ma note: 6,5 / 10

Posté par Aileean à 16:30 - Romans - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]