27 juin 2009
(...) Dans son nouveau roman, Coeur volé, portrait d'une jeune femme entraînée par ses obsessions jusqu'aux limites de la folie, on retrouve l'écriture magistrale et l'univers hypnotique de l'immense romancière. Un suspens troublant jusqu'à l'envoûtement.
Merilee vient de perdre son père, personnage imposant et notable de la ville où elle a grandi. Son absence laisse un vide énorme, elle semble perdue. On retrouve presque la même atmosphère que dans Mère disparue, du même auteur. Une sorte de manque, comme si une partie d'elle-même avait à jamais disparu. Mais elle se laisse submerger par ses émotions, après tout, elle n'a jamais été très forte, elle tient sans doute de sa mère, fragile elle aussi et morte depuis longtemps. Heureusement son oncle Jedah est là. Lui, si imposant, si fort, qu'il semble l'entourer d'une sollicitude... troublante. En revenant là où elle vécut enfant, elle redevient une petite fille. Une petite fille que la disparition d'une camarade de classe il y a si longtemps continue de hanter.
L'auteur excelle comme d'habitude à montrer ses personnages sans fards, à nu. Merilee est fragile, ses pensées, ses souvenirs se mélangent et l'angoisse est distillée à petite dose jusqu'au bouquet final. On suit Merilee dans ses doutes, ses humeurs, tout cela dans un style bien particulier, comme dans l'esprit chamboulé de la jeune fille.
Un très bon policier à lire aussi pour décourvrir l'auteur.
Merci à BLOG-O-BOOK et Le Livre de Poche.
Les premières lignes:
Ils disaient qu'elle avait été enlevée.
Pas à haute voix ! Pas devant nous.
Mais quand on écoutait. Quand on écoutait bien. Par-dessous nos battements de coeur paniqués. Ce grondement, tout bas, comme le tonnerre. Enlevée !
Une fille avait été enlevée. Dans Higlands Park. Je savais où c'était. Je connaissais la fille. Nous n'étions pas encore censés le savoir. Nous étions trop jeunes pour le savoir. Nous nous tenions bien sages, nous ne voulions pas être enlevés, nous aussi. La fille qui avait été enlevée n'était pas une fille bien sage, elle ricanait, elle gigotait, elle était imprévisible.
Ma note: 8,5 / 10
Bella, dix-sept ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère pour s'installer chez son père. Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks, où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine.
Il fallait bien que je m'y mette moi aussi. J'attendais la sortie en poche, mais finalement, je m'y suis mise avant. Que dire? Et bien, je n'ai pas trouvé tout cela transcendant. Bon, je reconnais que le suspens est présent, certes, mais le style simpliste et les états d'âme de Bella, jeune héroïne courageuse ne m'ont pas plus touché que ça. Je suis sans doute un peu trop vieille pour ça. Après tout, c'est de la bonne littérature pour ado, mais je ne crois pas que ça aille plus loin.
Malgré ça, j'attends de lire la suite avec ce qu'on peut appeler de l'impatience, si, si! Bizarre, non ?
Les premières lignes:
Je n'ai jamais beaucoup réfléchi à la manière dont je mourrais - même si, ces derniers mois, j'aurais eu toutes les raisons de le faire - mais je n'aurais pas imaginé que ça se passerait ainsi.
Haletante, je fixai les yeux noirs du prédateur, à l'autre bout de la longue pièce. Il me rendit mon regard avec affabilité.
C'était sûrement une bonne façon d'en terminer. A la place d'un autre, d'un que j'aimais. Noble, pourrait-on dire. Ca devrait compter en ma faveur.
Ma note: 7,5 / 10
18 juin 2009
Azzazet
Le Masque d'argile, Serge Brussolo
Dans la Rome impériale, deux mercenaires, un homme et une femme rompus au métier des armes, mènent l'enquête...
Soldats, assassins, gardes du corps, Shagan et Junia sont tout cela à la fois. Il leur faudra affronter les puissances des ténèbres pour élucider les mystères d'une villa patricienne en proie aux manifestations les plus irrationnelles. Malédiction ou complot ? Difficile de faire la part des choses dans un monde imprégné de superstition, où mille petits dieux épient les humains à toute heure du jour et de la nuit, ne leur laissant aucune intimité.
Un récit inquiétant qui propulse le lecteur à travers les coutumes les plus étranges de l'Antiquité romaine.
Une petite plongée dans la Rome antique, on s'y croirait, car l'auteur, avec une foule de petits détails, nous fait revivre le quotidien de cette époque. Un bon petit roman où comme d'habitude, le suspens est toujours présent, ici avec la magie et la superstition d'une mythologie mystérieuse, on frôle le fantastique.
Efficace et sans fioritures, un bon moment de Brussolo encore une fois.
Les premières lignes:
Dans les ruines de Pompéi, on pouvait encore contempler, au début du siècle dernier, une étrange peinture presque effacée. Les guides évitaient de la montrer aux touristes car, pour la voir, il fallait accepter de remonter à quatre pattes le long d'un couloir à demi effondré. Là, au creux d'une cubicula jadis occupée par une prostituée aux cheveux teints en rouge, un obscur artiste s'est appliqué, en des temps anciens, à dessiner avec un grand luxe de détails un paysage désertique où se déplace une sorte de monstre fabuleux sur lequel il convient de s'attarder.
Ma note: 7,5 / 10
17 juin 2009
Classique
ILLUMINATI... Robert Langdon n'en croit pas ses yeux. Pourtant l'inscription s'étalait bien devant lui, marquée au fer rouge sur le cadavre de Leonardo Vetra, éminent chercheur du Conseil européen pour la recherche nucléaire en Suisse.
Pour le célèbre symbologue, ce crime est signé: la société secrete tant redoutée est de retour après quatre siècles de silence.
Son but ? Anéantir l'Eglise catholique et son symbole, le Vatican...
J'avais moyennement aimé Da Vinci code, le trouvant par moment simpliste, et j'ai donc préféré celui-ci du même auteur. C'est efficace, l'action se passe sur une journée, Langdon et Vittoria Vetra doivent sauver le Vatican, aux prises avec une secte dangereuse qui préparait sa vengeance depuis quatre siècles.
Bien sûr, les héros sont ici aussi des super héros puisqu'ils devinent les énigmes assez vite, mais l'action et le suspens effacent tous les petits défauts. On est pris dans cette course contre la montre (presque du style 24h chrono) et la ville de Rome et le Vatican n'ont plus de secret pour nous.
Des rebondissements, un peu attendus, mais bien amenés nous tiennent jusqu'au bout.
Bref, un bon moment, du bon suspens historico-religieux, loin des clones qui sortent maintenant à tout va.
Les premières lignes:
En reniflant une odeur de chair brûlée, le physicien Leonardo Vetra comprit que c'était la sienne. Il leva des yeux terrorisés vers la silhouette penchée sur lui.
- Que voulez-vous ?
- La chiave, répondit la voix rauque, le mot de passe.
- Mais... je n'ai pas...
L'intrus appuya de nouveau, enfonçant plus profondément l'objet blanc et brûlant dans la poitrine de Vetra. On entendit un grésillement de viande sur le gril.
Vetra poussa un hurlement de douleur.
- Il n'y a pas de mot de passe !
Ma note: 8 / 10






