Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

18 novembre 2009

Symbolique...

419VC1WAXBL__SL160_AA115_Le Pèlerin de Compostelle, Paulo Coelho

   "A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l'idée qu'il existait des secrets, des chemins mystérieux... Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie..."
   Lorsqu'en 1986, Paulo Coelho entreprend le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, il ne sait pas encore que de ce voyage il reviendra transformé.
   A son image, le héros de ce récit a péché par orgueil. Au terme d'un parcours jalonné d'épreuves, il comprendra enfin que l'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires, que la vérité est pour tous les hommes. Creuset de ses livres ultérieurs, en particulier "L'Alchimiste", qui lui a valu des lecteurs dans le monde entier, ce voyage inspiré, poétique, nous fait partager la recherche humaine et spirituelle de Paulo Coelho.

  Quelle déception... Finalement, ce quatrième de couverture aurait dû m'aiguiller, car si ce livre est l'inspiration de "L'Alchimiste" dont j'ai du arrêter la lecture au tout début avant de mourir d'ennui, je ne dois pas être étonnée...
Dans la continuité de ma précédente lecture, je me suis mise aux récits de voyage et j'attendais quelque chose d'intéressant de l'auteur, "mondialement connu". Mais sous couvert d'un récit sur le Chemin, il nous abreuve de philosophie et de théories fumeuses avec une secte mystérieuse et secrète dont ferait partie le héros. Ayant failli à l'étape d'une initiation, il part sur le Chemin avec un guide pour trouver son épée...
Attention, symbole à tous les niveaux...
D'ailleurs, on ne saura même pas le fin mot de l'histoire puisque la valeur de son épreuve est de découvrir le sens de sa quête qui nous sera volontairement caché. Bref, pour moi, je regrette sincèrement cette lecture car jusqu'au bout j'ai attendu quelque chose, mais non, rien d'inspiré et de poétique ne m'est arrivé...

Les premières lignes:
   "Et que devant le Visage sacré de RAM, tu touches de tes mains la Parole de vie, et reçoives une telle force que tu deviennes son témoin jusqu'aux confins de la Terre!"
   Le Maître a levé ma nouvelle épée, sans la sortir de son fourreau. Les flammes ont crépité sans le feu, un présage favorable signifiant que le rituel devait continuer. Alors, je me suis baissé et, à mains nues, j'ai commencé à creuser la terre devant moi.

Ma note: 5 / 10

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14 novembre 2009

Camino francés

61tmeAY3I4L__SL160_AA115_Les chemins de Saint-Jacques, Les routes du pèlerinage médiéval à travers la France et l'Espagne, Derry Brabbs

   Ce livre présente les quatre principaux chemins à travers la France et le Camino francés en Espagne. C'est un compagnon rêvé pour ceux qui ont déjà accompli cet étonnant périple ou projettent de le faire - sans oublier ceux qui préfèrent voyager par l'imagination, confortablement installés dans leur fauteuil.

MASSECRITIQUE

Saint-Jacques est une des figures les plus importantes de l'histoire religieuse d'Espagne. On suppose qu'il avait été choisi pour évangéliser l'Espagne et de retour à Jérusalem, il fut emprisonné puis décapité sur les ordres du roi Hérode Agrippa, en l'an 44. Ensuite, la légende prend le relais. Ses restes, conservés précieusement par ses disciples, furent déposés dans une barque qui, sous la conduite d'anges, échoua sur les rives de la Galice où il fut enseveli. Quelques centaines d'années plus tard, un ermite "redécouvrit" l'histoire de ce tombeau et le culte commença. Il fut renforcé par l'appartition du Saint en 844, lors d'une bataille contre les Sarasins, où sur un fier destrier blanc, il guida les armées qui remportèrent la victoire. Héros de la reconquista, la légende était faite, le pèlerinage vers son tombeau s'intensifia, comme un symbole dans la lutte contre les envahisseurs (Sarasins, Turcs,...).

Après un petit historique, ce livre nous fait découvrir avec des superbes photos les quatre principaux itinéraires français vers Saint-Jacques-de-Compostelle: la via Podiensis (départ du Puy en Velay), la via Lemovicensis (départ de Vézelay), la via Turonensis (départ de Tours/Chartres), la via Tolosana (départ d'Arles) pour ensuite continuer avec ce qu'on appelle le Camino francès en Espagne. On apprend aussi que l'itinéraire de ce pèlerinage est devenu en 1987, "Premier itinéraire culturel européen" et est classé au Patrimoine Mondial par l'Unesco en 1993.
Les photos sont bien sûr magnifiques et illustrent à merveille les commentaires de l'auteur qui nous apprend de façon simple et précise des détails d'architecture, d'histoire et de religion. On aurait presque envie de prendre son sac et de marcher sur les traces des pèlerins. Et l'on découvre aussi que des milliers de personnes ont tout abandonné, tout risqué, pour partir sur les routes dans un dénuement presque complet, à la merci de brigands ou d'escrocs de tout poils, mais aussi à la découverte du formidable élan de générosité et de charité organisé autour du pèlerinage. La construction d'hopitaux, de maisons au confort plus ou moins aléatoire pour accueillir tous ces gens est parallèle au formidable élan architectural qui imposa son style sur plusieurs sites importants (Conques, Moissac, Tours, Toulouse...) pour essaimer ensuite à travers toute l'Europe.

Ce livre est une très belle leçon d'histoire et un magnifique voyage à travers la France et l'Espagne et on est souvent étonné de cette ferveur, cette foi ardente, qui a poussé sur les routes quantité de pèlerins, mais comme dit l'auteur: "les nouveaux modes de vie (actuels) ont peut-être modifié les attitudes vis-à-vis de la religion traditionnelle, mais en Occident, d'autres formes d'iconologie y sont pratiquées chaque semaine, loin des temples et des églises." Vient ensuite une comparaison avec les millions de supporters qui font chaque week-end, des kilomètres pour soutenir leur club de football...
Je n'avais jamais fait le parallèle, mais pour certains, c'est vrai qu'on se pose la même question...

Les premières lignes:
   
Cet ouvrage n'est pas un guide détaillé des divers chemins traversant la France et l'Espagne jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle, mais une célébration de la splendide architecture sacrée et des superbes paysages qui sont l'essence même du pèlerinage. J'espère que mon travail saura encourager ceux qui ne se sont encore jamais aventurés sur l'un des chemins de Saint-Jacques en France, ou sur le Camino francés en Espagne, à dépoussiérer leurs chaussures de marche pour prendre la route. Pour ceux qui arborent déjà avec fierté l'emblème en forme de coquille, ces photographies et ces textes serviront d'aide-mémoire et se savoureront confortablement installé dans un sofa moelleux au coin de l'âtre, un verre de vin à la main !

Ma note: 9 / 10

Posté par Aileean à 21:19 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2009

Surplus

51U6j79_81L__SL160_AA160_La Déclaration, l'histoire d'Anna, Gemma Malley

  Angleterre, 2140.
  Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s'ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hall, un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n'auraient pas dû naître., des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n'a plus de parents désormais. confinée dans l'enceinte du pensionnat, elle travaille très dur pour effacer leur faute.
  Anna a tout oublié de son passé.
  Jusqu'au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée ?
  A travers l'incroyable histoire d'Anna, et au fil de son carnet, son seul confident, un roman bouleversant sur la vitalité de l'adolescence.

C'est un roman pour ado mais je l'ai trouvé d'une tristesse... Il y a comme une atmosphère oppressante, un suspense certes, mais non, ce n'est pas très gai. La forme du récit ne sort pas de l'ordinaire, mais c'est bien ficelé. On y prend goût dès les premières lignes et les deux héros sont forcément très sympathiques.
Les questions que ce roman soulèvent méritent notre attention. En effet, dans la lutte contre le vieillissement inéluctable des corps, la médecine - la science -  peut-elle tout, au mépris de la vie, de la nature ? Comment peut-on tomber dans le rejet pur et simple de ce qui est différent ? Est-il si facile de s'abondonner à des pulsions si dangereuses: la peur de la différence, les haines inter-générationnelles ?
C'est un peu manichéen certes, simple mais bien construit et les rebondissements ponctuent l'intrigue de façon efficace. Ou comment les deux héros, voués à un sort funeste réussissent à franchir les multiples épreuves de leur chemin vers la vraie vie. Mais sont-ils prêts à affronter la réalité ?

Les premières lignes:
 
Ce n'est pas ma faute si je suis là. Je n'ai jamais demandé à naître. Même si ça n'excuse pas le fait que je sois née. Mais on m'a retrouvée très vite, ce qui est "de bon augure". En tout cas, d'après Mrs Pincent. Elle, c'est la Directrice de Grange Hall. On l'appelle "Madame l'Intendante". Quant à Grange Hall, c'est l'endroit où je vis. C'est là qu'on apprend aux gens comme moi à se rendre Utiles - ou "comment tirer le meilleur parti du pire", pour reprendre la phrase de Mrs Pincent.
  Je n'ai pas d'autre noms. Pas comme Mrs Pincent. Son nom entier est Margaret Pincent. Certains l'appellent "Margaret", d'autres - la majorité - , "Mrs Pincent"; nous, on dit seulement "Madame l'Intendante". Depuis quelques temps, je me suis mise à l'appeler "Mrs Pincent", moi aussi, mais jamais en face - je ne suis pas folle.

Ma note: 8 / 10

Posté par Aileean à 21:14 - Fantasy - SF - Imaginaire (28) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 octobre 2009

Voyages

51DJ7HY8TZL__SL160_AA115_Compartiment pour dames, Anita Nair

   Un jour, Akhila décide de partir vers l'extrémité sud de l'Inde, là où se rencontrent l'océan Indien, la baie du Bengale et la mer d'Arabie, pour faire le point sur une vie qu'elle a l'impression de n'avoir pas vécue. Dans le train qui la conduit à destination, elle fait la connaissance de ses compagnes de voyage, avec lesquelles elle va partager toute une nuit l'intimité d'un compartiment pour dames. A travers leurs confidences sur leurs vies faites de renoncements, de frustrations, parfois de révoltes, Akhila cherche la réponse aux questions qu'elle se pose: une femme a-t-elle besoin d'un homme pour se sentir épanouie ? Comment redevenir maîtresse de son destin ?
   Nul doute que, pour l'auteur, les cloisonnements de la société indienne ressemblent à s'y méprendre à ceux d'un train: "un compartiment y est en permanence réservé aux femmes : il peut se révéler confortable, à condition qu'elle n'en sortent pas". (Michel Grisolia, L'express)

Une véritable plongée dans l'Inde d'aujourd'hui et de la condition féminine, lourde de traditions. Ce voyage est un formidable prétexte pour évoquer le sort des femmes: cinq femmes vont se raconter à Akhila et à travers ces récits, on peut découvrir un sort à chaque fois différent. Il y a la femme éduquée mais piégée par le mariage, celle qui au contraire s'est épanouie à travers son mari, la jeune femme qui découvre les mirages de la vie à l'Occidentale, la jeune fille qui fuit le carcan de sa famille et celle pour qui la vie n'est que servitude. Partout, le poids de la tradition et de l'asservissement à la famille, aux hommes, qui n'ont pas la part belle dans ces histoires. Akhila évoque aussi sa vie et ce qui l'a conduit à faire les choix difficiles qui ont réduit sa vie à une vie de routine dédiée entièrement à sa famille. Où sont donc ses rêves de femme, ses désirs, sa liberté de penser ?
J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé dépaysant par le tableau riche et coloré des us et coutumes indiens, mais tellement proche aussi par les questions qu'il amène sur la condition de femme d'aujourd'hui. Ces tranches de vies où le dénouement reste ouvert à toutes les possibilités, cela donne l'espoir que les femmes puissent passer le lourd rideau de la tradition et vivre libres sans être remisées à la marge parce que leur comportement sort des normes. Il faut du courage pour affronter tout ça et oser faire le premier pas. C'est tellement plus facile de se laisser porter.

Les premières lignes:
 
C'est ainsi depuis toujours: l'odeur d'un quai de gare, la nuit, fait naître en Akhila l'envie de s'évader.
  Le long corridor de béton qui se déroule dans la nuit, ponctué par des panneaux et par l'alternance de l'ombre et de l'éclairage de la gare. Le mouvement des aiguilles d'une pendule qui donne un rythme d'urgence au vacarme des écrans de télévision suspendus et au grincement des charots chargés de paniers et de sacs. Le grésillement du système de sonorisation qui s'anime en crachotant pour annoncer les arrivées et les départs. Le jasmin enroulé dans les chevelures, la sueur et la brillantine, le talc et la nourriture rance, les sacs de jute humides et l'odeur verte des paniers de bambou fraîchement tressés.

Ma note : 9 / 10

Posté par Aileean à 12:28 - Romans (62) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]