25 novembre 2007
Qui a tué l'enfant du Temple?
Un roi sans lendemain, Christophe Donner
Sur une énigme historique où beaucoup de choses ont déjà été dites, ce livre reste agréable à lire. Il ne révèle rien, c'est un roman, mais la forme est intéressante. Mais on s'attache moyennement au héros, l'écrivain qui doit écrire un scénario puis un livre sur l'histoire du petit Roi. Les parties "historiques" restent les plus intéressantes, à mon avis... Le roman est à deux niveaux: la vie de Henri Norden (l'écrivain) et le compte-rendu de ses recherches, dont il fait part sous forme de récit ou de discussion où les points de vues sont échangés.
L'auteur nous raconte la vie de Jacques-René Hébert, fondateur du journal sans-culotte "Le père Duchesne". Est-il un farouche révolutionnaire sanguinaire, un opportuniste , un véritable écrivain? Quelles sont ses motivations? L'amour du peuple et de la liberté ou la gloire à n'importe quel prix? Que pense-t-il réellement de la monarchie, la famille royale, lui, amoureux de la jeune princesse Marie-Antoinette comme tant d'autres qui la virent lors de son entrée solennelle à Paris en 1773?
L'auteur redonne aussi vie à des personnages secondaires: le duc de Bourgogne (frère aîné de Louis XVI), le Dauphin Louis-Joseph, la mère Simon, la femme d'Hébert. Et l'intérêt est que tous ces personnages en deviennent presque sympathiques et l'Histoire en est revisitée.
Les premières lignes:
Henri en était à la cinquième ou sixième version de son livre sur Ulises.
Mais bon sang, se dit-il, pourquoi est-ce que je me fais autant de mal, depuis tant d'années, à prêcher dans le désert la cause du vrai, de l'intime? A quoi mène cette obsesssion de toucher au nerf?
Il se leva d'un bond, propulsé par le désir fou d'en finir avec l'autobiographie, en finir avec tout ce travail d'introspection, tellement épuisant au bout du compte. Il avait alors repris son livre depuis le commencement, passant allégremment de la première à la troisième personne du singulier.
La série Thorgal
Thorgal, créée par Rosinski et Y.Sente. Van Hamme est le créateur de la série (29 tomes)
C'est le dernier tome paru, et bon, je suis rassurée, ça nous promet d'autres aventures et évènements... Le dessin change un peu, je crois que j'avais lu quelque part que c'était dû à la technique du dessinateur, mais c'est toujours un régal de se plonger dans l'univers de Thorgal. Fantasy, âges troublés, magie, suspens, tous les ingrédients d'une très bonne saga sont présents. Mais nous arrivons à un tournant de l'histoire puisque le héros "fatigué" va laisser sa place à son fils Jolan, sans doute, qui va vivre à son tour le même genre d'aventures. Bref, Thorgal / Jolan, ou le héros bon, intègre et au sens moral très developpé.
Van Hamme est vraiment mon scénariste préféré. C'est lui aussi, XIII (19 tomes), Largo Winch (15 tomes), Lady S. (5 tomes) et bien d'autres... Eh oui, les héros ont toujours un complot à déjouer!
Le Croque-mort
Le Croque-mort à tombeau ouvert, Tim Cockey
Hitchcock Sewell en est sûr: Lucy Taylor n'est pas une meurtrière - ce n'est pas seulement parce qu'elle est jolie, c'est aussi sa meilleure amie. Secondé par son inimitable ex-femme et un privé semi-dépressif, le croque-mort le plus farfelu de Baltimore ouvre les portes des boîtes de jazz enfumées et s'immerge dans l'univers interlope du jeu en quête du coupable...
Je viens de finir ce 3è volet des aventures de Hitchcok Sewell et j'ai retrouvé avec plaisir tout ce qui m'avait plu dans les 2 premiers tomes: Le Croque-mort a la vie dure et Le Croque-mort préfère la bière.
Des personnages attachants, de l'humour à toutes les lignes, et bien sûr, les enquêtes déjantées de notre croque-mort, détective d'un jour...
Hitch aime se mêler de ce qui ne le regarde pas et a ses propres idées sur la justice dans le monde. De par sa profession, il n'a rien en commun avec la police, à part peut-être la fréquentation des cadavres. Mais ça ne l'empêche pas de mener ses propres enquêtes, au désespoir du flic local. Car bien sûr, même si l'intention est là, résoudre une enquête n'est pas une mince affaire. Il lui faut souvent l'aide de Julia, son exquise ex-femme, de son chien Alcatraz, de sa tante Billie, croque-mort elle aussi et surtout l'inspiration d'un bon verre au bar du coin.
Dans ce volume, Hitch est persuadé que son amie Lucy n'a pas tué son petit ami, Calmar Martin, propriétaire d'un boîte de jazz. Il va tout faire pour chercher le vrai coupable, même si s'immiscer dans le monde de la nuit couplé avec celui du sport-spectacle peut devenir dangereux. Surtout quand l'argent circule...Mais suivre l'argent, c'est peut-être le meilleur moyen de comprendre ce qui se passe.
Je n'ai pas trouvé l'enquête palpitante mais ce n'est pas ce que je recherche vraiment dans les aventures du Croque-Mort. L'humour dévastateur de Hitchcock et ses comparses nous font passer un bien meilleur moment que certaines enquêtes d'autres privés de la littérature...
Les premières lignes:
Apparemment, c'est moi que Calmar appela en premier après que Lucy Taylor lui eut tiré dessus. C'était un samedi après-midi. Début juin. Le soleil était haut et moi, au plus bas. J'avais une méchante rage de dents et je venais de raccrocher le téléphone après une conversation avec un dénommé Roger, qui remplaçait mon dentiste habituel quand celui-ci était en vacances dans sa résidence de Jackson Hole, pauvre homme. Roger avait l'air emballé de me voir. Il me caserait l'après-midi même entre une dévitalisation et une extraction. Soit, grand bien lui fasse. Moi, je n'étais pas emballé, j'avais juste mal aux dents.
Le maître Taniguchi!
Quartier lointain, Jirô Taniguchi
Le premier que j'ai découvert... C'est devenu mon auteur préféré
Des dessins d'une incroyable réalité, qui font passer toutes les émotions, des paysages photographiques époustouflants et l'histoire me touche toujours. La poésie, l'imaginaire sont à l'oeuvre!!!
Un grand maître!
Ma note: 10 / 10
Dernière lecture
Bellefleur, de Joyce Carol Oates
Enfin terminé!! 750 pages mais un bouquin passionnant et surtout original dans sa forme. L'histoire d'une grande famille d'origine française, installée aux Etats-Unis depuis le début du XIXè. Chaque chapitre reprend une histoire, un fait sans tenir compte d'une quelconque chronologie. Comme tout livre s'attelant à l'histoire d'une famille sur plusieurs générations, on a tendance à se perdre dans les liens de parenté, d'autant plus que certains personnages ont le même prénom. Le style de Joyce Carol Oates n'aide pas non plus, car les longues phrases de plusieurs lignes entrecoupées de digressions sont légions et il est quelquefois difficile de suivre... Malgré tout, cette famille impose son univers d'emblée, un univers où la superstition, la fatalité, le mystère, l'amour et la folie se cotoient.
Les premières lignes:
Cétait il a des années, lors de la période obscure, chaotique, insondable, qui précéda (de près de douze mois!) la naissance de Germaine, un soir de la fin septembre troublé par la frénésie des vents innombrables, tels des esprits se livrant combat - tantôt plaintifs, tantôt en colère, tantôt subtils comme l'écho délicat du violoncelle, pénétrant au point de vous glacer la nuque et les épaules - un soir si tourmenté, comme imprégné d'une odeur de soufre, un soir si lourd d'une nostalgie inarticulée que Leah et Gideon Bellefleur se querellèrent une fois de plus dans leur immense lit, la gorge nouée de sanglots parce que leur amour était trop dévorant pour accepter les limites de leurs corps de simples mortels;
Ma note: 7,5 / 10

