Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

30 décembre 2007

Personnalités

21CVMIP95WLLes mille et une vies de Billy Milligan, Daniel Keyes

Quand la police de l'Ohio arrête l'auteur présumé de trois, voire quatre viols de jeunes femmes, elle croit tenir un cas facile: les victimes reconnaissent formellement le coupable et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, ce dernier nie farouchement. Ou bien il reconnaît les vols, mais pas les viols. Son étrange comportement amène ses avocats commis d'office à demander une expertise psychiatrique. Et c'est ainsi que tout commence...
On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l'on apelle une personnalité multiple, une affection psychologique très rare, qui fait de lui un être littéralement "éclaté" en plusieurs personnes différentes qui tour à tour habitent son corps. Il y a là Arthur, un Londonien raffiné, cultivé, plutôt méprisant, et puis Ragen, un Yougoslave brutal d'une force prodigieuse, expert en armes à feu. Et bien d'autres. En tout, vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère et même de sexe différents.
L'affaire Billy Milligan a fait la une des journaux américains, fascinés par ce cas et par la lutte qu'ont menée les psychiatres et Billy lui-même pour essayer de "fusionner" en un seul individu ses 24 personnalités. Quant au livre, construit comme un véritable drame shakespearien, il est le résultat de mois et de mois de rencontres et d'entretiens entre Daniel Keyes et...Ragen, Arthur, Allen et les autres. (...)

On a bien du mal à croire à la possibilité d'avoir 24 personnalités, chacune différente les unes des autres. J'ai même pensé que c'était un roman inventé de toute pièce, même si j'avais déjà entendu parler des personnalités multiples. Cet homme, Billy Milligan, est en fait 24 personnes en même temps dont 10 officielles, les autres étant jugées indésirables car sources de problème. Chacune prend "le projecteur" (la conscience) selon l'environnement ou ce qui arrive à Billy; les autres "dorment" et ne savent pas ce qui se passe: une amnésie qui permet de diagnostiquer la véritable maladie. La simulation apparaît de plus en plus improbable mais comment peut-on imaginer que ce jeune homme de 23 ans, ait pu devenir un maître en art martiaux, un peintre talentueux, un expert en électronique et en évasion, qu'il parle le serbo-croate et l'arabe littéraire, etc... pendant sa courte vie? Le véritable Billy, mis en sommeil par ses personnalités, pour le protéger de la folie, a l'impression, lui, de "perdre le temps". J'ai plutôt l'impression que le temps s'est allongé au gré des vies des autres personnages.
Cette histoire incroyable, mais réelle, va d'ailleurs être adaptée au cinéma courant 2008 par Joel Shumacher.   
  Daniel Keyes a formé son récit en 3 parties: l'arrestation et la découverte de la maladie de Billy, sa vie et celle de ses "habitants", la prise en charge de sa maladie et son procès.
On est vraiment plongé dans l'histoire et captivé par cette "famille", ainsi nommée par Arthur, une des personnalités clés. On saisit finalement toute la violence qu'a subi Billy, enfant curieux et intelligent, qui s'est refermé en lui-même pour trouver les ressources afin de survivre. Chaque situation entraîne l'apparition d'un nouveau personnage: pour ne plus entendre et se couper du monde, Shawn l'enfant sourd; pour discuter avec le monde extérieur, Allen le jeune homme social et volubile; pour se défendre, Ragen le serbo-croate protecteur attitré de la "famille"; pour subir les coups, David le gardien de la  douleur; etc...
La question est: peut-on condamner Billy pour les choses faites par une autre personnalité? Est-il responsable? Après tout, ces personnalités sont des créations imaginaires de son propre esprit.
Ce livre qui est un témoignage se lit vraiment comme un roman, et je l'ai trouvé assez proche du livre de Truman Capote, De sang-froid, dans le sens où il décrit de façon neutre et objective le parcours extraordinaire d'un criminel dans l'Amérique des années 70.

Les premières lignes:
   
Samedi 22 octobre 1977 - John Kleberg, responsable fédéral de la sécurité dans les universités de l'Ohio, vient de placer la faculté de médecine sous surveillance policière. Des véhicules de patrouille et des escouades de policiers armés quadrillent le campus, des tireurs d'élite sont postés sur les toits et les femmes ont recçu des conseils de prudence: qu'elles évitent de se promener seules et surtout, si elles s'apprêtent à prendre le volant et qu'un homme les observe, méfiance!
  Pour la deuxième fois en huit jours, une femme vient d'être enlevée sous la menace d'une arme à feu entre sept heures et huit heures du matin sur le campus. Les deux victimes sont une étudiante en optométrie de vingt-cinq ans et une infirmière de vingt-quatre ans. Dans les deux cas, le scénario a été identique: après avoir conduit sa victime hors de la ville pour la violer, le ravisseur lui a ordonné de toucher des chèques et lui a dérobé le contenu de son sac à main.

Ma note: 8 / 10

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24 décembre 2007

Famille décomposée

219NEHjhKsLA l'ouest, Olivier Adam

Antoine a presque dix-neuf ans. Fragile, rêveur, indocile, il sèche le lycée, erre dans le centre commercial de son quartier, et ne fait rien de sa vie. Il cherche l'amour - et les coups.
Camille veille sur son grand frère autant qu'elle le peut, et calme ses angoisses en se réfugiant dans la prière.
Quant à Marie, leur mère, elle fait ce qu'elle peut. Mais c'est elle, qui, un beau matin, déclenche l'explosion et les conduit à l'ouest. Pas le point cardinal, non, mais cet état second où rien n'a plus vraiment d'importance...

Un petit livre qui se lit très vite, tellement on s'attache aux personnages. On les sent entraînés vers l'inexorable, tels des papillons dans la lumière. Le style est précis, net. Il y a plusieurs points de vue et chaque personnage bénéficie de retour dans son passé, avec nostalgie et tendresse, pour essayer d'éclairer la situation actuelle. Mais peut-on comprendre ce qui arrive à Antoine, Marie et Camille? Non, nous ne sommes pas là pour ça, leurs vies passent juste comme un éclair devant nos yeux, nous sommes juste spectateurs...

Les premières lignes:
   
Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s'affichent en vert. Tout à l'heure, comme chaque matin, Marie se tenait derrière la porte. La radio s'est mise en route. Elle a fait demi-tour, rassurée. Antoine a entendu le pas de sa mère dans les escaliers. La porte a claqué. Puis au-dehors, le bruit bientôt flou de ses talons qui s'éloignent. Antoine a grogné, a envoyé valdinguer l'appareil. Il s'est retourné, enroulé dans ses draps. S'est rendormi.

Ma note: 7,5 / 10

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23 décembre 2007

Génétique

21Zohw_MKoLLe dernier homme, Margaret Atwood

Un monde, le nôtre, dans un futur pas si lointain... Un monde dévasté à la suite d'une catastrophe écologique sans précédent, où se combinent des conditions climatiques aberrantes, des manipulations génétiques délirantes et un virus foudroyant prompt à détruire l'ensemble de l'humanité. Esseulé au coeur de cet enfer aseptisé et visionnaire, digne de 1984 et d'Orange Mécanique, un homme, Snowman, est confronté à d'étranges créatures génétiquement modifiées, les Crakers, une nouvelle race d'"humains" programmés pour n'être sujets ni à la violence, ni au désir sexuel, ni au fanatisme religieux. Tel un Robinson futuriste, il doit lutter pour sa survie et celle de son espèce. Au risque d'y perdre son âme...

Un livre étonnant auquel je ne m'attendais pas. Je pensais qu'il serait plus conforme aux récits de "survivants en période de fin du monde"...Construit comme il est (flash-backs de l'existence de Snowman, alias Jimmy, en parallèle de sa vie avec les Crakers), j'ai eu du mal à m'enthousiasmer pour le sujet. Pas beaucoup d'action, beaucoup de réflexion, des personnages qui n'inspirent pas une grande sympathie d'emblée, bref, ce n'est qu'aux deux tiers du roman que j'y ai trouvé de l'intérêt.
Il décrit une société qu'on sent vraiment proche de la nôtre, qu'on n'ose envisager mais qu'on sent aux frontières de notre réalité. Les manipulations génétiques font peur et portent en elle le germe de notre destruction future mais peuvent-elles nous sauver aussi?
Les relations avec les Crakers, nouvelle race génétiquement modifiée, sont intéressantes aussi, bien que moins abordées finalement. Dommage...Voir comment un mythe se crée, comment Snowman peut passer pour une divinité omnipotente aux yeux de ce peuple naïf et innocent et surtout voir si l'esprit humain même modifié retombe toujours dans les mêmes schémas...toutes ces questions sont abordées mais à nous de trouver les réponses.
Un bouquin intéressant et qui m'a donné envie d'en lire plus du même auteur.

Les premières lignes:
    Snowman se réveille avant l'aube. Immobile, il écoute la marée montante et les vagues qui déferlent, l'une après l'autre, et franchissent divers obstacles, flish-flish, flish-flish, au rythme des battements d'un coeur. Il aimerait tant se croire encore endormi.
    La ligne d'horizon, à l'est, baigne dans une brume grisâtre teintée d'une lueur rosée, funeste. Curieux la douceur que cette couleur affiche encore. Elle sert de toile de fond aux silhouettes sombres des tours offshore qui émergent comme iréelles du rose et du bleu pâle du lagon. Les criailleries des oiseaux nichant là et le ressac de l'océan au loin dans les ersatz de récifs formés de pièces de voiture rouillées, de briques en vrac et de décombres assortis rappellent presque le bruit de la circulation les jours de congé.

Ma note: 8,5 / 10

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22 décembre 2007

Un jour en Chine...

21KCS08MQFLTriste vie, Chi Li

Yin Jiahou se lève à cinq heures dans la pièce inconfortable et exigüe qu'il partage avec sa femme et son fils de quatre ans. Il ne rentrera que tard le soir pour retrouver une vie conjugale monotone empoisonnée par la question - cruciale - du logement. Entre-temps, il aura fait la queue partout; affronté, son fils dans les bras, la cohue des transports en commun; appris avec dépit qu'il ne touchera pas la prime qu'il escomptait. Il aura médité sur la distance qui sépare la réalité du rêve, songé avec mélancolie aux espoirs de sa jeunesse et à d'autres amours possibles, passées et à venir.
   Tempéré par une ironie tendre et désabusée, Triste Vie constitue un témoignage poignant sur des vies insignifiantes et ordinaires, ignorées des rubriques de géopolitique, sur lesquelles repose pourtant le destin de la Chine de demain.

Je crois qu'au moins ce 4è de couverture décrit tout à fait ce petit livre. Rien à ajouter à part nos propres impressions. Comment croire que cette vie d'ouvrier chinois, minuscule rouage d'une grande puissance, se passe à notre époque? C'est tellement loin de notre quotidien...Une vie qu'on pourrait penser désespérante selon nos propres critères mais qui est le lot de beaucoup de monde en Chine. Un appartement minuscule avec sanitaires communs aux autres logements, un trajet digne du parcours du combattant pour aller au travail car dépendant de matériel désuet et inefficace, les conditions de travail avec le bon vouloir des chefs, les rêves d'autrefois comparés à la réalité...Quelle dure journée...Heureusement que son fils Leilei est là pour égayer sa vie même si au bout du compte, Yin Jiahou sa femme et Leilei se croisent plutôt que vivent ensemble...
Le seul espoir de Yin: rêver. "Au moment de s'endormir, sa trouvaille du matin sur le bateau lui revint à l'esprit: Rêve. Tout ceci est un rêve, un très long rêve; tout sera différent quant tu te réveilleras..."

Les premières lignes:
 
La matinée débuta au milieu de la nuit.
   Il y eut d'abord un fracas immense dans l'obscurité, suivi d'un hurlement à glacer le sang. Yin Jiahou se réveilla en sursaut. Le corps tendu, il crut un instant à un cauchemar. Une fois ressaisi, il comprit que son fils était tombé du lit. Sans même prendre le temps de se chausser, sa femme s'était déjà précipitée à terre, et appelait l'enfant d'une voix tremblante. Dans le noir, la mère et le fils renversèrent quelques objets, et roulèrent ensemble dans l'espace exigu au pied du lit.
 
Ma note: 9 / 10

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21eWHyLTpELLe Croque-mort enfonce le clou, Tim Cockey

Sisco Fontaine est accusé de meurtre, mais il ne fait pas de doute pour Hitchcok Sewell qu'il est innocent. Le croque-mort le plus sexy de Baltimore n'a plus qu'une idée en tête: démasquer le coupable. Mais lorsque sa vieille amie Julia (erreur de l'éditeur: sa vieille amie Peggy) décède brusquement, la situation prend une toute autre tournure...

A lire ce 4è de couverture, c'était alléchant. Quoi, l'indispensable Julia, l'exquise ex-femme meurt brusquement? Comment allait réagir notre bon vieux Hitch?
Je suis en colère après l'éditeur car il n'est aucunement question de la mort de Julia dans ce tome de la série. C'est une coquille. Jusqu'au bout, j'ai attendu. J'en ai même "survolé" l'histoire, vu que j'attendais l'évènement. Du coup, ça m'a gâché le plaisir de lire. J'en ai même trouvé l'intrigue un peu grosse. Hitch, toujours dans des coups tordus, ça fait un peu trop. Ici, il est appelé par Sisco, un ancien ami, qui se trouve dans la maison de sa maîtresse dont le mari vient d'être asassiné. Il va donc enquêter - car il est soupçonné lui même et pour aider Sisco, devenu ensuite suspect numéro un. Il rencontre une autre ancienne connaissance, Peggy McNamara qui aurait un lien avec la première affaire...et qui va, elle et non Julia, décéder assez rapidement, trop rapidement pour Hitch.
Pour moi, ce n'est pas le meilleur, même si l'ambiance loufoque et décapante est toujours là, heureusement. On aborde ici le monde des "personnes âgées", de leur vie subie ou non dans les "lieux de repos" ou maisons de retraite. Non, la fin de vie n'est pas rose pour les personnages du roman. La quête de l'héritage ou du profit rapide aux dépens de personnes vulnérables peut entraîner certains aux plus basses extrêmités. Mais Hitchcock Sewell veille...

Les premières lignes:
 
Sisco Fontaine avait un problème. Il avait aussi un nom ridicule, mais ce n'était pas le problème en cours. Le problème en cours, c'était que le mari de la femme avec qui couchait Sisco Fontaine gisait sur le carrelage d'une cuisine avec un couteau dans le dos. Le couteau ne bougeait pas; le mari non plus. Une flaque de sang s'était formée de part et d'autre du corps et un saisissant tourbillon de rouge zébrait les carreaux blancs sous sa main droite tendue. A une vingtaine de centimètres, il y avait une arme. Un pistolet. Horrible petite chose aux reflets bleuâtres.

Ma note: 7,5 / 10

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20 décembre 2007

Fille au père

2152QET5C7LLe Croque-Mort est bon vivant, Tim Cockey

Hitchcock et Libby, c'est de l'histoire ancienne. Mais la belle Libby est de retour... Ses deux enfants sous le bras, elle demande à son ancien amant de l'aider à retrouver sa nurse, disparue depuis une semaine. Hitch, croque-mort de profession et détective malgré lui, se lance dans l'enquête...Il devra garder tout son sang-froid pour ne pas perdre le fil d'une histoire fort encombrante.

Un de mes tomes préférées. C'est une histoire presque banale dans laquelle va plonger Hitchcok Sewell, pour les beaux yeux de Libby. Qui est vraiment cette jeune Sophie, employée modèle, qui disparaît ainsi du jour au lendemain sans donner de nouvelles?
Toujours flanqué de son ami, Pete Munger, détective à la retraite et cherchant un sens à sa vie, il va faire face à des avocats véreux, une association religieuse pas très catholique et quelques personnages peu reluisants. Bref, une enquête de routine. Mais là, le dénouement surprenant est franchement glauque. Mais bon, la réalité dépasse souvent la fiction à ce qu'on dit. C'est un sombre coktail mélangeant sexe, amour, argent et désir d'enfant que va devoir mettre à jour notre détective favori. Et faire tomber les notables qui se laissent aller à leurs plus bas instincts, Hitchcok Sewell y excelle.
J'ai tout de suite accroché: l'histoire de la jeune fille, nounou au pair chez Libby, ancienne bonne amie de Hitch est désespérante, mais les histoires sentimentales parallèles de chaque personnage, Hitch, Pete et Julia ainsi que l'humour décapant de l'auteur nous font passer un agréable moment. Quelques passages sont même franchement hilarants, comme d'habitude.

Les premières lignes:
  Ray Spectre vint me rejoindre sur la pointe des pieds au beau milieu d'un enterrement pour m'informer qu'une de mes anciennes conquêtes partie s'installer à Annapolis avait quitté son mari et était de retour à Baltimore. Sa bouille d'auguste arborait un sourire à l'avenant lorsqu'il m'annonça la nouvelle. A peu près la tête du chien qui crève d'envie qu'on lui lance un bâton.
  - C'est un enterrement, lui rappelai-je. Tu devrais peut-être planquer tes dents.
  - Euh?
  - Voilà qui est mieux.

Ma note: 9 / 10

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14 décembre 2007

Dexter

216qIOqIMeLDexter revient, Jeff Lindsay

Voici notre cher Dexter - expert judiciaire de la police de Miami le jour, tueur en série la nuit - doublement menacé. D'un côté le sergent Doakes, insensible à son apparence de gentleman, traque le "Passager Noir", l'autre moi sanguinaire et justicier de Dexter. De l'autre, un psychopathe particulièrement pervers laisse Dexter sans voix alors que son appétit meurtrier se réveille. Lequel de ces monstres rattrapera l'autre en premier?

Ce livre, originellement appelé "Le Passager Noir" fait suite au premier tome, Ce cher Dexter. On retrouve donc Dexter, avec qui, bien malgré nous, nous sympathisons fortement, car malgré le fait qu'il soit un tueur en série sans sentiments, c'est un justicier. Voilà qui nous rassure. Après tout, il respecte le "Code Harry", code de conduite sévère qu'il tient de son père adoptif, ancien flic de la police de Miami. La question est: tuer des meurtriers, cela fait-il de lui un personnage du "bon côté"?
Comme dans le premier opus, le suspens réside dans les deux thèmes principaux:
  - Dexter peut-il se faire prendre? Peut-il réussir indéfiniment à tromper tout le monde? Tiendra-t-il son rôle de justicier jusqu'au bout?
  - Enquêteur malgré lui, va-t-il pouvoir trouver l'autre tueur psychopathe, devenu presque un rival?
On voit ici qu'il est presque capable de normalité puisque devant faire taire son Passager Noir quelque temps, il en vient même à se rapprocher encore plus de Rita, sa "petite amie", et ses enfants. Une vie normale, est-ce possible?
Le Passager Noir est lui aussi, un personnage principal pour ne pas dire le personnage phare du livre, d'où le titre initial. Est-il tout ou une petite partie de Dexter seulement? Qu'est-ce qui le fait vivre? Pourra-t-il trouver satisfaction et disparaître un jour?

J'aime beaucoup cette série à l'humour cynique et macabre que j'avais découvert par son adaptation très réussie dans la série télévisée du même nom (Dexter, sur Canal +). D'ailleurs, j'ai toujours en tête l'acteur interpétant Dexter (Mickael C. Hall) lorsque je lis le livre. L' ambiance est vraiment ambivalente puisqu'on culpabilise presque de bien aimer Dexter, qui est un monstre sanguinaire, gouverné par ses pulsions, savamment bridées certes, mais il reste un psychopathe. Il n'a aucune empathie, il joue ses sentiments, ce qui entraîne des situations cocasses et vraiment drôles.
On attend avec impatience la suite car quelques indices dans ce tome nous laissent entrevoir ce que pourrait devenir la vie de Dexter telle qu'on n'oserait l'imaginer.

Les premières lignes:
 
De nouveau la grosse lune ronde, posée sur l'horizon de la nuit tropicale, et le cri qu'elle jette dans les ténèbres parvient aux oreilles frémissantes de la chère voix tapie dans l'ombre, le Passager Noir blotti bien au chaud sur le siège arrière de l'âme hypothétique de Dexter.
  Cette lune vaurienne, cette Lillith braillarde et voyeuse qui, à travers le ciel vide, interpelle les coeurs sombres des monstres nocturnes du dessous, qui les somme de regagner leur joyeuse aire de jeux. Qui hèle, à cet instant précis, le monstre embusqué juste là, derrière le laurier-rose, tigre rayé par le feuillage au clair de lune, attendant, tous ses sens aiguisés, le bon moment pour sortir de l'ombre.

Ma note: 8,5 / 10

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12 décembre 2007

81615 Dexter, série américaine (2006/2007), tirée du livre de Jeff Lindsay, Ce cher Dexter. Diffusée sur Canal +.

Avec Mickael C. Hall (Dexter Morgan), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), Julie Benz (Rita Bennett), Erik King (Sergent Doakes)

Voir ici

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11 décembre 2007

Les chiens aboient...

117GAZCW5CLCoup de chien, Anne McCaffrey

Sur le quai de la gare de Cap Cod, Regan Laird guette son pupille James Carlysle Murdock. Une petite erreur d'identité que James Carla Murdock a oublié de lui mentionner...
Mais d'autres préoccupations attendent le major et la jeune fille, comme celle de retrouver une fortune en diamants qui semble avoir disparu en même temps que le père de Carla était assassiné.
Et si tout semble accuser de vol et de meurtre le major Warren, unanimement détesté par son régiment, la vérité risque de causer à Carla autant de peur que de mal...

Un petit polar intéressant qui se lit très vite. Le style est simple, le ton humoristique, on pourrait croire à un polar anglais... Le chien de Carla Murdock, Merlin, est présenté comme un personnage à part entière et leur relation exclusive en fait le socle du livre. Bien que moyennement intéressée par la période (la fin de la guerre mondiale, en 1945), j'ai trouvé ce huis-clos à Cap Cod assez sympathique. Il nous livre aussi quelques lumières sur la vie des soldats et leur famille - Carla étant fille de colonel. En revanche, j'ai trouvé le motif supposé du meurtre surprenant, mais pourquoi pas après tout: c'est original. Le texte est à la première personne, Carla nous raconte ces quelques jours riches en évènements, dans la maison glaciale de Regan Laird, où vont apparaître chacun leur tour les protagonistes importants de l'enquête officieuse de la fille du colonel Murdock sur sa mort mystérieuse.

Les premières lignes:
  Après tout, de quoi me plaignais-je? Le train allait dans la bonne direction. La ligne reliait Boston à l'extrémité de Cap Cod, et, finalement, le train lui-même, avait une chance de parvenir à destination. Peut-être pas le jour même, ce 18 mars 1945, mais, tôt ou tard, il finirait par arriver. D'un autre côté, ce n'était pas cette pensée vaguement rassurante qui allait rendre moins froid et moins lugubre ce trajet de Boston à East Orleans dans un fourgon glacial.
  Bien sûr, ce n'était pas mon premier voyage en fourgon à bagages. Merlin et moi avions traversé ainsi de long en large toute l'étendue des Etats-Unis, y compris le territoire de l'Alaska.

Ma note: 8 / 10

Posté par Aileean à 18:46 - Polars - Policiers (39) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 décembre 2007

"L'ultime opus"

- L'apprenti assassin -1

- L'assassin du roi - 2

- La nef du crépuscule - 3

- Le poison de la vengeance - 4

- La voie magique - 5

- La reine solitaire - 6

- Le prophète blanc - 7

- La secte maudite - 8

- Les secrets de Castelcerf - 9

- Serments et deuils - 10

- Le dragon des glaces - 11

- L'homme noir - 12

21dE61Pm_2BML Adieux et retrouvailles, L'assassin royal - 13, Robin Hobb

Depuis le départ du prince Devoir et de la Narcheska Elliania désormais libres de se marier, FitzChevalerie demeure seul sur l'île d'Aslevjal. S'il a fini par se résoudre à la mort du Fou, il n'entend pas laisser pour autant la dépouille de son ami ensevelie sous les décombres du château de glace. Il se lance alors dans l'exploration désespérée des ruines souillées à jamais par les maléfices de la Femme Pâle. Son périple le mènera bien plus loin qu'il n'aurait pu l'imaginer: des contrées de la mort aux rivages secrets de l'Art, Fitz trouvera peut-être les réponses à toutes ses questions... ou des raisons de croire qu'il se trompe depuis le début.

La fin de la saga. Tout se termine pour Fitz mais plusieurs choix s'offrent à lui. Après tout, il est le Changeur et peut modifier les fins possibles. Se sacrifiera-t-il encore une fois, au nom de l'amitié ou de l'amour?
Tout était déjà presque terminé et ce tome clôt définitivement les aventures de FitzChevalerie Loinvoyant. Un tome en forme d'adieu, de conclusion. Encore très émouvant et parfait même si, à mon avis, certains sujets auraient mérités quelques explications supplémentaires.

Les premières lignes:
  La pratique chalcédienne qui consiste, pour un propriétaire, à marquer ses eslaves d'un tatouage particulier est née d'une mode en vogue dans la noblesse. A l'origine, elle ne concernait que les sujets les plus précieux, ceux qu'on prévoyait de garder toute leur vie; cette coutume s'est généralisée, semble-t-il, lorsque sire Grart et sire Porte, puissants aristocrates de la cour chalcédienne, ont commencé à faire assaut de fortune. Bijoux, chevaux et esclaves servaient alors d'étalon à la richesse, et sire Grart a décidé de faire marquer de façon ostensible toutes ses montures et ses domestiques asservis, dont des colonnes entières l'escortaient lors de ses sorties.

Ma note: 9,5 / 10

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