Bouq1 et Cie

Au fil des lectures et autres découvertes

29 mars 2008

Retour sur Terre

9782253122647 Alien Earth, Megan Lindholm alias Robin Hobb

La Terre est morte.
Et les humains ont bien failli disparaître avec elle. Heureusement, les Arthroplanes, des insectoïdes aux motivations obscures, les ont évacués vers deux planètes jumelles, Castor et Pollux.
Les humains ont muté par force pour s'adapter à leur nouvel habitat.
Mais ils ont conservé la nostalgie de leur monde d'origine, Alien Earth, devenu terre étrangère.
Son écosystème a peut-être eu le temps de se réparer. Il faut aller y voir.
Alien Earth, paradis ou enfer?
Robin Hobb s'est détournée de la fantasy qui l'a rendue célèbre, le temps d'écrire ce somptueux roman de science-fiction qu'elle a signé Megan Lindholm.

J'ai eu du mal à entrer dans ce roman, surtout du mal à imaginer les formes de vies étranges et atypiques de ce monde. Les Humains sont devenus des mutants, maintenus dans un état androgyne et infantile dans un monde dominé par les Arthroplanes, dont on ne saura pas grand chose, à part qu'ils font tout pour préserver l'harmonie des planètes et espèces. Peut-être même un peu trop.
John et Connie pilotent un Anilvaisseau avec l'aide de Tug, un Arthroplane fasciné par la littérature humaine.
Avec eux voyage un passager clandestin, Raef, le dernier Humain pouvant témoigner de la Terre d'avant l'Evacuation. Il survit grâce au transsommeil qui allonge considérablement la durée de vie.
Après quelques considérations sur la poésie et la littérature (des passages un peu longuets à mon goût...), John accepte une mission dangereuse. Contourner le blocus du Conservatoire pour ramener des données et des échantillons de la lointaine planète Terra. Le but de l'expédition: prouver que la planète-mère n'est peut-être pas morte... Un but louable, mais on a eu le temps de l'attendre... J'ai commencé à apprécier ce livre aux environs de la 300è page, au moment où John et Connie arrivent en vue de la planète bleue et lorsque Raef et Evangéline se rapprochent dans une relation passionnante et symbiotique. Evangéline est une Anile, créature hors-norme, parasitée par les Arthroplanes pour effectuer des voyages interstellaires. Evangéline est  un Anilvaisseau mais devient un personnage à part entière. Grâce au rapprochement avec Raef, elle redevient ce qu'elle est vraiment, elle s'affranchit de son Maître Tug et des Arthroplanes en général. C'est un peu le même cheminement que vont faire John et Connie en découvrant les paysages de Terra, leur planète, leur monde, comme s'ils ne l'avaient jamais quitté.
Je reste mitigée sur ce roman, même si les deux cent dernières pages m'ont passionnées. Je connais Megan Lindholm grâce au "Dieu dans l'ombre" que j'avais beaucoup aimé et Robin Hobb (son pseudo) par sa saga de "L'Assassin royal" que j'ai adoré. Mais je n'ai pas retrouvé le charme de ces ouvrages ici. Un peu déçue, donc.

Ma note: 6 /10

Les premières lignes:
   
"Et si jamais Terra Affirma a raison? demanda doucement Connie. Si on peut vivre sur Terra, que se passera-t-il alors?
    - Selon l'opinion du Conservatoire, répondit l'Arthroplane, ce sera la destruction totale du système social de Castor et Pollux et des stations orbitales. Trop d'Humains n'acceptent les contraintes et la discipline du Conservatoire que parce qu'ils n'ont pas le choix. Le mandat de gouvernement du Conservatoire est fondé sur l'exemple désastreux de la destruction de Terra. Si vous supprimez ce facteur, vous ouvrez la porte au renversement du Conservatoire. Certains disent que ce sera la fin de la race Humaine, car les Hommes ne pourront jamais se réadapter sur Terra. C'était un environnement incroyablement dur, Connie."

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24 mars 2008

Tome 1

21E5NNWWHPLArtemis Fowl, Eoin Colfer

Nom: Fowl
Prénom: Artemis
Age: 12 ans
Signes particuliers: une intelligence hors du commun
Profession: voleur
Recherché pour: enlèvement de fée et demande de rançon
Appel à tous les FARfadets, membres des Forces Armées de Régulation du Peuple des fées: cet humain est dangereux et doit être neutralisé par tous les moyens possibles.

Un anti-héros pétillant de malice, une galerie de personnages décapants, des dialogues vifs et intelligents, une histoire au rythme débridé... Laissez-vous entraîner dans l'univers sophistiqué d'Eoin Colfer, unique et enchanteur.

Héros: Artemis Fowl et l'elfe Holly Short.
Lieu: le manoir de Fowl et la base des elfes, sous terre.

Artemis Fowl junior a perdu son père Artemis Fowl senior qui est un malfaiteur. Il ne sait pas s'il est mort ou vivant. Il décide donc d'avoir de l'argent car avec sa mère, il en a besoin. Pour cela, il kidnappe une elfe et demande une rançon. La base des elfes est sous terre et pour sortir, ils doivent remonter avec une poussée de magma. Les elfes essayent de délivrer Holly en envoyant un gnome mangeur d'argile et une bête méchante qui blesse le garde du corps d'Artemis. Mais Holly est encore prisonnière. Les elfes en ont assez et décident de faire un rinçage bleu: c'est une sorte de missile qu'ils lancent et après avoir atterri, un liquide bleu s'évapore. Ce liquide est mortel. Mais Artemis est sauvé. Comment? Lisez le livre pour le savoir!

Les premières lignes:
   
Comment pourrait-on décrire Artemis Fowl? Les nombreux psychiatres qui s'y sont essayés ont dû confesser leur échec. La principale difficulté de l'entreprise réside dans l'ntelligence d'Artemis. Celui-ci parvient en effet à déjouer tous les tests auxquels on le soumet. Face à lui, les plus grands esprits du monde médical se sont trouvés plongés dans une infinie perplexité et nombre d'entre eux, balbutiants et hagards, sont retournés dans leurs propres hôpitaux, à titre de patients cette fois.
   Artemis est sans nul doute un enfant prodige. Mais pourquoi un être aussi brillant a-t-il décidé de consacrer sa vie à des activités délictueuses? Voilà une question à laquelle une seule personne serait en mesure de répondre. Or, il prend un malin plaisir à ne jamais parler de lui-même.

La note de Louh: 8 / 10

Posté par L O U H à 16:12 - Bambinoblog (3) - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mars 2008

Pour les filles...et les autres!

21KFJM0YQ4LLou! Journal infime, Tome 1Julien Neel

Une petite merveille que j'ai découvert il y a peu (merci Plume de mots). J'ai d'abord pensé que c'était le pendant de Titeuf pour les filles, mais non, cette BD est bien plus douce et "mignonne"...
Quelques tranches de vies de Lou, toute jeune ado collégienne qui vit seule avec sa mère, adolescente attardée - fan de jeux vidéos, nulle en cuisine, un peu immature... On y rencontre Mina, sa meilleure amie; Tristan, un garçon dont elle est amoureuse depuis la Maternelle (!!) sans jamais le lui avoir dit; Richard, un nouveau voisin, qu'elle aimerait "caser" avec sa mère; et un petit chat qui est adopté d'office. Chaque page est l'occasion de lire une petite scène/anecdote et d'avancer dans le cours de leur histoire.
Des dessins frais, gais, tendres, loin de l'impertinence de Titeuf. C'est souvent très drôle (j'ai éclaté de rire plusieurs fois...). Je lirai les tomes suivants sans hésiter.

DSCF5006

Ma note: 8 / 10

Posté par Aileean à 17:59 - Bandes dessinées (10) - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

Lucioles

21BInAOlgsLLe tombeau des lucioles, Isao Takahata

Japon, été 45. Les bombardiers américains arrosent Kobé de plusieurs milliers de tonnes de bombes incendiaires. Un jeune adolescent et sa petite soeur perdent leurs parents. Ils se réfugient dans leur famille proche, mais cruelle. Leur quête désespérée d'un monde meilleur les amènera à traverser autant les ruines du Japon  ensanglanté par la fin de cette guerre qu'à affronter l'indifférence et la cruauté des adultes.

C'est un des premiers films d'animation japonaise de qualité que j'ai vu et il m'a durablement marqué. Je crois qu'on ne peut plus oublier Seita et Setsuko. D'ailleurs, je ne l'ai vu que deux fois mais il me chamboule tellement à chaque fois que je crois que j'attendrai un certain temps avant de le revoir...
L'amour de ces deux enfants orphelins est bouleversant et tellement bien rendu par le dessin: le grand frère s'occupant tendrement de sa petite soeur, et celle-ci jouant à la petite maîtresse de maison en dépit de son très jeune âge et tout ça, malgré l'adversité (la guerre, la famine, le froid...). L'émotion imprègne complètement cette magnifique histoire, on en oublie que c'est un dessin animé, finalement. Mais ce monde est tellement cruel...
Je le recommande à tous sauf aux plus jeunes, car c'est un peu dur, les larmes arrivent vraiment très facilement... Mais on comprend toute l'horreur de la guerre.

Ma note: 9 / 10

Posté par Aileean à 13:29 - Ciné - Télé - DVD (5) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

BR

21yXXzCAeQLBattle Royale, Koushun Takami

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle royale". Chaque année, une classe de 3è est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant...
Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.
Version contemporaine survitaminée de Sa Majesté des Mouches, de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l'un des plus grands best-sellers de l'édition nipponne.

Un gros livre de 830 pages. Intéressant par certains côtés, il y a quand même du suspens, surtout vers la fin, lorsqu'il ne reste que quelques élèves, mais à part ça, mieux vaut lire Sa Majesté des Mouches si l'on veut suivre le 4è de couverture...
J'ai eu beaucoup de mal à situer les élèves, notamment à cause de leur nom et de leur nombre. Il y en a une quarantaine. L'un des héros, Nanahara Shûya, est un peu trop parfait, presque caricatural. Malgré tout, ça se lit assez facilement. Les chapitres sont courts et un décompte des survivants récapitule les pertes à chaque fin. Quelques traces d'humour, souvent noir, quelques réflexions bien pensées sur les dictatures et la société japonaise. Sur l'amitié et sur la confiance qu'on a en l'autre, partenaire d'un jour, avec cette question du choix de son engagement dans le Jeu (tuer ses camarades ou se rassembler et résister?). Chaque élève réagit différemment et c'est là que réside aussi le suspens. Et on se rend compte que les bons sentiments n'amènent que des ennuis... Est-ce une image déformée de la réalité ou une simple fiction?
Ce livre a inspiré un film du même nom, sorti en 2001, réalisé par Kinji Fukasaku avec Takeshi Kitano.

Les premières lignes:
   
Quand le bus approcha de Takamatsu, le chef-lieu du département, les faubourgs verdoyants laissèrent enfin place à un paysage plus urbain. Des néons multicolores, des phares de voitures venant en sens inverse, quelques fenêtres encore éclairées dans les bâtiments de bureaux... Des cadres en costume cravate ou en tailleur bavardaient devant les gargotes alignées au long de la rue, attendant sans doute que passe un taxi. Sur les parkings propres des supérettes, des jeunes étaient assis par terre, l'air harassé, une cigarette au bec. Pied à terre au passage clouté, un ouvrier entre deux âges attendait sur son vélo que le feu passe au vert.

Ma note: 6,5 / 10

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15 mars 2008

La femme chinoise

9782290352090  Fleur de neige, Lisa See

Dans la Chine du XIXè siècle, le destin de deux jeunes filles est lié à tout jamais. Fleur de Lis, fille de paysans, et Fleur de Neige, d'origine aristocratique, sont nées la même année, le même jour, à la même heure. Tous les signes concordent: elles seront laotong, âmes soeurs pour l'éternité.
Les deux fillettes grandissent, mais si leur amour ne cesse de croître, la vie s'acharne à les séparer. Alors que la famille de Fleur de Neige tombe en disgrâce et que la jeune fille contracte le mariage le plus infamant qui soit, Fleur de Lis, par son union, acquiert reconnaissance et prospérité. L'amitié sacrée des deux femmes survivra-t-elle au fossé que le destin a creusé entre elles?

Le destin des femmes chinoises fut loin d'être enviable. Comment une civilisation si brillante peut-elle mépriser à ce point la condition féminine? A travers la coutume barbare du bandage des pieds (une petite fille sur dix n'y survivait pas...!), les mariages arrangés, la vie de quasi-domestique avec la belle-famille, nous découvrons la vie de deux jeunes filles dans les campagnes de Chine, unies à travers le lien ancestral du laotong, une sorte d'alliance rituelle conclue dès le plus jeune âge entre deux enfants aux caractères communs. Les deux familles ne sont pas de la même origine sociale mais l'amitié profonde qui unit les deux fillettes dépassent ces différences. Jusqu'à quand ? Chacune va suivre son chemin, vers l'ascension sociale pour l'une, et vers la déchéance pour l'autre. Il va devenir de plus en plus difficile de se comprendre. C'est une relation exclusive et malgré tout l'amour qu'elles se portent, les éclats et les déchirements apparaissent.
Fleur de Lis arrive à la fin de vie, elle est "assise au calme". Dans ce dernier témoignage qu'elle nous livre, elle retrouve le souvenir de ce que fut sa vie, et tous les sentiments qu'elle a pu avoir pour son âme soeur, Fleur de Neige.
Le nu shu, l'écriture secrète des femmes, a joué un grand rôle dans le lien des deux femmes. Il leur a permis de s'écrire, notamment grâce à un petit éventail, symbole de leur union, sur lequel chaque évènement de leur vie est codifié.
Ce livre m'a beaucoup touché, notamment par les descriptions du bandage des pieds, épreuve terriblement douloureuse et horrible à nos yeux d'Européens. C'est en partie grâce à cela que Fleur de Lis fera un beau mariage, grâce à la forme de ses petits pieds, moignons en forme de lis couché, degré suprême de la séduction...
En conclusion, j'ai trouvé que la fin était arrivée trop vite. Certains passages auraient pu être plus développés. Il y a comme un petit goût d'inachevé...

Un petit florilège de citations:
"En tant que fille, obéis à ton père; en tant qu'épouse, obéis à ton mari; en tant que veuve, obéis à ton fils."
"Elever une fille et la marier: autant construire une route que d'autres emprunteront"
"Une femme n'a pas la moindre valeur tant qu'elle n'a pas quitté son village"

Les premières lignes:
   Je suis, comme on dit dans mon village, une femme "dont la mort n'a pas encore voulu" - une veuve ayant dépassé l'âge de quatre-vingt ans. Les journées sont bien longues, depuis que mon mari n'est plus là. Je n'ai plus guère de goût pour les plats que Pivoine et les autres jeunes femmes préparent à mon intention. Et les heureux évènements qui surviennent couramment sous mon toit m'indiffèrent désormais. Seul le passé m'intéresse encore. Au bout de tant d'années, je suis enfin en mesure de raconter ce que j'ai dû taire autrefois, lorsque je dépendais de ma famille d'origine, puis de celle de mon mari. J'ai une vie entière à raconter. Je n'ai plus rien à perdre et très peu de monde à épargner.

Ma note: 8 / 10

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12 mars 2008

Un classique

344696541_MLe Grand Meaulnes, Alain-Fournier

Lire Le Grand Meaulnes, c'est aller à la découverte d'aventures qui exigent d'incessants retours en arrière, comme si l'aiguillon du bonheur devait toujours se refléter dans le miroir troublant et tremblant de l'enfance scruté par le regard fiévreux de l'adolescence.
Le merveilleux de ce roman réside dans un secret mouvement de balancier où le temps courtise son abolition, tandis que s'élève la rumeur d'une fête étrange dont la hantise se fait d'autant plus forte que l'existence s'en éloigne irrévocablement.

Voici un livre que j'ai eu beaucoup de mal à terminer. Je n'ai pas aimé du tout. Je sais que c'est un classique largement apprécié, mais je n'ai pas réussi à ressentir la moindre chose à sa lecture à part de l'ennui.
J'avais déjà essayé de le lire il y a longtemps, sans succès. Je m'y suis remise ces jours-ci suite au livre de Simone de Beauvoir, Mémoire d'une jeune fille rangée, où Le Grand Meaulnes est présenté de façon très favorabe.
C'est l'histoire d'une amitié entre deux garçons, à ce moment de l'adolescence où tout est possible. Augustin Meaulnes assiste à une fête mystérieuse et féérique où il rencontre Frantz et Yvonne de Galais. Cette dernière va marquer profondément Meaulnes et par ricochet, son ami François Seurel. Retrouver Yvonne devient une idée fixe pour les deux amis.
Mais l'image du bonheur est-elle compatible avec la réalité des choses? Et quel rôle va jouer Frantz, avec qui ils ont juré amitié et loyauté?
En bref, ce livre dégage une certaine atmosphère, par ses descriptions, ses paysages, mais pour moi, ça s'arrête là.

Les premières lignes:
   
Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189... .
    Je continue à dire "chez nous", bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n'y reviendrons certainement jamais.
    Nous habitions les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j'appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours Supérieur, où l'on préparait le brevet d'instituteur, et le Cours Moyen. Ma mère faisait la petite classe.


Ma note: 5,5 / 10

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08 mars 2008

Le castor

21VlCnFuqgLMémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

... Sartre répondait exactement au voeu de mes quinze ans: il était le double en qui je retrouvais, portés à l'incandescence, toutes mes manies. Avec lui, je pourrais toujours tout partager. Quand je le quittai au début d'août, je savais que plus jamais il ne sortirait de ma vie."
(4è de couverture Folio Edition 1988)

Je n'avais jamais ouvert un livre de Simone de Beauvoir, l'auteur se rapprochant trop, pour moi, des lectures scolaires obligatoires. Et comme toujours, il faut attendre que l'envie vienne d'elle même.
Sans contrainte, je me suis attelée à cette lecture, et j'ai été étonnée de ne pas m'ennuyer...En effet, cette autobiographie reste très abordable, à part peut-être quelques passages sur des notions philosophiques, mais rien d'incompréhensible. J'aime beaucoup les biographies, comme si l'on pouvait découvrir les germes de la personnalité en devenir dans le récit des premiers temps.
Je n'ai pas la prétention de juger son oeuvre, mais mon sentiment est que finalement, cette jeune Simone de Beauvoir, avec son érudition et le fait qu'elle fut un "pur esprit"', n'était pas si différente des autres jeunes filles de son âge.
L'écriture est compacte, mais jamais ennuyeuse. Nous découvrons le monde feutré de la bourgeoisie par la vision sans fard de la jeune fille puis de l'étudiante sorbonnarde. Elle juge sévèrement ses pairs, et bien sûr, j'attendais à chaque page sa rencontre avec Sartre - qui n'arriva qu'en toute fin de volume...

Deux autres parties complètent cette autobiographie, La force de l'âge et La force des choses.

Les premières lignes:
   Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l'été suivant, on voit de jeunes dames en robes longues, aux chapeaux empanachés de plumes d'autruche, des messieurs coiffés de canotiers et de panamas qui sourient à un bébé: ce sont mes parents, mon grand-père, des oncles, des tantes, et c'est moi. Mon père avait trente ans, ma mère vingt et un, et j'étais leur premier enfant. Je tourne une page de l'album; maman tient dans ses bras un bébé qui n'est pas moi; je porte une jupe plissée, un béret, j'ai deux ans et demi et ma soeur vient de naître.

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05 mars 2008

Cottman IV

9782266000130 Redécouverte, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley et Mercedès Lackey

Léonie, la fille du clan Hastur, vient de partir pour la tour de Dalreuth, où elle apprendra à maîtriser son pouvoir. Elle est si douée qu'elle a de bonnes chances de devenir Gardienne. Mais une prémonition la hante: il va arriver quelque chose d'énorme et de dangereux...
... et justement elle aperçoit, dans le ciel rouge de Ténébreuse, un grand oiseau mystérieux. Quelque chose lui dit qu'il vient de l'une des quatre lunes de la planète. Elle saura bientôt que c'est un astronef envoyé par l'Empire.
La planète Ténébreuse a été découverte autrefois par les passagers d'un astronef naufragé, dont les descendants ont oublié leur origine. Léonie est leur héritière.
Mais la planète Terre, mère oubliée des Ténébrans, a fondé l'Empire galactique. Elle ne sait pas non plus qu'elle a semé, sur un monde éloigné, une humanité perdue. L'astronef de reconnaissance a bien des choses à redécouvrir...

Pour l'auteur, la musique a une place importante. C'est grâce à la musique que les deux peuples aux racines communes vont se redécouvrir. On le verra aussi avec Marja Alton dans L'Age de Régis Hastur, quelques décennies plus tard. D'ailleurs, Elizabeth, la Terrienne, ressemble beaucoup à Marja, je trouve. Elle ont quelques traits de caractère en commun.
Le vaisseau de l'Empire s'abîme sur Cottman IV et le premier contact avec les indigènes se fait dans des conditions extrêmes. Ils sont finalement les bienvenus chez Kermiac Aldaran, Seigneur du Domaine et ils vont pouvoir découvrir que les nombreux points communs avec les indigènes reflètent leur ascendance commune. Mais comment le faire comprendre à la population de Ténébreuse qui a fait de ses origines un mythe aux nombreux dieux et déesses? Et est-ce vraiment indispensable de le révéler maintenant?
Pendant ce temps, Léonie, promise à devenir une grande Gardienne, doit subir l'entraînement rigoureux et inhumain de la Tour. Elle va suivre, à l'insu de tous, grâce à ses puissants pouvoirs et son frère Lorill, les premiers pas de ces nouveaux Terriens et de leur installation précaire. Car sur Terra aussi, les individus aux potentiels télépathiques existent - même si beaucoup ont du mal à croire en ces facultés. C'est en entrant en contact avec quelques uns d'entre eux qu'elle va pouvoir comprendre qui ils sont et qui elle est elle-même.
J'ai vraiment bien aimé ce tome, car je trouve le thème de la découverte des origines toujours passionnant. On est dans le royaume d'Aldaran, le septième Domaine mais qui reste séparé des autres. J'espérais en apprendre un peu plus d'ailleurs sur les origines de cette séparation...
Les personnages féminins sont toujours aussi marquants - on découvre Léonie, célèbre Gardienne, à ses débuts - et malgré l'ombre naissante de Kadarin, toujours aussi mystérieux, qui met vraiment mal à l'aise, j'ai passé un très bon moment à Ténébreuse.

Les première lignes:
    - Ysaye, tu es là?
   Elizabeth Mackintosh passa prudemment la tête dans la cheminée contenant l'unité centrale de l'ordinateur. C'était une petite femme menue, pas exactement jolie, mais si gentille et vivante que ça ne se remarquait pas. Elle avait une épaisse chevelure auburn, de grands yeux bleus, et une voix qui résonna comme une musique dans la cheminée. Au mieux, elle n'avait que peu d'attirance pour les ordinateurs, et l'étroit conduit contenant leurs composants la rendait positivement claustrophobe. Un jour, elle avait dit à Ysaye que cette chaude pénombre éclairée de clignotants lui donnait l'impression d'être entourée de démons aux yeux rouges. Ysaye avait ri, pensant qu'elle plaisantait, mais c'était vrai.
   - J'en ai pour une minute, lui cria Ysaye Barnett. J'arrive.

Ma note: 8 / 10

Posté par Aileean à 18:49 - Fantasy - SF - Imaginaire (20) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2008

Sharra

9782266033824 La captive aux cheveux de feu, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Brynat le Balafré avait gagné. L'imprenable château de Storn était à lui. Dans la forteresse conquise, un prêtre félon avait béni son insolente union avec la pauvre Allira, héritière de la dynastie déchue. Dorénavant, il était le Maître. Mais dans sa tour, l'ancien Seigneur restait invulnérable. Ce faible aveugle avait abandonné son domaine, livré ses soeurs au bandit; isolé dans sa transe, endormi dans des royaumes inconnaissables, il n'avait pourtant pas baissé sa garde et la magie continuait de le protéger. Pour Brynat, il y avait là des pouvoirs à conquérir - ou, à défaut, une vengeance à redouter. Tous les vaincus, jour après jour, attendaient l'appel de Storn en bouillant d'un rage impuissante.
A l'Astroport, Dan Barron avait des visions. Il parlait d'une femme brûlant dans les flammes. Une reine à genoux et souriante, entravée par des chaînes d'or, perdue dans une extase surhumaine. Et le Terrien portait dans sa tête, imprimée comme au fer rouge, cette image qui, à son insu, était celle de son destin.

Encore un récit où nous assistons à la rencontre de plusieurs cultures: celle des Terriens et des Ténébrans et des Séchéens.
Les hallucinations de Dan Barron le conduisent à la faute professionnelle. Son seul recours est d'accepter une mission: apporter des connaissances optiques aux Ténébrans, pour construire des lentilles et autres instruments de vue. Sur le chemin qui l'emmène vers les montagnes, ses visions prennent de plus en plus forme dans son esprit.
Dans le même temps, Mellita, rescapée du siège de Storn, va s'enfuir pour chercher de l'aide, croit-elle, à Carthon, ville Sèche.
Les deux héros vont se rencontrer et leur destin se mêler à jamais, dans les feux de Sharra, invoquée pour défendre Storn.
C'est toujours un peu le même thème, mais c'est toujours aussi bien...Et puis, nous découvrons les Villes Sèches et un peu de leurs coutumes, ce qui n'est pas si courant. Et Sharra, son ombre planant sur tout le récit, me fait craindre le pire, puisque ayant lu la saga dans le désordre, je sais de quoi elle est capable...

Les premières lignes:
   Barron fourra ses affaires dans un sac à dos, serra la coulisse et dit tout haut:
- Voilà, c'est décidé, et qu'il aillent au diable.
  Il se redressa et regarda une dernière fois le monde minuscule et propret de son logement au quartier général de l'Astroport. Construit avec une grande économie de matériaux (c'était le premier bâtiment terrien édifié sur Ténébreuse, là où fut élevée plus tard la Cité du Commerce), chaque logement ressemblait un peu à une cabine de vaisseau spatial: étroit, clair, propre et encombré, avec des meubles fonctionnels, presque tous encastrés. Parfait pour un astronaute professionnel. Pour les rampants, c'était autre chose; ça les rendait claustrophobes.

Ma note: 7,5 / 10

Posté par Aileean à 15:09 - Fantasy - SF - Imaginaire (20) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]