Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

29 octobre 2008

519XARBBP8L__SL160_AA115_Nana, tome 1, Ai Yazawa

Dans un train à destination de Tokyo, nos deux Nana se rencontrent par hasard. Un peu plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau, puis elles deviennent colocataires ! Voici l'histoire débordant de rêves et d'espoirs de deux jeunes filles, au prénom identique, qui "montent" à Tokyo.

Ce premier tome nous présente les deux jeunes filles avant qu'elles se connaissent. On fait déjà bien la différence entre les caractères vraiment opposés des deux Nana. La première est une jeune fille qui est abonnée aux coups de foudre et qui tombe amoureuse dès le premier regard. Elle sort d'une histoire d'amour compliquée avec un homme marié dont elle a bien du mal à se défaire. Elle décide, sous l'impulsion de sa meilleure amie Jun, de se faire un ami au masculin, sans tomber amoureuse pour une fois.
L'autre Nana fait partie d'un groupe de rock, Blast, tendance sex pistols. Elle n'a pas eu une enfance facile et vit avec Ren, le guitariste emblématique du groupe. Mais une occasion pour ce dernier de "monter" à Tokyo et de percer avec un groupe professionnel se présente. Ils doivent se séparer.
Finalement, on quitte les deux filles au moment où leur départ pour Tokyo se précise.
J'avais vu le premier épisode adapté à la télé et on retrouve bien le ton dans le manga. C'est même plus fouillé et plus drôle. J'étais plus habituée aux dessins plus purs de mangas tels ceux de Taniguchi, mais on se fond vite dans le décor et on s'attache vraiment aux deux héroïnes dont on attend la rencontre avec impatience.

Ma note: 8 / 10

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25 octobre 2008

Egyptologie

51Ofo3S5LJL__SL160_AA115_Le démon du Pharos, Alix tome 27, Jacques Martin, Christophe Simon, Patrick Weber

Alix et Enak sont à Alexandrie en mission secrète pour César. Cléopâtre doit leur donner une preuve que son frère, le Pharaon Ptolémée n'est qu'un pantin qu'il faut évincer. La famille régnante en Egypte n'est pas à une trahison ou un meurtre près.
L'île de Pharos a été prêtée par le Pharaon à Polynice, chargé de l'entretien et du bon fonctionnement du célèbre phare. Malheureusement, le phare semble avoir quelques problèmes mais tout ce qui l'entoure paraît bien mystérieux. Alix et Enak vont donc enquêter.
Les aventures des deux compagnons commencent sérieusement à s'essoufler. J'ai trouvé le dessin particulièrement mauvais par rapport à la finesse de trait des précédents albums. L'intrigue est elle-aussi bien mince, et on peine à s'y intéresser. Certaines séries gagneraient à trouver une fin rapide.

Ma note: 5 / 10

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11 octobre 2008

Chine

51CRA09EW1LVent d'Est, vent d'Ouest, Pearl Buck

  Kwei-Lan "vient d'être mariée", sans le connaître à un jeune homme de sa race mais qui revient d'Europe. Ce Chinois n'est plus un Chinois, il a oublié la loi des ancêtres, il ne reconnaît , ne respecte ni les coutumes ni les rites...
  Le frère de Kwei-Lan, qui vient de passer trois ans en Amérique, l'héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, annonce son mariage avec une étrangère; il revient avec elle...

C'est la rencontre de deux mondes à travers un mariage arrangé, celui de Kwei-Lan qui découvre avec crainte son nouveau mari occidentalisé, et celui de son frère qui ramène en Chine une "étrangère américaine" avec qui il s'est marié, à l'encontre de tous et des traditions.
Kwei-Lan nous raconte comment elle a pu concilier ces deux visions du monde, diamétralement opposées, mais qui trouvent un terrain d'entente prometteur à travers ces deux couples qui font fi des coutumes ancestrales. Elevée dans l'optique d'être une femme soumise en tout à son seigneur et sa belle-famille, elle va accepter par amour de renier tout ce pour quoi on l'avait préparée depuis sa plus tendre enfance et accepter les idées nouvelles de son mari. Dans la continuité, elle va aider son frère et sa belle-soeur à s'établir en Chine, malgré l'opposition obstinée de ses parents qui ne peuvent concevoir que le sang et l'honneur de leur famille soit entaché par une étrangère.
Pearl Buck, c'est l'auteur prolifique et incontournable pour qui veut lire sur la Chine. C'est le premier que je lis et je ne suis pas déçue, le récit linéaire mais original nous donne un vrai portrait de femme, qui par son ouverture d'esprit, contribuera sans aucun doute à moderniser son pays dans le bon sens.

Les premières lignes:
 
Je puis vous raconter ces choses, à vous, ma soeur. Je ne saurais en parler avec l'un des miens, car il ne se ferait aucune idée de ces contrées lointaines où mon mari a passé douze ans, et je ne me sentirais pas libre non plus auprès de ces étrangères qui ne connaissent ni mon peuple ni notre manière de vivre depuis l'Ancien Empire. Mais vous ? Vous avez passé votre existence entière parmi nous. Même si vous appartenez au pays où mon mari a étudié dans ses livres occidentaux, vous comprendrez, je ne vous cacherai rien. Je vous ai appelée ma soeur, je vous dirai tout.

Ma note: 8 / 10

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51n847iPZCLLa femme du Vè, Douglas Kennedy

  Jeté hors de chez lui par sa femme, loin de sa fille et renvoyé de son poste de professeur d'université, Harry Ricks n'a plus grand-chose à perdre. Réfugié à Paris, ses seules perspectives sont d'aller au cinéma et de tenir le plus longtemps possible avec ses maigres économies. Sans le sou, il découvre bientôt, lui l'intellectuel américain, une ville sordide, celle des marchands de sommeil, des clandestins et des combines louches. Aussi, quand il rencontre Margit, femme élégante et sensuelle, il plonge avec délice dans le jeu de séduction dont elle édicte les étranges règles. Un jeu troublant, plein de plaisirs, de mystères, et, ce qu'Harry ignore encore, de dangers ...

Douglas Kennedy, le champion des causes perdues. Ses héros se mettent toujours - en toute bonne foi en général -  dans d'affreuses situations...
Harry Ricks fuit le scandale dont il a fait l'objet outre-atlantique et le voilà embarqué malgré lui dans une sombre histoire, à Paris, où il comptait passer son séjour à écrire un livre. La police enquête avec acharnement mais comme un subtil retournement de situation, Harry arrive toujours à s'en tirer. Est-ce à cause de sa liaison avec Margit, femme troublante et secrète ? Se confier à cette femme peut-il le protéger ? Elle semble insaisissable mais tellement compréhensive. Il trouve ici une confidente, une amante passionnée, mais sait-il qui elle est réellement ?
On retrouve donc ici tous les ingrédients d'un bon Kennedy, cette petite touche qui fait qu'on est tout de suite accroché à l'histoire, dépendant du héros qui accumule les galères et qu'on voudrait voir s'en sortir.
Malheureusement, le dénouement, presque attendu, m'a paru assez ...indigeste. Je ne dévoile rien, même si on n'est finalement pas surpris, mais le dernier tiers du bouquin m'a franchement déçu. J'avais l'impression que ça ne cadrait pas... Je préfère nettement ses autres livres, plus ...réalistes.

Les premières lignes:
 
C'est arrivé l'année où mon existence s'est écroulée. L'année où je suis venu vivre à Paris.
  J'avais débarqué quelques jours après Noël, par un matin gris et humide. Le ciel avait une couleur de craie sale et la pluie était une brume envahissante lorsque mon avion s'était posé, à l'aube. Je n'avais pas fermé l'oeil durant toutes ces longues heures au-dessus de l'Atlantique, un épisode insomniaque qui venait s'ajouter à la succession de nuits sans sommeil par laquelle je venais de passer.
  En retrouvant la terre ferme, j'ai soudain basculé dans un état de désarroi complet, et j'ai perdu tous mes moyens devant le flic du contrôle des passeports qui me demandait combien de temps je comptais rester en France.

Ma note: 6 / 10

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Un morceau de Tar

4153GW9YHYLPoulet aux prunes, Marjane Satrapi

Téhéran, 1958. Nasser Ali, musicien, est à la recherche d'un nouveau Tar (instrument à percussion iranien). Celui qu'il possédait est cassé, à la suite d'une dispute familiale. Malheureusement, Nasser Ali n'arrive pas à retrouver les sonorités qu'il aimait dans tous les instruments qu'il essaye. Comme si quelque chose était cassé - en lui ? Déprimé, il décide de mourir. En huit jours, il va revivre les moments importants de sa vie. En famille, les premiers apprentissages, son premier amour - contrarié, son mariage,...
Le Tar représentait toute sa vie et toute l'espérance qu'il en avait. Sans lui, le poids des conventions, des non-dits et des espoirs déçus le submerge. Mais il va redécouvrir ce à quoi il tenait vraiment, malheureusement il est trop tard.
A travers ce bilan d'une vie et avec son ton si spécial, l'auteur nous offre une belle histoire où les sentiments prennent toute leur place, la plus importante.

Ma note: 8 / 10

Posté par Aileean à 14:21 - Bandes dessinées (16) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Couple

285125869_MMaxime ou la déchirure, Flora Groult

Une femme s'échappe...
Maxime a quarante ans. Elle est encore attachée à Pierre, son mari, par les liens de la tendresse et de l'habitude. Partagée entre la soif de liberté et d'autonomie qui naît parfois en soi à la maturité et le besoin de perpétuer les paisibles certitudes, partir lui apparaît en même temps comme une défaite et comme un accomplissement.
Au début du livre, Maxime vient de refermer la porte sur sa vie passée. Les étapes de cette séparation, les aventures, les réactions de l'entourage, une brusque confrontation avec la mort qui remet en cause les valeurs les plus sûres, et la découverte d'un autre soi-même à l'âge où l'on peut craindre de n'avoir plus grand chose à découvrir, voilà pour l'héroïne autant de déchirures qui la modifient en profondeur. (...)

Flora Groult a collaboré avec sa soeur pour quelques livres (Journal à quatre mains, Le féminin pluriel,...) et j'avais envie de découvrir ses propres écrits. Je pense que les deux soeurs se sont mutuellement inspirées car c'est assez proche de ce qu'écrit Benoîte Groult. Mais c'est aussi un peu différent. Ce sont souvent les mêmes thèmes qui reviennent: le destin d'une femme, au croisement de différents choix, à l'aube d'une vie nouvelle.
Ici, Maxime a décidé de se séparer de Pierre, non parce qu'elle ne l'aime plus, mais parce qu'elle ne supporte pas ce que leur couple est devenu. Cette séparation est évidemment le moment de faire le point sur sa vie.
Sa soeur, sa belle-fille, Pierre, chacun vit différemment ce changement. Maxime est devenu libre. L'est-elle enfin?
Ce livre est une réflexion sur ce qu'est le couple, la place de chacun. Comment vit-on sa propre évolution lorsqu'on est deux, quels sont les fondements d'un couple, qu'est-ce qui peut faire durer l'amour entre deux êtres? Des questions dont on peut trouver une ou plusieurs réponses...

Les premières lignes:
Pierre n'avait jamais eu de goût particulier pour la vie. Depuis quarante-huit ans, il la consommait du bout des lèvres, sans appétit. C'était toujours Maxime qui attirait son attention sur la saveur des choses. Sans elle, probablement, la mer ne lui aurait pas paru bleue, ni l'herbe verte. N'en ayant qu'une légère conscience, Pierre ressentait cependant devant sa femme un malaise un peu flou, qu'il tentait parfois, sasn ardeur, de déguiser en reconnaissance. Mais, quoi qu'on en fasse, on en veut à ceux dont les fruits sont plus juteux et qui savent mordre dans la joie.

Ma note: 7,5 / 10

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10 octobre 2008

Au village

9782842631499 La Belle Maison, Franz Bartelt

  Les meilleures intentions du monde ont quelquefois des conséquences tragiques. Les Capouilles, seuls pauvres authentiques de la petite ville, vont pâtir des bienfaits dont les comblent les autres habitants, lesquels ne comprendront pas à temps que ce n'est pas parce qu'on n'a rien qu'on n'a rien à cacher.

On retrouve avec plaisir la marque de Franz Bartelt. En effet, dès les premières lignes, le ton est donné. L'ironie frôlant le cynisme, le village de Cons-sur-Lombe et ses édiles est décrit avec minutie, aucun personnage n'est épargné, mais l'ensemble est vraiment savoureux. Le maire, un visionnaire, est le village à lui tout seul. Son projet: reloger royalement un couple de marginaux, en un exemple de charité républicaine à laquelle tout le village participe, l'oeil humide de tant de bonté auto-proclamée. Mais les Capouilles en ont-il réellement besoin ? Ils habitent depuis vingt ans le village, mais personne ne les connait vraiment. Par souci de conformisme, le maire entend bien les faire devenir de véritable consois. N'est-ce pas une intention louable ?

Les premières lignes:
 
Avec près de deux mille habitants, une place équipée de sept bancs de couleur, d'un jet d'eau et d'un abribus pourvu d'un plan de la commune, avec également une salle des fêtes de dimensions respectables, une église remarquable pour des raisons mystérieuses, des barbecues municipaux ouverts à tous et des toilettes publiques à participation de l'usager, Cons-sur-Lombe était un village qui se donnait des airs de grande métropole sans renier ses origines céréalières que rappelaient, devant la mairie, quelques anciennes machines agricoles, désormais exposées sur des socles de béton: "Afin que nul n'en ignore", disait le maire, M. Balbe, un homme qui aurait pu être communiste, tant il avait le sens de la collectivité, mais qui s'était résigné à carriérer dans le centrisme pour faire plaisir à tout le monde, ce qui revient à peu près au même.

Ma note: 8,5 / 10

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02 octobre 2008

51P_2BYKPP2CLMiserere, Jean-Christophe Grangé

  Ce sont des enfants. Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits. Aucune ombre. Aucune illusion. Aucune faille. Mais leur pureté est celle du mal.

Deux hommes, deux flics. Des hommes, des vrais. Avec un passé, un lourd passé. Mais finalement les liens avec cette enquête spéciale, en marge des officiels, va se faire petit à petit. Après tout, mieux valait que ce soit eux qui enquêtent, non?
Bref, c'est un roman qui se lit vite, on est tout de même pris par le suspens car il y en a. On va côtoyer le monde des musiciens, revoir un peu d'histoire notamment celle du Chili de la dictature, pas très propre d'autant qu'elle serait liée avec la nôtre, pas reluisante non plus. On découvre aussi une secte complètement folle, adepte de la douleur et de la rédemption. Tout paraît tellement vrai - les notes historiques, les personnages librement inspirés de personages réels, la dérive sectaire... - et ça en paraît plus abominable.
C'est un bon Grangé, mais il ne révolutionne pas le monde du polar. Une fois lu, on passe à autre chose, même s'il tient facilement en haleine. Un roman très masculin aussi de par ses héros et l'environnement de l'enquête.

Les premières lignes:
  Le cri était prisonnier des orgues.
  Il sifflait dans les tuyaux. Résonnait dans toute l'église. Atténué. Feutré. Détaché. Lionel Kasdan fit trois as et demeura près des cierges allumés. Il observa le choeur désert, les piliers de marbre, les chaises revêtues de skaï, couleur de framboise sombre.
  Sarkis avait dit: "En haut, près de l'orgue." Il pivota et se coula dans la spirale de pierre qui monte jusqu'à la tribune. A Saint-Jean-Baptiste, l'orgue a une particularité: ses tuyaux trônent au centre, comme une batterie de lance-missiles, mais son claier se tient à droite, dissocié, formant un angle perpendiculaire avec le buffet. Kasdan avança sur le tapis rouge, longeant la rambarde de pierre bleue.
  Le corps était coincé entre les tuyaux et le pupitre du clavier.

Ma note: 7,5 / 10

Posté par Aileean à 18:25 - Polars - Policiers (39) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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