Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

25 janvier 2009

Ennui

41i4htwslJL__SL160_AA115_Le temps de la Sorcière, Arni Thoraninsson

Muté dans le nord de l'Islande, Einar, le sarcastique reporter du Journal du Soir, se meurt d'ennui. D'autant qu'il ne boit plus une goutte d'alccol ! Tout ceci deviendrait vite monotone... si ce n'étaient ces étranges faits divers qui semblent se multiplier : un étudiant disparaît, des adolescents se suicident...
Einar voit d'un autre oeil cette microsociété grangrénée par la corruption et la drogue.

Dans la lignée des polars nordiques avec pour héros un journaliste, préférez sans aucun doute la saga Millenium ou l'autre Arni, Indridason. Du dépaysement, des intrigues intéressantes, des personnages attachants, voilà ce dont manque à mon goût ce "Temps de la sorcière". Alors, peut-être aurai-je du commencer par le commencement, car il me semble qu'il y a un premier tome des aventures d'Einar le journaliste, mais bon... ça n'empêche pas que j'ai trouvé le style de l'auteur très lourd (tournures de phrase, dialogues...) et pour couronner le tout, certains personnages ont le même prénom (homme ou femme) d'où un certain agacement à déceler qui est qui. Et la complainte de l'enquêteur revenu de tout etc... c'est lassant ici. D'ailleurs, il faut bien une centaine de pages avant que l'intrigue s'installe, c'est long...
Bref, à lire que si l'on est obligé...

Les premières lignes:
  - Une excursion surprise?
Le bavardage d'Asbjörn se noie dans le brouhaha environnant et je suis forcé de lui demander de répéter au téléphone. Cette saleté de cellulaire flambant neuf qu'il m'a imposé. Je déteste ce machin qui permet aux autres de me joindre n'importe où et n'importe quand. Ce gadget qui me permet de joindre les autres n'importe où et n'importe quand. Qu'est-ce qu'on y gagne ? La connexion permanente. Le contact ininterrompu avec le monde qui nous entoure. Qu'est-ce qu'on y perd ? La tranquilité. Et la faculté de se déconnecter du monde qui nous entoure.

Ma note: 4,5 / 10

Posté par Aileean à 18:25 - Polars - Policiers (39) - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 janvier 2009

41_2Bz40DUyNL__SL160_AA115_Un enfant de Dieu, Cormac McCarty

A quel moment Lester est-il devenu un monstre ? Chassé de chez lui, il erre dans les montagnes comme un charognard guettant ses proies. Ses raisonnements se simplifient, les actes laissent place aux pulsions et ses gestes deviennent ceux d'un animal traqué. Un monologue où se mêlent insultes et sanglots s'élève dans sa grotte peuplée de cadavres; le grognement à peine humain d'un enfant de Dieu.

Des chapitres courts, syncopés, qui nous donnent une idée de ce qui se passent dans la tête de Ballard. Ses idées ne sont pas claires, il s'enferme dans son monde, laisse sa part de nature sauvage prendre le dessus. Il suit ses instincts, morbides, terrifiants.
Une plongée brutale dans un monde noir, où l'on pressent le pire. Et il arrive. Lecture oppressante et écriture sans concesssion.

Les premières lignes:
  Ils arrivèrent comme une caravane de forains à travers les basses terres envahies de laîches et franchirent la colline dans le soleil du matin, le camion bringuebalant et plongeant dans les ornières, les musiciens en équilibre instable sur des chaises dans la caisse, en train d'accorder leurs instruments ; le gros type avec sa guitare souriait et gesticulait en direction des autres dans la voiture derrière, se penchant pour donner la note aux violoneux qui tournait une clef de son crincrin, l'oreille tendue, le visage plissé.

Ma note : 7,5 / 10

Posté par Aileean à 10:25 - Romans (61) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2009

Histoire d'Ours

51_2BSJgwymBL__SL160_AA115_Seton, Livre 4: Monarch, l'ours du mont Tallac, Jiro Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi

A l'instar de la passion qui peut ébranler une vie humaine à un moment donné, la fureur peut également s'emparer de chaque animal. C'était l'année où une fureur carnivore sembla prendre possession de tous les grizzlys de la sierra Nevada. Longtemps pourtant, ils avaient été considérés comme inoffensifs lorsque, non dérangés par l'homme, ils se nourrissaient de racines et de baies. Mais à présent, ils semblaient vouloir fondre sur les troupeaux de bétail et faire de cette chair leur nouveau régime. Les troupeaux étaient attaqués l'un après l'autre et le pays tout entier sembla bientôt la proie de ces ours destructeurs, particulièrement rusés et d'une taille impressionnante. Les éleveurs offraient des primes sans cesse plus importantes, mais les ours continuaient à sévir. En définitive, très peu d'ours furent tués et, pour l'anecdote, une nouvelle tradition s'instaura: on nomma les troupeaux non plus d'après leur marquage au fer mais d'après le nom du grizzly qui les avaient décimés.

Seton ne sera pas un protagoniste essentiel de cette histoire puisqu'il recueille de la bouche d'un chasseur professionnel, le récit d'une longue traque, celle d'un ours extraordinaire.
Deux jeunes oursons sont pris en charge par l'homme même qui a tué leur mère. L'un des oursons, baptisé Jack, s'acclimate tout à fait avec la vie humaine. Il suit l'homme comme son ombre. Mais celui-ci est obligé de s'en séparer contre de l'argent. Et le calvaire de Jack va commencer - ses nouveaux maîtres ne voyant en lui qu'une bête sauvage et dangereuse. Attaché à un piquet, il fait l'attraction d'un ranch pendant un long moment et subit des mauvais traitements.
Puis arrive la liberté. Il retrouve les montagnes et la forêt. Et ayant cotoyé les troupeaux, il sait que ceux-ci sont un vivier de nourriture facile d'accès et apparemment inépuisable.
La rumeur aidant, une légende commence à courir dans les environs, plusieurs ours sont repérés et des récompenses proposées pour protéger les troupeaux.
Kellyan, l'homme qui avait élevé Jack, va se lancer lui aussi sur les traces du plus gros prédateur, dénommé Pinto. Sa traque longue et dangeureuse, va rencontrer inévitablement le chemin de Jack. Qui en sortira gagnant, cette fois-ci ?
Comme d'habitude, un superbe livre, des dessins et des paysages sublimes, une histoire et un suspens captivants, encore du grand Taniguchi. On n'est jamais déçu. Pour tous les amoureux de la nature.

Ma note: 9,5 / 10

Posté par Aileean à 10:16 - Bandes dessinées (16) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Fait divers

51JhvDYhsjL__SL160_AA115_Le vampire de Ropraz, Jacques Chessex

  En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le cercueil ouvert, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Le nommé Favez, un garçon de ferme, est le coupable idéal. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait divers réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la "crasse primitive", les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque?

C'est un petit livre qui se lit très rapidement. Dès les premières lignes, le cadre est posé. Il ne fait pas bon vivre dans les campagnes reculées. L'auteur décrit sans pitié ce que pouvait être la vie des miséreux de ce début de XXè siècle. Le style est rapide et concis, mais efficace. On est horrifié par le martyre de l'enfant Favez, et on compatirait presque en l'excusant pour ses crimes. Mais est-il vraiment le coupable ? Ce livre n'est pas une enquête, il énonce juste les faits bruts. Tout en nous montrant bien que Favez est un coupable idéal, désigné.
Et le dernier chapitre est comme un pied de nez - véridique ou pas ? -  à tous ceux qui se sont penchés sur l'affaire.

Les premières lignes:
 
Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, 1903. C'est un pays de loups et d'abandon au début du XXè siècle, mal desservi par les transports publics à deux heures de Lausanne, perché sur une haute côte au-dessus de la route de Berne bordée d'opaques forêts de sapins. Habitations souvent disséminées dans des déserts cernés d'arbres sombres, villages étroits aux maisons basses. Les idées ne circulent pas, la tradition pèse, l'hygiène moderne est inconnue. Avarice, cruauté, superstition, on n'est pas loin de la frontière de Fribourg, où foisonne la sorcellerie. On se pend beaucoup, dans les fermes du Haut-Jorat. A la grange. Aux poutres faîtières. On garde une arme chargée à l'écurie ou à la cave.

Ma note: 7,5 / 10

Posté par Aileean à 09:51 - Romans (61) - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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