13 février 2009
La femme en rouge et autres nouvelles, Andrée Chedid
Un vieillard part en pleine nuit à la recherche de la chèvre perdue d'un voisin. Une femme ose braver la bénédiction d'un pèlerin réputé saint homme. Et contre toute attente, elle reçoit l'appui de son mari, puis du village tout entier. Une bien curieuse passagère intrigue le chauffeur d'un autocar: à plus de soixante ans, elle est vêtue d'une provocante robe rouge...
Andrée Chedid caresse d'une plume douce des personnages qui, par la magie des mots, se révèlent émouvants jusqu'aux larmes.
Je découvre cette auteure que je ne connaissais que par ses poèmes, de loin. Je ne suis pas déçue, ses nouvelles sont empreintes de poésie, de tendresse pour ses personnages. Les mots sont effectivement magiques et dépeignent à merveille les sensations, l'atmosphère où chacun peut se reconnaître.
Je recommande chaudement ce petit recueil.
Les premières lignes:
"A travers les années, cette robe écarlate l'avait secourue. En la revêtant, elle se donnait le change, retrouvait une désinvolture, d'abord feinte, puis naturelle, qui forçait l'entourage à croire en l'innoncence de son fils. Quelle mère réellement troublée, inquiète, aurait osé s'affubler de cette façon?"
Ma note: 9 / 10
10 février 2009
A l'eau
L'avenir de l'eau, Petit précis de mondialisation II, Erik Orsenna
" Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ? Assez d'eau pour boire ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ?
Dans l'espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l'Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l'Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations...
J'ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la fonte des glaciers. J'ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra. J'ai écouté d'innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein coeur du désert ?
Peu à peu, j'ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J'ai vu s'aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j'ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J'ai vu des illusions et des férocités à l'oeuvre.
De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter.
Un habitant de la planète sur six continue de n'avoir pas accès à l'eau.
Un sur deux vit sans système d'évacuation.
Pourquoi ? "
E.O
Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique Babelio![]()
On retrouve avec grand plaisir Erik Orsenna que l'on va suivre dans un tour du monde avec pour thème l'eau ou comment gérer cette ressource essentielle, naturelle, qui reste le lien essentiel avec la vie. Mais dans notre monde moderne, "l'accès à l'eau n'est rien si ne lui est pas joint un réseau d'assainissement". Les pérégrinations de l'auteur vont nous présenter les solutions trouvés dans les pays riches pour maintenir un réseau et continuer d'approvisionner les populations et les pays plus pauvres où tout est à faire. De chaque côté, les initiatives fleurissent, les choix sont nombreux. La solution miracle n'existe malheureusement pas car "apprendre à se répartir l'eau, c'est apprendre à vivre ensemble", et cela reste essentiel pour éviter ce qu'on pourrait qualifier de "guerres de l'eau", menaces à venir si rien n'est fait. En effet, les prévisions laissent envisager des changements climatiques qui, loin d'assécher notre planète, renforceraient les inégalités qui pourraient devenir flagrantes (sécheresse ou graves inondations selon l'endroit).
L'auteur excelle à nous intéresser à un sujet qu'on pourrait penser ardu. En le lisant, on se sent intelligent. Il mêle ses souvenirs, ses expériences personnelles, son questionnement à sa quête scientifique.Tout ça dans de courts chapitres très lisibles. On a vite fait de se sentir aussi curieux que l'auteur qui nous fait ainsi découvrir des personnages hauts en couleur à travers un long voyage passionnant. L'histoire et la géographie de cette façon, c'est toujours un plaisir!
Les premières lignes:
Un beau jour, l'âge venant, vous décidez d'en savoir plus sur la vie. Vous relisez la Bible, vous lisez le Coran. Vous vous aventurez dans les mythologies indiennes. Vous constatez, ébahi, que tous les commencements se ressemblent: il était une fois l'eau. Vous questionnez les scientifiques: ils vous affirment que vous êtes, d'abord, fait d'eau. Alors, vous vous dites qu'il est grand temps d'éclaircir ce mystère. D'autant que des angoisses vous viennent sitôt que vous interrogez l'avenir: aura-t-elle assez d'eau, la planète, la planète malade que je vais laisser à mes enfants ? Assez d'eau pour qu'ils boivent et se lavent ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes sensées les nourrir ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ?
Un écrivain a ceci de particulier qu'il répond par un livre aux questions qu'il se pose.
Ma note: 9,5 / 10
Pour aller plus loin: www.erik-orsenna.com/blog

