Blog à bouquins

*** Au fil des lectures...***

16 mai 2010

9782290014288 La consolante, Anna Gavalda

  Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant et qui incarnait pour lui un univers bien différent de sa famille petite-bourgeoise : un univers de folie, de passion, de douleur même, un univers vivant. A l'annonce de cette nouvelle, il bascule dans l'angoisse et le chagrin. Il perd pied. Dans son couple, dans son travail, dans ses certitudes... jusqu'à ce que sa rencontre avec la lumineuse Kate change sa vision du monde.

J'y suis allée avec méfiance. Je connais peu Anna Gavalda, même si comme tout le monde, j'en ai entendu parler. Et quelque fois, à force d'en entendre parler, on finit par avoir des avis tous faits. J'ai eu soudainement envie de m'y pencher vraiment et me voilà partie avec un pavé de 631 pages...
Je ne suis pas du tout déçue. C'est un roman comme on en croise quelque fois, de ces romans qui vous enthousiasment et sont comme un petit plaisir, mais on ne sait pas vraiment dire pourquoi, c'est une histoire... d'atmosphère. J'ai effectivement beaucoup aimé.
Mais, il faut le mériter... Car la première moitié du livre est ardue... Comme en résonnance avec les troubles du héros, le style est décousu, les idées, les personnages se catapultent, il faut réussir à suivre, à savoir qui parle, qui est qui dans cette histoire de fascination/ amour entre un petit garçon devenu grand et la mère de son copain d'alors. Il m'est arrivé de relire plusieurs fois des passages pour comprendre...
Succession de flash-backs, on suit la vie de Charles, dévastée par l'annonce de la mort d'Anouk la bien-aimée, mais comme "rangée" dans un coin de souvenir. Et pourtant sa vie actuelle bascule, bascule irrémédiablement. Crise de la cinquantaine ? Introspection massive ? On ne sait, c'est un peu de ça mais pas vraiment; et la rencontre inattendue avec Kate va le remettre sur d'autres rails, même si Anouk n'est pas loin...
Eloge de la vie de bohème, à la campagne, contre une vie parisienne, urbaine ? Une sorte de rédemption par le retour aux vraies valeurs familiales ? Je ne sais pas... ce serait trop facile même si au début, j'ai cru que ce serait aussi simple. Mais comme je disais, il y a une atmosphère particulière qui m'a fait tenir et plonger avec délice dans ce roman simple, comme une histoire d'amour presque en forme de conte de fées.
Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...

Les premières lignes:
   Il se tenait toujours à l'écart. Là-bas, loin des grilles, hors de notre portée. Le regard fiévreux et les bras croisés. Plus que croisés même, refermés, crochetés. Comme s'il avait eu froid ou mal au ventre. Comme s'il s'agrippait à lui-même pour ne pas tomber.
   Il nous bravait tous mais ne regardait personne. Cherchait la silhouette d'un seul petit garçon en tenant fermement un sachet en papier contre son coeur.
   C'était un pain au chocolat, je le savais bien, et me demandait à chaque fois s'il n'était pas tout écrasé, à force...

Ma note: 8,5 / 10

Posté par Aileean à 10:01 - Romans - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires sur La consolante, Anna Gavalda Charles Balanda, 47

    Gavalda, c'est léger. Mais on en a bien besoin parfois !

    Posté par Stephie, 16 mai 2010 à 12:47 | | Répondre
  • Comme dit Stephie, Galvalda c'est léger et ça fait parfois du bien ! J'avais bien aimé Ensemble c'est tout, je note celui-là qui vient de sortir en poche en plus !

    Posté par freude, 19 mai 2010 à 14:55 | | Répondre
  • @stephie et @freude: je n'ai pas trouvé le début très "léger", mais c'est vrai qu'ensuite, c'est beaucoup plus lisible et intéressant.

    Posté par Aileean, 19 mai 2010 à 18:56 | | Répondre
  • C'est vrai que du Gavalda c'est un parfum de vacances en avance. Léger, sans prétention, ça fait du bien au moral ! Bien que ce livre soit sorti en poche car je ne l'ai pas lu celui-ci.

    Posté par Mélopée, 21 mai 2010 à 13:08 | | Répondre
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