17 mai 2011
Le goût des pépins de pomme, Katarina Hagena
A la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font ressurgir l'histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l'oubli.
Une atmosphère feutrée, un histoire à plusieurs niveaux, plusieurs époques entrelacées dans le récit des quelques jours décisifs qu'Iris passe à Bootshaven. La vieille maison et son jardin sont le prétexte aux souvenirs, aux rencontres et en deviennent presque des personnages eux aussi. Chaque génération a vécu un drame, une personne disparue trop tôt, qui les a marqué pour toujours. C'est par petite touche que le passé revient comme si les fragments de la mémoire de Bertha refaisaient surface. Anna, Rosemarie, elles hantent encore l'histoire familiale.
J'ai d'abord été attirée par la couverture et le titre du livre. Ensuite, je suis entrée doucement dans l'histoire de cette famille de femmes, avec les non-dits ravageurs qui scellent les destins, les rancoeurs, les drames et les petites joies.
J'avoue qu'au départ, j'ai eu du mal à entrer dans le récit. C'est vrai qu'il n'y a pas d'action, le rythme est lent, et je mélangeais les personnages (Bertha, Anna, Inga, Christa...) Mais petit à petit, on se laisse gagner par la douceur de la nostalgie, on est touché aussi par Iris, qui se débat maladroitement avec les souvenirs. D'autant qu'elle ne sait que faire ni que penser de Max, le charmant avoué, ancien ami d'enfance. Bref, j'ai passé un bon moment avec cette chronique familiale. J'ai pu découvrir aussi un peu de littérature allemande et ce n'est pas du luxe, car je me suis rendue compte que je lisais peu d'auteur ce pays. Un début, peut-être...
Les premières lignes:
Tante Anna est morte à seize ans d'une pneumonie qui n'a pas guéri parce que la malade avait le coeur brisé et qu'on ne connaissait pas encore la pénicilline. La mort survint un jour de juillet, en fin d'après-midi. Et l'instant d'après, quand Bertha, la soeur cadette d'Anna, se précipita en larmes dans le jardin, elle constata qu'avec le dernier souffle rauque d'Anna toutes les groseilles rouges étaient devenues blanches. C'était un grand jardin, les nombreux vieux groseillers ployaient sous les lourdes grappes.
Ma note: 7/ 10
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