03 août 2009
Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi
Le plaisir de dessiner, la joie de créer une histoire.
C'est ce qu'elle m'avait appris...
Je sentais mon coeur battre.
Au fond, qu'est-ce que j'espérais ?
Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi travaille chez un fabricant de textile. Mais lassé de ne pouvoir y assouvir sa passion pour le dessin, il démissionne et part pour Tôkyô. Il y découvre, en même temps qu'un studio de mangas qui lui donne sa chance, la vie nocturne et les milieux artistiques de la capitale. Mais le travail d'assistant mangaka est éreintant et Hamaguchi comprend vite qu'on y trouve difficilement le temps et l'énergie pour se consacrer à des oeuvres personnelles. Pour la première fois, Jirô Taniguchi se remémore ses débuts de mangaka et sa jeunesse dans le Tôkyô des années 1960. Un magnifique récit d'apprentissage, où toute la finesse et l'élégance de l'auteur sont réunies pour illustrer les premiers émois de l'âge adulte.
Toujours difficile de critiquer un album de Taniguchi, car pour moi c'est un maître. Chaque album est unique et on y retrouve à chaque fois tous les ingrédients du chef-d'oeuvre: un dessin précis où affleure l'émotion et un scénario qui tient toujours la route.
Ici, l'intérêt est renforcé du fait que le récit est autobiographique, bien évidemment.
Hamaguchi va découvrir en même temps le milieu exigeant du manga artisanal, Tôkyô la capitale et ses lumières, l'amitié puis l'amour; toutes ces "épreuves" vont lui permettent de connaître les affres de la création, processus à part entière. Mais il est réellement fait pour ce métier, depuis toujours, et c'est sa chance. Il doit la saisir.
Ma note: 9 / 10
25 avril 2009
So girly
Ma vie est tout à fait fascinante, Pénélope Bagieu
Pénélope Bagieu est une jeune illustratrice parisienne. Elle vit dans le plus petit appartement du monde, sous les toits, en compagnie de son chat rose, de sa collection de chaussures et de ses tracas quotidiens: sa réticence à faire du sport, sa mère envahissante, son chéri qui ne l'écoute pas... Heureusement pour elle, il reste ses copines, langues de vipère, les soldes, les séries télé, la presse people et les macarons !
L'auteur croque dans cette bande dessinée les petits riens du quotidien avec beaucoup d'humour et un talent évident : à chaque page, elle nous raconte ses petites histoires et péripéties, tour à tour drôles, justes et émouvantes.
Bon, évidemment, je suis fan, donc j'ai beaucoup aimé ce livre, dont le format en livre de poche n'ôte rien, au contraire. C'est même mieux, je trouve et comme son nom l'indique, on peut l'emporter partout et y jeter un oeil les jours de déprime, rien de tel pour rire un peu de tous ces tracas de fille, mais tellement vrais.
J'ai même préféré celui-ci à Jospéhine, car c'est vraiment le relais du site (http://www.penelope-jolicoeur.com/ ). Bref, elle a du talent car chacune peut vraiment se reconnaître dans ces petites choses de rien du tout, mais ça fait du bien d'en rire.
Ma note: 9,5 / 10
24 mars 2009
Les filles
Un régal cette bande dessinée... Comment mettre en scène des petits riens, la vie de tous les jours, les tracas d'une jeune femme à la recherche de l'amououour... Ce n'est pas niais, ni superficiel, le ton est juste.
Tendre, frais, plein d'humour, Joséphine est vraiment comme nous toutes, une vraie fille, quoi.
Ma note: 9 / 10
Le site de l'auteur, à voir absolument!!! => http://www.penelope-jolicoeur.com/
04 janvier 2009
Histoire d'Ours
Seton, Livre 4: Monarch, l'ours du mont Tallac, Jiro Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi
A l'instar de la passion qui peut ébranler une vie humaine à un moment donné, la fureur peut également s'emparer de chaque animal. C'était l'année où une fureur carnivore sembla prendre possession de tous les grizzlys de la sierra Nevada. Longtemps pourtant, ils avaient été considérés comme inoffensifs lorsque, non dérangés par l'homme, ils se nourrissaient de racines et de baies. Mais à présent, ils semblaient vouloir fondre sur les troupeaux de bétail et faire de cette chair leur nouveau régime. Les troupeaux étaient attaqués l'un après l'autre et le pays tout entier sembla bientôt la proie de ces ours destructeurs, particulièrement rusés et d'une taille impressionnante. Les éleveurs offraient des primes sans cesse plus importantes, mais les ours continuaient à sévir. En définitive, très peu d'ours furent tués et, pour l'anecdote, une nouvelle tradition s'instaura: on nomma les troupeaux non plus d'après leur marquage au fer mais d'après le nom du grizzly qui les avaient décimés.
Seton ne sera pas un protagoniste essentiel de cette histoire puisqu'il recueille de la bouche d'un chasseur professionnel, le récit d'une longue traque, celle d'un ours extraordinaire.
Deux jeunes oursons sont pris en charge par l'homme même qui a tué leur mère. L'un des oursons, baptisé Jack, s'acclimate tout à fait avec la vie humaine. Il suit l'homme comme son ombre. Mais celui-ci est obligé de s'en séparer contre de l'argent. Et le calvaire de Jack va commencer - ses nouveaux maîtres ne voyant en lui qu'une bête sauvage et dangereuse. Attaché à un piquet, il fait l'attraction d'un ranch pendant un long moment et subit des mauvais traitements.
Puis arrive la liberté. Il retrouve les montagnes et la forêt. Et ayant cotoyé les troupeaux, il sait que ceux-ci sont un vivier de nourriture facile d'accès et apparemment inépuisable.
La rumeur aidant, une légende commence à courir dans les environs, plusieurs ours sont repérés et des récompenses proposées pour protéger les troupeaux.
Kellyan, l'homme qui avait élevé Jack, va se lancer lui aussi sur les traces du plus gros prédateur, dénommé Pinto. Sa traque longue et dangeureuse, va rencontrer inévitablement le chemin de Jack. Qui en sortira gagnant, cette fois-ci ?
Comme d'habitude, un superbe livre, des dessins et des paysages sublimes, une histoire et un suspens captivants, encore du grand Taniguchi. On n'est jamais déçu. Pour tous les amoureux de la nature.
Ma note: 9,5 / 10
29 octobre 2008
Dans un train à destination de Tokyo, nos deux Nana se rencontrent par hasard. Un peu plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau, puis elles deviennent colocataires ! Voici l'histoire débordant de rêves et d'espoirs de deux jeunes filles, au prénom identique, qui "montent" à Tokyo.
Ce premier tome nous présente les deux jeunes filles avant qu'elles se connaissent. On fait déjà bien la différence entre les caractères vraiment opposés des deux Nana. La première est une jeune fille qui est abonnée aux coups de foudre et qui tombe amoureuse dès le premier regard. Elle sort d'une histoire d'amour compliquée avec un homme marié dont elle a bien du mal à se défaire. Elle décide, sous l'impulsion de sa meilleure amie Jun, de se faire un ami au masculin, sans tomber amoureuse pour une fois.
L'autre Nana fait partie d'un groupe de rock, Blast, tendance sex pistols. Elle n'a pas eu une enfance facile et vit avec Ren, le guitariste emblématique du groupe. Mais une occasion pour ce dernier de "monter" à Tokyo et de percer avec un groupe professionnel se présente. Ils doivent se séparer.
Finalement, on quitte les deux filles au moment où leur départ pour Tokyo se précise.
J'avais vu le premier épisode adapté à la télé et on retrouve bien le ton dans le manga. C'est même plus fouillé et plus drôle. J'étais plus habituée aux dessins plus purs de mangas tels ceux de Taniguchi, mais on se fond vite dans le décor et on s'attache vraiment aux deux héroïnes dont on attend la rencontre avec impatience.
Ma note: 8 / 10
25 octobre 2008
Egyptologie
Le démon du Pharos, Alix tome 27, Jacques Martin, Christophe Simon, Patrick Weber
Alix et Enak sont à Alexandrie en mission secrète pour César. Cléopâtre doit leur donner une preuve que son frère, le Pharaon Ptolémée n'est qu'un pantin qu'il faut évincer. La famille régnante en Egypte n'est pas à une trahison ou un meurtre près.
L'île de Pharos a été prêtée par le Pharaon à Polynice, chargé de l'entretien et du bon fonctionnement du célèbre phare. Malheureusement, le phare semble avoir quelques problèmes mais tout ce qui l'entoure paraît bien mystérieux. Alix et Enak vont donc enquêter.
Les aventures des deux compagnons commencent sérieusement à s'essoufler. J'ai trouvé le dessin particulièrement mauvais par rapport à la finesse de trait des précédents albums. L'intrigue est elle-aussi bien mince, et on peine à s'y intéresser. Certaines séries gagneraient à trouver une fin rapide.
Ma note: 5 / 10
11 octobre 2008
Un morceau de Tar
Poulet aux prunes, Marjane Satrapi
Téhéran, 1958. Nasser Ali, musicien, est à la recherche d'un nouveau Tar (instrument à percussion iranien). Celui qu'il possédait est cassé, à la suite d'une dispute familiale. Malheureusement, Nasser Ali n'arrive pas à retrouver les sonorités qu'il aimait dans tous les instruments qu'il essaye. Comme si quelque chose était cassé - en lui ? Déprimé, il décide de mourir. En huit jours, il va revivre les moments importants de sa vie. En famille, les premiers apprentissages, son premier amour - contrarié, son mariage,...
Le Tar représentait toute sa vie et toute l'espérance qu'il en avait. Sans lui, le poids des conventions, des non-dits et des espoirs déçus le submerge. Mais il va redécouvrir ce à quoi il tenait vraiment, malheureusement il est trop tard.
A travers ce bilan d'une vie et avec son ton si spécial, l'auteur nous offre une belle histoire où les sentiments prennent toute leur place, la plus importante.
Ma note: 8 / 10
10 avril 2008
Hors compétition
L'orme du Caucase, Jirô Taniguchi d'après l'oeuvre de Ryuichiro Utsumi
Dans ce recueil de nouvelles, enfants et adultes sont en butte aux difficultés de l'existence, seuls face à eux même et à leurs espérances. Taniguchi et Utsumi explorent, avec subtilité, ces moments de reculs et de réflexion qui déterminent une vie. Avec toujours autant de finesse et d'émotion, l'auteur de Quartier Lointain et du Journal de mon père nous convie à une recherche pleine de sagesse, en quête d'une paix intérieure.
Des tranches de vies, toujours aussi émouvantes, car tellement proches de nous. Le dessin est magnifique, comme toujours. Chaque nouvelle est un petit chef d'oeuvre à elle-seule.
L'orme du Caucase: un couple de retraité s'installe dans une maison. Un orme imposant trône dans leur jardin. Les arbres sont les témoins de nos vies, ils ont une âme.
Le cheval de bois: Une petite fille dont la mère se remarie, vit quelques temps chez ses grand-parents. Ils ne se connaissent pas encore vraiment. Malgré les espérances déçues et les rancoeurs envers leur propre fille, les grand-parents vont s'attacher à la petite fille.
La petite fille à la poupée: un homme arrive dans une ville où il découvre que sa femme et sa fille vivent depuis leur séparation 23 ans plus tôt. Il va découvrir que sa fille, devenue peintre, expose dans une galerie. Un tableau particulier va leur permettre de se rapprocher.
La vie de mon frère: un homme venu prendre des nouvelles de son frère plus âgé s'aperçoit que tout ce qu'il pensait de la vie, de sa vie, jusqu'à présent, ne correspond pas tant que ça à ses attentes. C'est son frère pour qui il s'inquiétait qui lui ouvrira les yeux.
Le parapluie: une jeune femme doit revoir son frère qu'elle n'a pas vu depuis longtemps, depuis le temps où elle menait une vie dissolue, comme pour punir ses parents de l'avoir délaissée. Ils ont toujours eu du mal à se comprendre.
Les environs du musée: une vieille dame redécouvre la joie de vivre grâce à la rencontre d'un homme, qui l'attend tous les jours près du musée, sur un banc.
Dans la fôrêt: deux jeunes frères qui ont récemment emménagé dans un immeuble, sont à la recherche de leur chienne qu'ils ont dû laisser au moment du déménagement. Le changement de vie ne leur permettait pas de la garder. Est-il possible de la retrouver?
Son pays natal: une jeune française mariée à un Japonais découvre le pays et ses traditions, notamment le katazome, méthode de teinture avec des pochoirs. Devenue brutalement veuve, elle se sent rejetée par tous dans un pays où elle reste étrangère, à la langue, aux coutumes... Seule la peinture lui permet de survivre et de comprendre petit à petit ce pays pour lequel elle a tout donné.
Ma note: 10 / 10
03 avril 2008
Visions d'Iran
Je me suis demandée si j'aimerais autant que j'ai aimé le film qui en a été tiré, et oui, je n'ai vraiment pas été déçue. On se rend compte combien la vie est difficile dans un pays tombé dans la dictature, où chaque geste peut être perçu comme menaçant pour le régime en place. Comment une révolution portée par la vision d'un monde meilleur peut aboutir à une dictature primaire...Comme un retour de flamme, comme dans beaucoup de révolutions d'ailleurs. Et malheureusement pour elles, les femmes ne sont pas les dernières à être persécutées. Un des passages que je préfère est lorsque la jeune Marjane, voilée comme toutes les femmes en Iran, court dans la rue après le bus qu'elle vient de rater. Deux policiers l'arrêtent et la prient d'arrêter de courir, car ça fait bouger son corps de façon impudique...Complètement délirant... Et Marjane, répond du tac au tac qu'ils n'ont qu'à pas regarder...
Ce livre est aussi un témoignage poignant sur l'exil, car Marjane ne trouvera pas la paix ni dans son exil en Autriche, où elle a l'impression de trahir les siens restés en Iran, ni de retour en Iran, car elle n'a pas vécu ce qu'on vécu ceux qui étaient restés. Il faudra qu'elle prenne conscience de tout cela pour aller de l'avant.
Je recommande évidemment la lecture de ce recueil, non seulement pour les images d'un pays méconnu, l'Iran mais aussi pour tout l'humour, la poésie et la tendresse qui en émane.
Ma note: 10 /10
23 mars 2008
Pour les filles...et les autres!
Lou! Journal infime, Tome 1, Julien Neel
Une petite merveille que j'ai découvert il y a peu (merci Plume de mots). J'ai d'abord pensé que c'était le pendant de Titeuf pour les filles, mais non, cette BD est bien plus douce et "mignonne"...
Quelques tranches de vies de Lou, toute jeune ado collégienne qui vit seule avec sa mère, adolescente attardée - fan de jeux vidéos, nulle en cuisine, un peu immature... On y rencontre Mina, sa meilleure amie; Tristan, un garçon dont elle est amoureuse depuis la Maternelle (!!) sans jamais le lui avoir dit; Richard, un nouveau voisin, qu'elle aimerait "caser" avec sa mère; et un petit chat qui est adopté d'office. Chaque page est l'occasion de lire une petite scène/anecdote et d'avancer dans le cours de leur histoire.
Des dessins frais, gais, tendres, loin de l'impertinence de Titeuf. C'est souvent très drôle (j'ai éclaté de rire plusieurs fois...). Je lirai les tomes suivants sans hésiter.
Ma note: 8 / 10





