Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

19 août 2009

41mG39RK_KL__SL160_AA115_Je croyais qu'il suffisait de t'aimer..., Jacques Salomé

  Surprenantes de force et de beauté, magnifiées par l'écriture d'un fabuleux conteur, ces vingt-quatre histoires de Jacques Salomé sont l'oeuvre d'un obervateur attentif aux errances des passions.
  Irrigués par des amours violentes, incertaines ou pathétiques, ces récits sont tissés à partir du présent amoureux de chacun des protagonistes, mais aussi à partir de leur passé. Jacques Salomé sait combien l'intimité d'une rencontre peut s'ouvrir sur une liberté inouïe lorsque tous les sens y participent.

J'aimais bien la couverture... Mais finalement, les nouvelles sont un peu trop... naïves à mon goût. Un peu trop de psychologie "positive" (mais qu'est-ce que c'est exactement... je ne sais pas trop non plus...). Même si les histoires ne sont pas toutes gaies et simplistes, j'en ressors avec une sensation de m'être fait flouée... J'attendais autre chose, mais quoi ? Bref, c'est peut-être ça l'intérêt du livre, faire réagir d'une façon ou d'une autre...

Les premières lignes:
  Se séparer d'un être aimé ne se joue pas, pour l'essentiel, dans le fait de le quitter ou d'être quitté. Se séparer, c'est découvrir paradoxalement l'espoir insensé et sans cesse inaccessible d'une relation nouvelle, autre, différente, et d'abord avec soi-même.
  Le plus douloureux pour moi n'a pas été de te perdre, mais de renoncer à l'espoir fou que tu reviendrais, que tu m'appellerais. Car, plusieurs mois après ta décision, cet espoir ressurgissait, tenace, obsédant, impérieux, par instants, parfois léger comme un mirage, d'autres fois lourd et pesant comme un ciel d'orage.

Ma note: 6,5 / 10

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13 février 2009

9782290303825 La femme en rouge et autres nouvelles, Andrée Chedid

Un vieillard part en pleine nuit à la recherche de la chèvre perdue d'un voisin. Une femme ose braver la bénédiction d'un pèlerin réputé saint homme. Et contre toute attente, elle reçoit l'appui de son mari, puis du village tout entier. Une bien curieuse passagère intrigue le chauffeur d'un autocar: à plus de soixante ans, elle est vêtue d'une provocante robe rouge...
Andrée Chedid caresse d'une plume douce des personnages qui, par la magie des mots, se révèlent émouvants jusqu'aux larmes.

Je découvre cette auteure que je ne connaissais que par ses poèmes, de loin. Je ne suis pas déçue, ses nouvelles sont empreintes de poésie, de tendresse pour ses personnages. Les mots sont effectivement magiques et dépeignent à merveille les sensations, l'atmosphère où chacun peut se reconnaître.
Je recommande chaudement ce petit recueil.

Les premières lignes:
"A travers les années, cette robe écarlate l'avait secourue. En la revêtant, elle se donnait le change, retrouvait une désinvolture, d'abord feinte, puis naturelle, qui forçait l'entourage à croire en l'innoncence de son fils. Quelle mère réellement troublée, inquiète, aurait osé s'affubler de cette façon?"

Ma note: 9 / 10

Posté par Aileean à 21:30 - Nouvelles (3) - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2008

9782070347803 Le bar des habitudes, Franz Bartelt

Au fil de ces seize brefs récits, Franz Bartelt nous raconte des destinées exemplaires, dans un registre tour à tour goguenard et tendre, loufoque et cruel.

J'ai lu avec plaisir ces nouvelles qui nous racontent dans un style simple les vies de personnages si proches de nous parfois. L'imprévu arrive dans leur vie et peut tout chambouler (Le bar des habitudes, Un parcours sans faute, Un voisin redoutable). On découvre aussi de savoureux portraits où l'absurde cotoie l'ironie(Tueur en série, Testament d'un homme trop aimé, Histoire molle).
Je me méfie toujours des nouvelles car je trouve qu'il manque souvent quelque chose au récit mais là, je ne suis pas déçue et j'ai passé un agréable moment.
Ce livre a obtenu le Prix Goncourt de la nouvelle en 2006.

Extrait:
Guy Vouine était mou de naissance. Il avait coulé de sa mère, comme d'un pot de confiture renversé. L'accouchement n'avait requis aucun effort, aucune poussée. L'enfant faisait un petit tas sur les linges et le cri qu'il exhala pour manifester qu'il était vivant montait de lui avec la légèreté d'une vapeur. La sage-femme, qui en avait vu de toute sorte, se dit seulement qu'elle n'en avait encore jamais vu de si mou.
Plus tard, il s'avéra que l'enfant physiquement mou était également mou à l'intérieur...

Ma note: 8 / 10

Posté par Aileean à 11:38 - Nouvelles (3) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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