Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

09 octobre 2009

Catacombes

41Ayg4bcgdL__SL160_AA115_Contretemps, Charles Marie

   "Assis par terre dans sa chambre devant le thé au goût de vieille terre moite qu'il affectionnait, il méditait sur la meilleure façon de retrouver le disparu. Ce qu'il lui fallait, c'était une méthode. Une méthode de recherche. Comme il n'avait jamais cherché à retrouver personne auparavant, il prit pour point de départ l'agonie familière que lui infligeait la disparition quotidienne de ses clés, évaporées. Il retournait alors chaque objet de son appartement, soupçonnant des pires conspirations des recoins où il n'était pourtant jamais allé, en découvrant ainsi beaucoup de nouveaux, les retrouvant finalement, le plus souvent dans sa poche, parfois sur la porte, du côté extérieur. Il décidait alors, épuisé, de remettre ses projets à plus tard et de demeurer à l'intérieur pour le moment. Il était le genre d'homme à qui l'expérience n'apprend jamais rien. Ce qu'il savait, il le savait d'instinct ou du fait de ses lectures, mais ce que le monde tentait de lui enseigner par les évènements, il l'oubliait toujours."

Lu dans le cadre du partenariat Blog-o-Book et les éditions "Aux forges de Vulcain"

Finalement, je ne sais pas trop quoi penser de ce livre, je suis partagée. L'histoire en elle-même ne m'a pas captivée. J'ai trouvé le héros, Melvin Epineuse, un peu trop "anti-héros", tellement que finalement, j'ai eu du mal à le trouver sympathique. Une sorte de type qui n'a pas grandi, qui raisonne par l'absurde. Il subit les évènements, se laisse porter au gré des rencontres.
Bref, c'est sûr, ce n'est pas un roman simple; à vrai dire, il ne rentre pas dans une case précise. Une sorte de polar littéraire.
Malgré tout, j'ai eu l'impression que les personnages, désoeuvrés, traînaient leur ennui et s'occupaient comme ils pouvaient: à travers des fêtes "underground" réservées aux initiés ou bien en pratiquant le meurtre en dilettante. Deux organisations secrètes dont on ne saura rien s'affrontent pour on ne sait pas vraiment quoi. C'est un peu dommage.
Heureusement, j'ai apprécié la lecture rien que par le style et la forme. De petits chapitres comme des paragraphes nous font avancer bien vite dans l'intrigue et l'auteur a un style très riche, évocateur, poétique, très littéraire... C'est dense, parfois complexe, souvent ironique ou simplement humoristique.
Et puis, dernier point, certes minime, j'ai apprécié le format du livre (entre poche et broché) ainsi que la police d'écriture. Je sais, ce sont des détails, mais ça fait aussi beaucoup l'air de rien. 

Les premières lignes:
 
Quand il revenait de l'une de ses soirées dans lesquelles il étouffait sa tristesse à coups de petits fours très recherchés et de vins trop exotiques, le claquement irrégulier de ses chaussures sur le pavé évoquait les applaudissements fatigués des quelques spectateurs restés par le désoeuvrement et cherchant à se convaincre qu'ils avaient bien fait. Il adorait cela. Son pas, fait d'avancées brutales et de ralentissements calculés, de déviations soudaines et d'arrêts hasardeux, lui semblait un rythme essentiel sans lequel sa vie, invertébrée, s'avachirait piteusement dans les rigoles humides des avenues. Ainsi marchait-il, parfois jusqu'au matin, se destinant à une heure plutôt qu'à un lieu.

Ma note: 7 / 10

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16 septembre 2009

Voyages

4176YBH1XFL__SL160_AA115_Ciel bleu, Une enfance dans le Haut Altaï, Galsan Tshinag

  Galsan Tschinag raconte son enfance dans la steppe aux confins du désert de Gobi, dans les terres du Haut-Altaï. Vivant sous la yourte au sein d'une famille d'éleveurs de moutons, l'enfant découvre le monde à travers sa relation avec Arsylang, son chien, dont les aventures ouvrent et ferment le livre. L'exotisme est ici total et actuel.
  Le groupe familial se déplace en fonction des pâturages et des saisons, on monte les yourtes et on rencontre les gens.
  Les enfants ont une place bien définie que vient troubler l'obligation de scolarisation imposée par le gouvernement communiste. Mais il y a toujours les vacances pour retrouver la grand-mère choisie et adoptée par l'enfant., pour jouer dans la montagne avec son chien et parcourir à cheval ces étendues sans fin où le galop sert aussi à mesurer l'espace et le temps.
  Voici un texte court et simple au charme subtil qui nous introduit dans des relations avec la nature, la famille et les dieux.

On est effectivement dépaysé par cette plongée dans un monde tellement différent. Le petit garçon touva est un berger, fils et petit-fils de berger et pendant que son frère et sa soeur aînés sont à l'école, il s'occupe du troupeau de sa grand-mère d'adoption qui sera le sien plus tard. C'est sa vision de la vie que l'on découvre, une vie quotidienne nomade, simple mais difficile - le climat est extrême - , et d'un autre temps. On devine l'irruption timide du monde moderne avec l'arrivée de l'instituteur qui vient battre le rappel des enfants à scolariser et les nouvelles idées d'égalité entre "castes" commencent à faire leur chemin. Le petit berger pourrait-il devenir autre chose qu'un berger ? Toucher un salaire, des billets, ces bouts de papier colorés, voir autre chose que les immenses plaines arides, habiter autre chose qu'une yourte ?
Associé à son meilleur ami, son chien Arsylang, l'enfant des plaines nous transporte avec toute la fraîcheur et l'innocence de son jeune âge dans un voyage vers les steppes lointaines.

Les premières lignes:
 
Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce un préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être ? Car le rêve était pénible - cauchemar.
  On disait qu'il ne fallait parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la même chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu'on entendait raconter n'étaient-ils donc ni bons ni mauvais ?
  La journée dans la yourte commençait en général par le récit des rêves de la nuit, et à en juger d'après le comportement de l'assistance, c'était une source fréquente de joie et de souci. Bizarre !

Ma note: 8 / 10

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Nippon

519gLuF2XLL__SL160_AA115_Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Eric-Emmanuel Schmitt

  Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d'une famille dont il refuse de parler.
  Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un "gros" en lui malgré son physique efflanqué, l'entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l'intelligence et de l'acceptation de soi.
  Mais comment atteindre le zen lorsqu'on n'est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?
  Derrière les nuages, il y a toujours un ciel...

[...] L'auteur poursuit "Le cycle de l'Invisible" avec ce nouveau récit qui mêle enfance et spiritualité, nous conduisant ici à la source du bouddhisme zen.

C'est la première fois que je lis cet auteur. Bon, je n'ai pas été transportée ni très touchée par la spiritualité annoncée par le 4è de couverture. Je n'ai pas non plus découvert les sources du bouddhisme zen, mais peut-être suis-je de mauvaise foi ou avais-je la tête ailleurs.
C'est une nouvelle sympathique à lire, dont le point de départ est effectivement intéressant et original. Après, et bien, on a un condensé rapide de pensées et de maximes à tendance bouddhistes, mais bon. On découvre aussi l'univers des combats de sumo, un sport totalement méconnu par chez nous.
J'aurais aimé que le sujet soit plus approfondi, j'ai trouvé cela trop court en fait. Un peu déçue malgré les bonnes critiques que j'avais eues. 

Les premières lignes:
 
Alors que j'étais maigre, long, plat, Shomintsu s'exlamait en passant devant moi :
  - Je vois un gros en toi.
  Exaspérant ! De face, j'avais l'air d'une peau de hareng séchée sur du bois d'allumette; de profil... on ne pouvait pas me voir de profil, je n'avais été conçu qu'en deux dimensions, pas en trois; tel un dessin, je manquais de relief.
  - Je vois un gros en toi.
  Les premiers jours, je n'avais pas répliqué parce que je me méfie de moi : il m'arrive souvent de penser que les gens m'agressent en paroles, en grimaces, en gestes, puis de découvrir mon erreur, j'ai interprété, déformé, voire rêvé.

Ma note: 6,5 / 10

=> Vhs a bien aimé: ici

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12 septembre 2009

La fin

41oc4Dc4aoL__SL160_AA115_Rafael, derniers jours, Gregory Mcdonald

  Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d'une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des Etats-Unis. Mais l'Amérique ne l'a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s'appelle Rafael, et il n'a plus que trois jours à vivre... Avec ce roman, Gregory Mcdonald n'a pas seulement sondé le coeur de la misère humaine, il lui a aussi donné un visage et une dignité.

Que dire de ce roman, sombre et terrible ? Peut-être seulement que le marché sordide qui est proposé à Rafael est le prétexte pour écrire sur ce jeune homme et sa famille, pour qu'on soit les derniers témoins de sa vie marginale et d'une terrible pauvreté. Tout ça se passe à notre porte, dans un pays qu'on appelle pays riche et développé. Ces gens vivent dans des bidonvilles, sans eau courante ni électricité, et écument la décharge voisine pour trouver de quoi vivre. Ils n'ont que l'alcool pour tenir, "pour oublier la faim et la douleur, les tromper, les fuir, devenir le plus insensible possible, les ignorer pour survivre".
Illettré, le jeune homme va devenir le jouet d'un trafiquant qui profite de sa naïveté pour lui prendre une chose qu'il estime peu, sa propre vie.
Mais ces derniers jours qui lui restent, Rafael fait le point sur sa vie. Il ouvre les yeux, il ne fuit plus et ce qu'il découvre et ce qu'il savait déjà, c'est qu'il aime sa femme et ses enfants, ses proches d'un amour profond. Et cet amour, il veut en profiter jusqu'au bout avant l'inéluctable.
C'est un vrai roman noir : on sait dès le début quelle sera la fin de Rafael et en plus, on assiste à sa déchéance, car malgré le fait qu'il croit avoir réussi au moins une chose dans sa vie (sa mort), on sait qu'il s'est fait avoir dans les grandes largeurs, et ça, ça met vraiment mal à l'aise.

Les premières lignes:
  - Je viens pour le boulot.
  Les pieds sur son bureau, un jeune type corpulent fixa Rafael de ses yeux bleus avant d'examiner son corps mince.
  - Pourquoi ?
  Rafael haussa les épaules et détourna le regard.
  Le jeune homme posa les pieds à terre et laissa tomber le magazine qu'il lisait. Son visage, gris et mou, afficha un sourire idiot. Sans attendre de réponse à sa question, il demanda :
  - Et c'est quoi, ce boulot ?
  Dans la lumière de la fenêtre crasseuse, Rafael inspecta la petite pièce, la table et la chaise au bois éraflé, le meuble de bureau cabossé et rayé, le plancher usé.

Ma note : 8,5 / 10

=> "The Brave" est l'adaptation cinématographique de ce livre par Johnny Depp (2006).

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04 septembre 2009

Légende

DSCF7761_bis  Nannig, Virginie Lauby

  Philippe Collignon est un jeune homme malchanceux. Toutes ses histoires d'amour, lui qui a tant besoin d'être aimé, se soldent par un échec. Une nouvelle fois, il se jette à coeur perdu dans les bras d'une ravissante étudiante. Pour la dernière fois ?
  Sa volonté d'aimer au-delà des trahisons le mènera inexorablement à commettre le pire. Mais, cette fois-ci, est-il le seul responsable ? La belle et dangereuse Anne ne l'a-t-elle pas poussé sur le chemin de son destin ? A moins que ce ne soit la cruelle Nannig ?

La Bretagne, personnage principal du livre, à travers ses paysages maritimes et touristiques, son climat mouillé, ses rêveries... Philippe est sous le charme et Juliette, jeune étudiante rennaise achève la conquête. Il se lance à corps perdu dans cette aventure, comme un défi pour se prouver qu'enfin, il peut réussir à être aimé. Mais Juliette partage-t-elle cette vision de leur relation ? Rien n'est moins sûr, mais le jeune homme pense pouvoir la conquérir...Et puis il y a Anne, charmante, mais qui se fait un malin plaisir à l'asticoter.
Philippe, anti-héros par excellence, à qui tout ne réussit pas malheureusement, se laisse entraîner, happé par le courant, dans une relation étrange et ambigüe. Il commence à perdre le contrôle de sa vie, comme envoûté. Jusqu'où peut-il aller ?
J'ai bien aimé ce petit livre que j'ai lu d'une traite. Il y a plusieurs lectures derrière ce roman : soit on le considère comme une histoire d'amour banale, Philippe s'amourachant d'une jeune fille finalement inacessible; soit on ressent comme l'irruption de l'imaginaire, du fantastique avec quelques coïncidences troublantes qui nous plongent dans les légendes bretonnes. J'avoue que j'ai cédé à la deuxième interprétation et que je reste sur celle-ci, même si la fin, un peu rapide et cruelle à mon goût, ne donne aucune certitude...

Les premières lignes:
 
En descendant la rue principale, on arrive sur la digue par son côté gauche. Là, les terrasses des cafés s'étalent. Quelques haises s'égarent près de la barrière blanche marquant le début de la plage. Plus loin, c'est le casino, et la piscine désertée en saison. La falaise sombre s'enfonce dans la mer... Au pied de la paroi rocheuse, des manèges enfantins, des trampolines, des lumières, des musiques, des rires, des voix...
  La digue est pleine de monde comme tous les soirs où la journée a été chaude. Derrière le chuchotement des vagues montantes, les pas traînants des promeneurs raclent le début de la nuit.

Ma note : 8 / 10

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29 août 2009

51HWtHZucCL__SL160_AA115_L'Etrange Odd Thomas, Dean Koontz

   Pico Mundo, Californie. Le jeune Odd Thomas, cuisinier de son état, possède un don particulier : il communique avec les morts. Pourra-t-il sauver la petite ville du mal qui rôde ?

J'aime assez cet auteur, il me rappelle Stephen King, dans le sens où l'on est de suite dans un univers particulier où le fantastique, l'imprévu arrive si facilement...
Mais l'histoire d'Odd Thomas ne m'a pas enthousiasmée... Je n'ai pas réussi à accrocher ni à trouver le héros plus sympathique que ça. On retrouve le thème cher à Dean Koontz : l'omniprésence du Mal (avec un grand M) et de ses sbires, rôdant autour du héros et de son entourage, jusqu'à la confrontation finale. (voir Le visage de l'ange).
Odd Thomas est un anti-héros, un jeune Américain dont la seule ambition serait d'être embauché au "Palais du Pneu". Sa copine, une jeune vendeuse de glace. C'est un tableau de l'Amérique des toutes petites villes, avec des gens limite à la marge.
L'auteur se veut aussi plein d'humour, mais j'ai ressenti ça comme un exercice de style, comme s'il essayait de copier des auteurs comme Jeff Lindsay ou Tim Cockey, qui à mon avis, excelle dans le genre de l'humour noir. Bref, ça n'a pas trop pris avec moi, un peu déçue même si ça se lit facilement et que quelques rebondissements bienvenus maintiennent un suspens correct.

Les premières lignes:
  Je m'appelle Odd Thomas. Evidemment, mon nom ne vous dit rien, et en ces temps où la gloire est la nouvelle icône du monde, il n'y a aucune raison pour que cette seule information suffise à éveiller votre intérêt.
  Je ne suis pas une célébrité. Ni même le fils d'une célébrité. Je n'ai jamais été marié à une vedette, ni violé par une quelconque star, et aucune personne connue ne se promène sur la planète avec l'un de mes reins dans son corps. Pis encore, je n'ai aucune envie de devenir célèbre !

Ma note: 7 / 10

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23 août 2009

Ado

41rG8xBSfJL__SL160_AA115_Sexy, Joyce Carol Oates

   "C'était en novembre, un mardi après l'entraînement de natation. La chose avec Mr Tracy, le prof d'anglais de Darren. La chose, c'est en ces termes que Darren y penserait par la suite.
  La chose, un mot vague, indéfini. La chose qui n'était pas arrivée de toute façon."

  Darren est, à seize ans, un des espoirs de l'équipe de natation. Timide mais très séduisant, sa beauté lumineuse lui attire toutes les faveurs, y compris celles de son professeur d'anglais, Mr Tracy. Mais ce dernier fait renvoyer un de ses copains de l'équipe de natation. Les amis de Darren décident alors de se venger et adressent au proviseur un courrier anonyme accusant Tracy de pédophilie...
  Joyce Carol Oates explore, avec talent et justesse, la quête identitaire d'un jeune de seize ans dans un société de préjugés où il n'a plus de repères.

J'ai retrouvé la même atmosphère que dans le dernier que j'avais lu du même auteur, Nulle et Grande gueule. Le microcosme du lycée dans une petite ville d'à peine 10000 habitants. Les lâchetés du quotidien qui se transforment en véritables violences, la haine de l'autre, la haine de soi. Darren se pose beaucoup de questions et sous des dehors de tranquilité, il ne sait pas qui il est. Pourtant, tout le monde sait qui il est et le lui dit: grand sportif, viril, champion de natation, un homme quoi. Mais Darren sent qu'il y a autre chose en lui sans réussir à mettre des mots dessus. L'intérêt de son prof d'anglais et le malaise qui s'ensuit vont faire trembler tout son petit monde. Cette épreuve, va-t-elle contribuer à le sauver de ses obsessions ?
C'est un livre paru aussi dans des éditions jeunesse et je remarque encore une fois que l'auteur sait parfaitement décrire les affres de l'adolescence, surtout dans tous les non-dits (le sexe, les relations avec les filles, les transformations physiques et autres...). Il n'y a pas de morale lourde et bien-pensante, et libre à nous d'accompagner Darren et de l'aider à se trouver.

Les premières lignes:
 
Dès qu'il eut seize ans, qu'il s'étoffa et commença à attirer les regards, les choses prirent une drôle de tournure.
   Excellent en natation - il avait intégré la meilleure équipe du lycée de North Falls à la fin de se seconde - , plongeur prometteur, il était, selon l'expression du coach, un "type qui montait" et qui retenait de plus en plus l'attention.
   Les gens commencèrent à dire qu'il était vraiment beau. Dans la rue, des filles plus âgées que lui, des femmes d'une vingtaine d'années parfois, se retournaient pour le regarder. Et même certains professeurs disaient en plaisantant: "Darren Flynn pourrait passer pour le petit frère de Brad Pitt".

Ma note: 8,5 /10

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19 août 2009

41mG39RK_KL__SL160_AA115_Je croyais qu'il suffisait de t'aimer..., Jacques Salomé

  Surprenantes de force et de beauté, magnifiées par l'écriture d'un fabuleux conteur, ces vingt-quatre histoires de Jacques Salomé sont l'oeuvre d'un obervateur attentif aux errances des passions.
  Irrigués par des amours violentes, incertaines ou pathétiques, ces récits sont tissés à partir du présent amoureux de chacun des protagonistes, mais aussi à partir de leur passé. Jacques Salomé sait combien l'intimité d'une rencontre peut s'ouvrir sur une liberté inouïe lorsque tous les sens y participent.

J'aimais bien la couverture... Mais finalement, les nouvelles sont un peu trop... naïves à mon goût. Un peu trop de psychologie "positive" (mais qu'est-ce que c'est exactement... je ne sais pas trop non plus...). Même si les histoires ne sont pas toutes gaies et simplistes, j'en ressors avec une sensation de m'être fait flouée... J'attendais autre chose, mais quoi ? Bref, c'est peut-être ça l'intérêt du livre, faire réagir d'une façon ou d'une autre...

Les premières lignes:
  Se séparer d'un être aimé ne se joue pas, pour l'essentiel, dans le fait de le quitter ou d'être quitté. Se séparer, c'est découvrir paradoxalement l'espoir insensé et sans cesse inaccessible d'une relation nouvelle, autre, différente, et d'abord avec soi-même.
  Le plus douloureux pour moi n'a pas été de te perdre, mais de renoncer à l'espoir fou que tu reviendrais, que tu m'appellerais. Car, plusieurs mois après ta décision, cet espoir ressurgissait, tenace, obsédant, impérieux, par instants, parfois léger comme un mirage, d'autres fois lourd et pesant comme un ciel d'orage.

Ma note: 6,5 / 10

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51pad7i9E6L__SL160_AA115_Le soldat chamane - 2, Le cavalier rêveur, Robin Hobb

  A la prestigieuse école de cavalerie, d'incessantes rivalités opposent les fils de l'ancienne aristocratie aux jeunes de la nouvelle noblesse. Issus de la seconde catégorie, Jamère et ses amis paient les pots cassés d'une politique qui ne les favorise pas. Le jeune homme doit par ailleurs supporter les apparitions de plus en plus fréquentes de la femme-arbre dans ses rêves, qui attise les flammes de son conflit intérieur. Doit-il sa loyauté à la société rigide dont il est l'enfant ou à la nature et à la magie ancienne qui l'attirent inexplicablement ? Et ce n'est pas la rencontre avec son originale cousine, Epinie, qui l'aidera à répondre à cette question.

J'ai dévoré ce deuxième tome, toute entière aux tourments de Jamère dans sa rigide Ecole où l'injustice règne en maître. C'est ça tout l'intérêt de ces livres: le sympathique héros, droit, honnête et pur, se voit infliger une série de coups durs qui remet toute sa conception de la vie en jeu. Notre sens de la justice prend vite le dessus...

Les premières lignes:
 
J'abordais mon troisième mois d'Ecole avec l'espoir que ma vie suivrait désormais un cours prévisible. L'initiation était derrière nous et j'avais survécu à la première élimination ; au choc de cette expérience succéda une période d'accablement à laquelle aucun d'entre nous n'échappa. Mais cette humeur se dissipa bientôt, car des jeunes gens ne peuvent pas rester longtemps en proie à la tristesse ; résolus à laisser ce pénible épisode au passé, nous nous tournâmes tous vers l'avenir de notre scolarité. J'avais des notes supérieures à la moyene dans toutes les disciplines et je brillais particulièrement en génie militaire.

Ma note: 9  / 10

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13 août 2009

Saga

41YJ4_zu5ZL__SL160_AA115_Le soldat chamane - 1, La déchirure, Robin Hobb

  Par son rang de naissance, Jamère est promis à une brillante carrière militaire. Son père, le colonel Burvelle, anobli par le roi sur le champ de bataille, n'a pas attendu qu'il ait atteint l'âge d'intégrer l'école militaire pour lui imposer une discipline de fer et lui inculquer les rudiments de son éducation martiale. Mais que doit-il penser lorsque son père le confie aux bons soins d'un inquiétant guerrier nomade, un chamane qui l'entraîne dans un rêve dont il ressortira changé à jamais ? Car Jamère a beau essayer de toutes ses forces d'enfouir ce souvenir au plus profond de lui-même, sa compréhension du monde a été altérée. Appartient-il encore à la culture rigide dont il est issu, ou bien à cette nature primitive et puissante qu'il sent s'exprimer sous le vernis social ?

J'hésitais à me lancer encore dans une nouvelle saga, d'autant que je n'avais pas réussi à accrocher à celle des "Aventuriers de la mer", du même auteur alors que j'avais adoré "l'Assassin royal".
Et là, je fus agréablement surprise car j'ai découvert une nouvelle fois tout le talent de Robin Hobb à créer un monde, sa mythologie, ses coutumes. A tel point qu'on est aussitôt transporté aux côtés de Jamère, jeune fils militaire dont la carrière est toute tracée: intégrer l'Ecole royale de cavalla et devenir un officier aussi reconnu et talentueux que son père.
C'est donc un premier tome qui pose les fondations de ce qu'on imagine comme une longue saga, telle que l'Assassin royal. En se préparant à la vie militaire, un Nomade va initier Jamère dans un premier temps aux pratiques de survie mais ensuite, par une expérience irréelle et douloureuse, ce shaman va le marquer à jamais physiquement et spirituellement. Une partie de lui-même restera dans ce monde étrange, aux ordres d'une étrange déesse-arbre voulant sauver son Peuple.
Expérience refoulée qui ne l'empêche pas d'intégrer enfin l'Ecole Royale où il se lie d'amitié avec d'autres jeunes hommes, fils de nouveaux nobles eux-aussi. Mais sous des dehors de respectabilité, l'Ecole reflète malheureusement les luttes de pouvoirs entre membres de la Noblesse. Et il va être bien difficile de rester serein.
C'est donc un roman d'initiation dans un monde où luttent ancienne magie et nouvelles divinités, un monde rigide et codifié, un monde de pionniers lancés vers de nouvelles contrées mystérieuses mais où les tensions entre élites menacent l'équilibre de la monarchie et la souveraineté du roi.
J'attends la suite avec impatience !

Les premières lignes:
  Je garde nettement le souvenir de la première fois où j'ai vu opérer la magie des Plaines.
  J'avais huit ans et j'accompagnais mon père au poste avancé de Coude-Frannier avec le caporal Pars. Levés avant l'aube pour le long trajet, nous avions efin aperçu le pavillon qui flottait au-dessus de l'enceinte, au bord de la rivière, alors que le soleil arrivait au midi. Jadis fort militaire implanté sur la frontière contestée entre les habitants des Plaines et le royaume de Gernie, Coude-Frannier se trouvait désormais très à l'intérieur du territoire gernien, mais il conservait les traces de sa superbe d'antan.

Ma note: 9 / 10

Posté par Aileean à 16:44 - Fantasy - SF - Imaginaire (28) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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