10 octobre 2009
Plume d'ange
Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient...
Pour exorciser ses démons, Jospeh part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R.J Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu'il met en jeu.
Un roman fort qui reste à l'esprit longtemps.
Joseph vient de perdre son père, lorsque les premiers meurtres commencent. Situés dans les alentours proches d'Augusta Falls, petite bourgade tranquille de Géorgie, on est tout de suite mal à l'aise tant les disparitions semblent liées à Joseph. Et cela hante le jeune garçon, devenu homme. Est-ce ce drame qui sera l'amorce de son talent d'écrivain, ces fantômes, ces anges trop proches? Il tente d'exorciser ses démons en écrivant comme un forcené, avec l'aide de ses rares amis proches. On assiste de l'intérieur, à tout le processus de l'écrivain, ici, torturé - c'est le mot - par sa propre histoire.
Mais le sort en a décidé autrement. Son existence, marquée à jamais, reste étroitement reliée aux affaires qui continuent. Même à New York, ville anonyme où l'on peut se perdre soi-même, les évènements le rattrapent. Une enquête douloureuse où le doute, terrible, s'immisce lentement et distille son venin dans les âmes.
L'histoire est conçue en une suite de flash-backs, organisée par un évènement qui force le narrateur à égréner ses souvenirs, pour enfin comprendre.
Les premières lignes:
Coups de feu, comme les os se cassant.
New York : sa clameur infinie, ses rythmes métalliques âpres et le martèlement des pas, staccato incessant; ses métros et cireurs de chaussures, carrefours embouteillés et taxis jaunes; ses querelles d'amoureux; son histoire, sa passion, sa promesse et ses prières.
New York avala le bruit des coups de feu sans effort, comme s'il n'avait pas plus d'importance qu'un simple battement de coeur solitaire.
Personne ne l'entendit parmi une telle abondance de vie.
Ma note: 9 / 10
=> Un très beau titre du dernier album de Mickey 3D, "La grande évasion", est directement tiré de ce roman: "Je m'appelle Joseph".
J'me dis que c'est long...J'me dis que c'est court
J'me dis que c'est pas la première fois
Je sens le silence qui m'entoure et mon pouls qui n'faiblit pas
"Je viens en ami" dit le silence, "ne regarde pas plus loin
que ce nouveau jour qui t'appelle et t'invite en son jardin chargé d'air et de lumière"
Un nouveau matin qui m'entoure, et moi...dans mes chaussures froides...
On s'élance comme on peut...Chacun dans son coin
12 septembre 2009
La fin
Rafael, derniers jours, Gregory Mcdonald
Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d'une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des Etats-Unis. Mais l'Amérique ne l'a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s'appelle Rafael, et il n'a plus que trois jours à vivre... Avec ce roman, Gregory Mcdonald n'a pas seulement sondé le coeur de la misère humaine, il lui a aussi donné un visage et une dignité.
Que dire de ce roman, sombre et terrible ? Peut-être seulement que le marché sordide qui est proposé à Rafael est le prétexte pour écrire sur ce jeune homme et sa famille, pour qu'on soit les derniers témoins de sa vie marginale et d'une terrible pauvreté. Tout ça se passe à notre porte, dans un pays qu'on appelle pays riche et développé. Ces gens vivent dans des bidonvilles, sans eau courante ni électricité, et écument la décharge voisine pour trouver de quoi vivre. Ils n'ont que l'alcool pour tenir, "pour oublier la faim et la douleur, les tromper, les fuir, devenir le plus insensible possible, les ignorer pour survivre".
Illettré, le jeune homme va devenir le jouet d'un trafiquant qui profite de sa naïveté pour lui prendre une chose qu'il estime peu, sa propre vie.
Mais ces derniers jours qui lui restent, Rafael fait le point sur sa vie. Il ouvre les yeux, il ne fuit plus et ce qu'il découvre et ce qu'il savait déjà, c'est qu'il aime sa femme et ses enfants, ses proches d'un amour profond. Et cet amour, il veut en profiter jusqu'au bout avant l'inéluctable.
C'est un vrai roman noir : on sait dès le début quelle sera la fin de Rafael et en plus, on assiste à sa déchéance, car malgré le fait qu'il croit avoir réussi au moins une chose dans sa vie (sa mort), on sait qu'il s'est fait avoir dans les grandes largeurs, et ça, ça met vraiment mal à l'aise.
Les premières lignes:
- Je viens pour le boulot.
Les pieds sur son bureau, un jeune type corpulent fixa Rafael de ses yeux bleus avant d'examiner son corps mince.
- Pourquoi ?
Rafael haussa les épaules et détourna le regard.
Le jeune homme posa les pieds à terre et laissa tomber le magazine qu'il lisait. Son visage, gris et mou, afficha un sourire idiot. Sans attendre de réponse à sa question, il demanda :
- Et c'est quoi, ce boulot ?
Dans la lumière de la fenêtre crasseuse, Rafael inspecta la petite pièce, la table et la chaise au bois éraflé, le meuble de bureau cabossé et rayé, le plancher usé.
Ma note : 8,5 / 10
=> "The Brave" est l'adaptation cinématographique de ce livre par Johnny Depp (2006).
11 août 2009
Le retour
Les démons de Dexter, Jeff Lindsay
Le jour, Dexter Morgan est expert judiciaire à la police de Miami; la nuit, il se transforme en tueur en série. Pas n'importe lequel, notez bien : un serial-killer justicier qui ne tue que ceux qui le méritent. Un double meurtre particulièrement sordide laisse pourtant notre cher Dexter fort perplexe: serait-il confronté à plus fort que lui ?
En suivant la série sur Canal +, on arrive à mélanger le livre, l'histoire initiale et les péripéties du film qui n'ont parfois rien à voir. On s'en sort finalement car cet opus est entièrement centré sur le Passager Noir. Qui est-il vraiment, quel est son rôle ? On en était arrivé à ce que cette voix intérieure soit indissociable du héros, comme s'il était atteint de schizophrénie. Mais ici, on découvre que cette ombre est peut-être bien plus.
Les enfants de Rita, Cody et Astor, vont jouer un rôle très important aussi puisque sous couvert d'une famille heureuse et unie, Dexter se voit presque contraint de les éduquer comme avait pu le faire son propre père, établir une sorte de code Harry.
C'est donc un épisode où nous découvrons une autre facette de Dexter, devenu presque humain, avec des émotions telles que la peur et l'angoisse, lui, le Prince de la Nuit.
Malheureusement le côté ésotérique et "molochiste" de l'affaire reste un peu flou... et limite surprenant. L'auteur ne nous avait pas habitué à des manifestations de ce genre. Mais bon, ça n'enlève rien au suspens, très prenant qui court de bout en bout, ni à l'humour toujours aussi présent. Eh oui, on arrive toujours à rire aux réflexions inhumaines d'un tueur en série... quelle honte!
Les premières lignes:
IL se rappelait avoir éprouvé un sentiment de surprise, puis être tombé, mais rien d'autre. Juste l'attente. IL attendit très longtemps, mais peu lui importait car il n'y avait pas encore de mémoire et le premier cri n'avait pas retenti. Donc IL ne savait pas qu'IL attendait. De fait, IL ne savait même pas qu'IL existait à ce stade. IL se contentait d'être, sans pouvoir évaluer le temps, sans même en avoir la notion.
Alors, IL atendait et regardait.
Ma note: 8,5 / 10
=> Voir aussi: Dexter revient, Jeff Lindsay
27 juin 2009
(...) Dans son nouveau roman, Coeur volé, portrait d'une jeune femme entraînée par ses obsessions jusqu'aux limites de la folie, on retrouve l'écriture magistrale et l'univers hypnotique de l'immense romancière. Un suspens troublant jusqu'à l'envoûtement.
Merilee vient de perdre son père, personnage imposant et notable de la ville où elle a grandi. Son absence laisse un vide énorme, elle semble perdue. On retrouve presque la même atmosphère que dans Mère disparue, du même auteur. Une sorte de manque, comme si une partie d'elle-même avait à jamais disparu. Mais elle se laisse submerger par ses émotions, après tout, elle n'a jamais été très forte, elle tient sans doute de sa mère, fragile elle aussi et morte depuis longtemps. Heureusement son oncle Jedah est là. Lui, si imposant, si fort, qu'il semble l'entourer d'une sollicitude... troublante. En revenant là où elle vécut enfant, elle redevient une petite fille. Une petite fille que la disparition d'une camarade de classe il y a si longtemps continue de hanter.
L'auteur excelle comme d'habitude à montrer ses personnages sans fards, à nu. Merilee est fragile, ses pensées, ses souvenirs se mélangent et l'angoisse est distillée à petite dose jusqu'au bouquet final. On suit Merilee dans ses doutes, ses humeurs, tout cela dans un style bien particulier, comme dans l'esprit chamboulé de la jeune fille.
Un très bon policier à lire aussi pour décourvrir l'auteur.
Merci à BLOG-O-BOOK et Le Livre de Poche.
Les premières lignes:
Ils disaient qu'elle avait été enlevée.
Pas à haute voix ! Pas devant nous.
Mais quand on écoutait. Quand on écoutait bien. Par-dessous nos battements de coeur paniqués. Ce grondement, tout bas, comme le tonnerre. Enlevée !
Une fille avait été enlevée. Dans Higlands Park. Je savais où c'était. Je connaissais la fille. Nous n'étions pas encore censés le savoir. Nous étions trop jeunes pour le savoir. Nous nous tenions bien sages, nous ne voulions pas être enlevés, nous aussi. La fille qui avait été enlevée n'était pas une fille bien sage, elle ricanait, elle gigotait, elle était imprévisible.
Ma note: 8,5 / 10
18 juin 2009
Azzazet
Le Masque d'argile, Serge Brussolo
Dans la Rome impériale, deux mercenaires, un homme et une femme rompus au métier des armes, mènent l'enquête...
Soldats, assassins, gardes du corps, Shagan et Junia sont tout cela à la fois. Il leur faudra affronter les puissances des ténèbres pour élucider les mystères d'une villa patricienne en proie aux manifestations les plus irrationnelles. Malédiction ou complot ? Difficile de faire la part des choses dans un monde imprégné de superstition, où mille petits dieux épient les humains à toute heure du jour et de la nuit, ne leur laissant aucune intimité.
Un récit inquiétant qui propulse le lecteur à travers les coutumes les plus étranges de l'Antiquité romaine.
Une petite plongée dans la Rome antique, on s'y croirait, car l'auteur, avec une foule de petits détails, nous fait revivre le quotidien de cette époque. Un bon petit roman où comme d'habitude, le suspens est toujours présent, ici avec la magie et la superstition d'une mythologie mystérieuse, on frôle le fantastique.
Efficace et sans fioritures, un bon moment de Brussolo encore une fois.
Les premières lignes:
Dans les ruines de Pompéi, on pouvait encore contempler, au début du siècle dernier, une étrange peinture presque effacée. Les guides évitaient de la montrer aux touristes car, pour la voir, il fallait accepter de remonter à quatre pattes le long d'un couloir à demi effondré. Là, au creux d'une cubicula jadis occupée par une prostituée aux cheveux teints en rouge, un obscur artiste s'est appliqué, en des temps anciens, à dessiner avec un grand luxe de détails un paysage désertique où se déplace une sorte de monstre fabuleux sur lequel il convient de s'attarder.
Ma note: 7,5 / 10
17 juin 2009
Classique
ILLUMINATI... Robert Langdon n'en croit pas ses yeux. Pourtant l'inscription s'étalait bien devant lui, marquée au fer rouge sur le cadavre de Leonardo Vetra, éminent chercheur du Conseil européen pour la recherche nucléaire en Suisse.
Pour le célèbre symbologue, ce crime est signé: la société secrete tant redoutée est de retour après quatre siècles de silence.
Son but ? Anéantir l'Eglise catholique et son symbole, le Vatican...
J'avais moyennement aimé Da Vinci code, le trouvant par moment simpliste, et j'ai donc préféré celui-ci du même auteur. C'est efficace, l'action se passe sur une journée, Langdon et Vittoria Vetra doivent sauver le Vatican, aux prises avec une secte dangereuse qui préparait sa vengeance depuis quatre siècles.
Bien sûr, les héros sont ici aussi des super héros puisqu'ils devinent les énigmes assez vite, mais l'action et le suspens effacent tous les petits défauts. On est pris dans cette course contre la montre (presque du style 24h chrono) et la ville de Rome et le Vatican n'ont plus de secret pour nous.
Des rebondissements, un peu attendus, mais bien amenés nous tiennent jusqu'au bout.
Bref, un bon moment, du bon suspens historico-religieux, loin des clones qui sortent maintenant à tout va.
Les premières lignes:
En reniflant une odeur de chair brûlée, le physicien Leonardo Vetra comprit que c'était la sienne. Il leva des yeux terrorisés vers la silhouette penchée sur lui.
- Que voulez-vous ?
- La chiave, répondit la voix rauque, le mot de passe.
- Mais... je n'ai pas...
L'intrus appuya de nouveau, enfonçant plus profondément l'objet blanc et brûlant dans la poitrine de Vetra. On entendit un grésillement de viande sur le gril.
Vetra poussa un hurlement de douleur.
- Il n'y a pas de mot de passe !
Ma note: 8 / 10
Superwoman
Terreur au 3è degré, Jame Patterson et Andrew Gross
A San Francisco, la demeure d'un millionnaire explose. Dans les décombres, on découvre trois corps et un message : " Que la voix du peuple se fasse entendre. " Quelques jours plus tard, un homme d'affaires est assassiné en d'étranges circonstances. Là encore, un message déclare la guerre aux " agents de la corruption et du profit ". Lindsay Boxer, inspectrice de la brigade criminelle, va demander à ses trois amies - Jill, substitut du procureur, Claire, médecin légiste, et Cindy, journaliste au Chronicle - de l'aider dans son enquête, les crimes se succédant avec une effrayante régularité. Et le sommet du G8 approche... Dans ce troisième volet de la série policière qui met en scène le Women Murder Club, James Patterson, écrivant à quatre mains avec Andrew Gross, mène l'intrigue à un rythme endiablé, multipliant péripéties et coups de théâtre.
On se laisse entraîner par Lindsay Boxer,sorte de Jack Bauer au féminin. Divers évènements arrivent et heureusement que le lieutenant Boxer était là, miraculeusement; d'ailleurs, malgré ses états d'âme et sa recherche de l'âme soeur, c'est une enquêtrice hors pair, et ce, grâce à ses amies.
Cet opus m'a plus plu que les autres, même si c'est vraiment attendu, quoiqu'un rebondissement inédit m'a scotché, je l'avoue. Bref, j'ai vraiment accroché sur celui-ci, il me tarde de lire la suite. C'est reposant, on ne se prend pas la tête, et on se fait un peu peur... Et les héroïnes sont des femmes, des superwomen...
Ma note: 7,5 / 10
Bounty
Cet été-là, il a plu comme rarement à Lake District et la tourbière a livré son secret: un cadavre sans âge, couvert de tatouages.
Jane Gresham, spécialiste du poète William Wordsworth, pense aussitôt à une légende locale: Fletcher Christian, le chef des mutins du Bounty, a fui Pitcairn pour regagner clandestinement l'Angleterre. Et son vieil ami Wordworth a transformé son récit en poème épique. Persuadée que le précieux manuscrit se trouve chez un descendant du poète, Jane enquête. Mais, comme dans toutes les chasses au trésor, les convoitises s'éveillent, et les cadavres s'accumulent.
Un livre qui commence par un arbre généalogique éveille toujours ma curiosité. On ne comprend pas de suite à qui il renvoie, mais c'est donc une enquête généalogique et mystérieuse qui va nous emmener loin, dans le Pacifique avec Fletcher Christian et plus près, dans l'Angleterre d'il y a deux cent ans.
Jane Gresham, universitaire spécialiste du poète, a carte blanche pour prouver ce qu'elle avance depuis longtemps: les deux héros se connaissant, ils se seraient revus clandestinement et un poème inédit existerait. Rien de tel pour exciter les chercheurs de trésors, car un manuscrit de ce type pourrait valoir des fortunes et asseoir une carrière. Mais l'enquête auprès des descendants d'une famille proche de l'enquête se teinte douloureusement de noir: les possibles témoins meurent comme des mouches après chaque visite de Jane.
Le récit de l'enquête, qui n'est pas le plus intéressant, est rehaussé par l'intrigue secondaire qui amène Tenille, une jeune fille de treize ans, voisine et amie de Jane à Londres, à fuguer suite à une sordide affaire. Jane serait son seul secours, alors que toute la police de Londres la recherche...
Et entre chaque chapitre s'insère aussi des extraits d'un récit de Fletcher Christian sur ce qu'il s'est vraiment passé avec le Bounty.
Est-ce que tout va enfin coïncider ? Le corps retrouvé, le Forban de la Tourbe, est-il réellement celui de Christian ? Et Wordsworth, adepte du secret et des souvenirs remaniés, va-t-il livrer un ultime secret ?
Le suspens court tout le long du livre, les intrigues s'entremêlent et c'est tout l'intérêt car je trouve Jane un peu falotte. C'est un bon thriller généalogique et historique, à la portée de tous, même si au début, le sujet sur Worsworth, que je ne connaissais pas, ne m'attirait pas plus que ça.
Les premières lignes:
Septembre 2005.
Tous les paysages possèdent leurs secrets. Couche sur couche, le passé gît sous la surface. Rarement irrécupérable, il se cache, attendant qu'un être humain ou qu'un accident météorologique redonne vie aux squelettes et les ramène dans le présent. De même que les pauvres, le passé est toujours parmi nous.
Cet été-là, il pleuvait comme si l'Angleterre avait été transportée aux tropiques. Une pluie torrentielle qui dévastait les jardins multicolores, transformait les prairies en bourbier où le bétail s'efonçait jusqu'aux jarrets.
Ma note: 8 / 10
27 mai 2009
Robin Mésange travaille dans un petit journal de la Côte d'Opale. Il y écrit des articles de proximité dans grand intérêt, mais qui suffisent à financer sa passion pour la photographie et sa propension à la flemmardise.
Tout bascule, littéralement, lorsqu'il saisit la chute d'un désespéré du haut deu cap Blanc-Nez. Les images à sensation se transforment en véritable scoop. Faux suicide ? Vrai meurtre ?
Le rêveur professionnel qu'il est se mue, malgré lui, en enquêteur.
Il ne sait pas encore qu'il va devenir tour à tour témoin, suspect, complice... au péril de sa vie, et se trouver mêlé à une affaire bien plus sordide que les spectacles de bienfaisance et concours canins auxquels il était jusqu'alors habitué.
Ce roman, c'est un pavé. 630 pages. A priori, sujet banal, qui ne sort pas forcément de l'ordinaire des polars. Mais dès les premières pages, on est aussitôt dans l'ambiance d'une petite ville où rien ne prédestinait ce brave Robin a devenir le héros d'une aventure délirante. D'ailleurs Robin est le type même de l'anti-héros: gaffeur, cossard, rêveur... Sa grande force: son humour qu'il dégaine dans toutes les situations, si bien qu'au début du livre, on frise un peu l'overdose de blague, mais il faut s'habituer, ce Robin est un type attachant. Amoureux transi d'une fliquette qui enquête sur l'affaire dont il n'arrive pas à se dépêtrer, il va devoir faire preuve d'un peu de bon sens journalistique pour écrire l'enquête du siècle pour son petit journal. Envoyé très spécial, ce pied nickelé de l'info va faire quelques rencontres pas banales et entrer dans l'univers très fermé de pratiques spéciales dont sont apparemment friands certains notables. Le sujet est glauque, mais traité avec tellement d'humour, qu'on est captivé jusqu'au bout.
Bref, c'est un vrai coup de coeur que ce roman, on le lit d'une traite, on rit plus d'une fois, l'intrigue est bien ficélée, les rebondissements nous tiennent en haleine, si bien que la fin de l'enquête nous laisse un peu sur notre faim. J'avais tout imaginé, et bon, j'ai trouvé que la fin du livre est un peu (un tout petit peu) bâclée. Mais ça n'enlève rien au plaisir de le lecture... On est presque en manque lorsque tout est terminé... Une suite... peut-être ?
Donc, je recommande chaudement ce livre aux amateurs de romans policiers, bien sûr, mais aussi à tous les autres amateurs de très bons livres.
Les premières lignes:
C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un peintre parkinsonien.
Ou un caméléon qui aurait découvert par hasart la masturbation.
Difficile à dire.
C'était le vent, en tout cas, qui décidait des mélanges au gré des nuages et des trouées qu'il faisait défiler devant le soleil.
Le mouvement qu'il imprimait aux vagues émeraudes de la mer du Nord se prolongeait jusque dans les terres. Les oyats se balançaient sous ses caresses; la moquette épaisse d'argousiers, d'aubépines et de sureaux ondulait; une herbe légère frissonnait plus loin, dans les prés. Ensemble, ils avaient entamé une étrange sarabande rythmée par la clarté et les bourrasques. Une ola naturelle de verts qui se confondaient et se dissolvaient à l'ombre pour se repousser dans un réflexe et s'intensifier dans leur coin quand les rayons les frappaient.
Ma note: 9,5 / 10
25 avril 2009
Un matin d'hiver, le corps d'une jeune femme est retrouvé en vallée de Chevreuse. L'instruction est rondement menée. Un homme est arrêté, son ADN a parlé. Pourtant le violeur assassin nie en bloc, y compris l'évidence. L'affaire va prendre une tournure inattendue; un marginal avoue ce crime et vient semer le trouble. Des zones d'ombre laissent planer le doute. Que masquent-elles ? Ou plutôt qui ?
Derrière les apparences, la piste des certitudes ne serait-elle qu'un trompe-l'oeil ? Cela se pourrait bien: d'Etretat à Rambouillet, le plus court chemin n'est pas forcément la ligne droite.
Des années s'écouleront avant que la sagacité d'un étudiant à l'Ecole nationale de la magistrature ne fasse jaillir l'étincelle de vérité.
Pour le meilleur, comme pour le pire...
Un roman sympathique, une intrigue intéressante, mais sans plus. D'ailleurs, le 4è de couverture est encore un piège (à bas les mauvais 4è de couverture), car il raconte pratiquement tout jusqu'à la dernière page, d'où mon attente de ce fameux étudiant de l'ENM qui devait résoudre l'énigme pendant toute la lecture: il n'apparaît à mon grand dam qu'à la page 200 (sur 221), c'est vraiment pour dire...
Bref, nous suivons ici les tribulations de deux enquêteurs loin d'être des super flics (ça fait du bien aussi de temps en temps...) chargés de résoudre un crime. L'affaire du siècle pour eux et les habitants de la région...
Il y a bien un coupable tout désigné, après tout, même la science le condamne. Malgré tout, un doute subsiste.
Le début est prometteur, dans la forme de l'enquête. Après, ça devient plus conventionnel avec beaucoup de dialogues (un peu trop à mon goût car certains m'ont semblé un peu lourds) dont certains en "patois" de pays, bien savoureux.
Le dénouement est un peu attendu et un peu gros, mais bon... j'ai passé un bon moment tout de même avec ce petit roman policier bien franco-français.
Les premières lignes:
Ne pas crier.
Ne plus trembler.
Souffrir un moment pour vivre plus longtemps.
J'ai vu des phares. Je crois avoir vu des phares. Une voiture ? Il me semble qu'elle s'est arrêtée. Un bruit de portière qui claque. Je n'ai pas entendu de pas. Quelqu'un vient ? Mon Dieu, faites que ce soit vrai!
A moins que ce ne soit que le craquement d'une branche brisée par la tempête ? La lueur d'un éclair au loin ? Non ! Pas ça ! Je ne veux pas !
Ne pas bouger. Respirer doucement. Calmement. Lui faire croire que j'abandonne. Penser à autre chose. Laisser le temps filer.
Ma note: 6,5 / 10









