Bouq1 et Cie

*** Au fil des lectures...***

29 août 2009

51HWtHZucCL__SL160_AA115_L'Etrange Odd Thomas, Dean Koontz

   Pico Mundo, Californie. Le jeune Odd Thomas, cuisinier de son état, possède un don particulier : il communique avec les morts. Pourra-t-il sauver la petite ville du mal qui rôde ?

J'aime assez cet auteur, il me rappelle Stephen King, dans le sens où l'on est de suite dans un univers particulier où le fantastique, l'imprévu arrive si facilement...
Mais l'histoire d'Odd Thomas ne m'a pas enthousiasmée... Je n'ai pas réussi à accrocher ni à trouver le héros plus sympathique que ça. On retrouve le thème cher à Dean Koontz : l'omniprésence du Mal (avec un grand M) et de ses sbires, rôdant autour du héros et de son entourage, jusqu'à la confrontation finale. (voir Le visage de l'ange).
Odd Thomas est un anti-héros, un jeune Américain dont la seule ambition serait d'être embauché au "Palais du Pneu". Sa copine, une jeune vendeuse de glace. C'est un tableau de l'Amérique des toutes petites villes, avec des gens limite à la marge.
L'auteur se veut aussi plein d'humour, mais j'ai ressenti ça comme un exercice de style, comme s'il essayait de copier des auteurs comme Jeff Lindsay ou Tim Cockey, qui à mon avis, excelle dans le genre de l'humour noir. Bref, ça n'a pas trop pris avec moi, un peu déçue même si ça se lit facilement et que quelques rebondissements bienvenus maintiennent un suspens correct.

Les premières lignes:
  Je m'appelle Odd Thomas. Evidemment, mon nom ne vous dit rien, et en ces temps où la gloire est la nouvelle icône du monde, il n'y a aucune raison pour que cette seule information suffise à éveiller votre intérêt.
  Je ne suis pas une célébrité. Ni même le fils d'une célébrité. Je n'ai jamais été marié à une vedette, ni violé par une quelconque star, et aucune personne connue ne se promène sur la planète avec l'un de mes reins dans son corps. Pis encore, je n'ai aucune envie de devenir célèbre !

Ma note: 7 / 10

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23 août 2009

Ado

41rG8xBSfJL__SL160_AA115_Sexy, Joyce Carol Oates

   "C'était en novembre, un mardi après l'entraînement de natation. La chose avec Mr Tracy, le prof d'anglais de Darren. La chose, c'est en ces termes que Darren y penserait par la suite.
  La chose, un mot vague, indéfini. La chose qui n'était pas arrivée de toute façon."

  Darren est, à seize ans, un des espoirs de l'équipe de natation. Timide mais très séduisant, sa beauté lumineuse lui attire toutes les faveurs, y compris celles de son professeur d'anglais, Mr Tracy. Mais ce dernier fait renvoyer un de ses copains de l'équipe de natation. Les amis de Darren décident alors de se venger et adressent au proviseur un courrier anonyme accusant Tracy de pédophilie...
  Joyce Carol Oates explore, avec talent et justesse, la quête identitaire d'un jeune de seize ans dans un société de préjugés où il n'a plus de repères.

J'ai retrouvé la même atmosphère que dans le dernier que j'avais lu du même auteur, Nulle et Grande gueule. Le microcosme du lycée dans une petite ville d'à peine 10000 habitants. Les lâchetés du quotidien qui se transforment en véritables violences, la haine de l'autre, la haine de soi. Darren se pose beaucoup de questions et sous des dehors de tranquilité, il ne sait pas qui il est. Pourtant, tout le monde sait qui il est et le lui dit: grand sportif, viril, champion de natation, un homme quoi. Mais Darren sent qu'il y a autre chose en lui sans réussir à mettre des mots dessus. L'intérêt de son prof d'anglais et le malaise qui s'ensuit vont faire trembler tout son petit monde. Cette épreuve, va-t-elle contribuer à le sauver de ses obsessions ?
C'est un livre paru aussi dans des éditions jeunesse et je remarque encore une fois que l'auteur sait parfaitement décrire les affres de l'adolescence, surtout dans tous les non-dits (le sexe, les relations avec les filles, les transformations physiques et autres...). Il n'y a pas de morale lourde et bien-pensante, et libre à nous d'accompagner Darren et de l'aider à se trouver.

Les premières lignes:
 
Dès qu'il eut seize ans, qu'il s'étoffa et commença à attirer les regards, les choses prirent une drôle de tournure.
   Excellent en natation - il avait intégré la meilleure équipe du lycée de North Falls à la fin de se seconde - , plongeur prometteur, il était, selon l'expression du coach, un "type qui montait" et qui retenait de plus en plus l'attention.
   Les gens commencèrent à dire qu'il était vraiment beau. Dans la rue, des filles plus âgées que lui, des femmes d'une vingtaine d'années parfois, se retournaient pour le regarder. Et même certains professeurs disaient en plaisantant: "Darren Flynn pourrait passer pour le petit frère de Brad Pitt".

Ma note: 8,5 /10

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19 août 2009

41mG39RK_KL__SL160_AA115_Je croyais qu'il suffisait de t'aimer..., Jacques Salomé

  Surprenantes de force et de beauté, magnifiées par l'écriture d'un fabuleux conteur, ces vingt-quatre histoires de Jacques Salomé sont l'oeuvre d'un obervateur attentif aux errances des passions.
  Irrigués par des amours violentes, incertaines ou pathétiques, ces récits sont tissés à partir du présent amoureux de chacun des protagonistes, mais aussi à partir de leur passé. Jacques Salomé sait combien l'intimité d'une rencontre peut s'ouvrir sur une liberté inouïe lorsque tous les sens y participent.

J'aimais bien la couverture... Mais finalement, les nouvelles sont un peu trop... naïves à mon goût. Un peu trop de psychologie "positive" (mais qu'est-ce que c'est exactement... je ne sais pas trop non plus...). Même si les histoires ne sont pas toutes gaies et simplistes, j'en ressors avec une sensation de m'être fait flouée... J'attendais autre chose, mais quoi ? Bref, c'est peut-être ça l'intérêt du livre, faire réagir d'une façon ou d'une autre...

Les premières lignes:
  Se séparer d'un être aimé ne se joue pas, pour l'essentiel, dans le fait de le quitter ou d'être quitté. Se séparer, c'est découvrir paradoxalement l'espoir insensé et sans cesse inaccessible d'une relation nouvelle, autre, différente, et d'abord avec soi-même.
  Le plus douloureux pour moi n'a pas été de te perdre, mais de renoncer à l'espoir fou que tu reviendrais, que tu m'appellerais. Car, plusieurs mois après ta décision, cet espoir ressurgissait, tenace, obsédant, impérieux, par instants, parfois léger comme un mirage, d'autres fois lourd et pesant comme un ciel d'orage.

Ma note: 6,5 / 10

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51pad7i9E6L__SL160_AA115_Le soldat chamane - 2, Le cavalier rêveur, Robin Hobb

  A la prestigieuse école de cavalerie, d'incessantes rivalités opposent les fils de l'ancienne aristocratie aux jeunes de la nouvelle noblesse. Issus de la seconde catégorie, Jamère et ses amis paient les pots cassés d'une politique qui ne les favorise pas. Le jeune homme doit par ailleurs supporter les apparitions de plus en plus fréquentes de la femme-arbre dans ses rêves, qui attise les flammes de son conflit intérieur. Doit-il sa loyauté à la société rigide dont il est l'enfant ou à la nature et à la magie ancienne qui l'attirent inexplicablement ? Et ce n'est pas la rencontre avec son originale cousine, Epinie, qui l'aidera à répondre à cette question.

J'ai dévoré ce deuxième tome, toute entière aux tourments de Jamère dans sa rigide Ecole où l'injustice règne en maître. C'est ça tout l'intérêt de ces livres: le sympathique héros, droit, honnête et pur, se voit infliger une série de coups durs qui remet toute sa conception de la vie en jeu. Notre sens de la justice prend vite le dessus...

Les premières lignes:
 
J'abordais mon troisième mois d'Ecole avec l'espoir que ma vie suivrait désormais un cours prévisible. L'initiation était derrière nous et j'avais survécu à la première élimination ; au choc de cette expérience succéda une période d'accablement à laquelle aucun d'entre nous n'échappa. Mais cette humeur se dissipa bientôt, car des jeunes gens ne peuvent pas rester longtemps en proie à la tristesse ; résolus à laisser ce pénible épisode au passé, nous nous tournâmes tous vers l'avenir de notre scolarité. J'avais des notes supérieures à la moyene dans toutes les disciplines et je brillais particulièrement en génie militaire.

Ma note: 9  / 10

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13 août 2009

Saga

41YJ4_zu5ZL__SL160_AA115_Le soldat chamane - 1, La déchirure, Robin Hobb

  Par son rang de naissance, Jamère est promis à une brillante carrière militaire. Son père, le colonel Burvelle, anobli par le roi sur le champ de bataille, n'a pas attendu qu'il ait atteint l'âge d'intégrer l'école militaire pour lui imposer une discipline de fer et lui inculquer les rudiments de son éducation martiale. Mais que doit-il penser lorsque son père le confie aux bons soins d'un inquiétant guerrier nomade, un chamane qui l'entraîne dans un rêve dont il ressortira changé à jamais ? Car Jamère a beau essayer de toutes ses forces d'enfouir ce souvenir au plus profond de lui-même, sa compréhension du monde a été altérée. Appartient-il encore à la culture rigide dont il est issu, ou bien à cette nature primitive et puissante qu'il sent s'exprimer sous le vernis social ?

J'hésitais à me lancer encore dans une nouvelle saga, d'autant que je n'avais pas réussi à accrocher à celle des "Aventuriers de la mer", du même auteur alors que j'avais adoré "l'Assassin royal".
Et là, je fus agréablement surprise car j'ai découvert une nouvelle fois tout le talent de Robin Hobb à créer un monde, sa mythologie, ses coutumes. A tel point qu'on est aussitôt transporté aux côtés de Jamère, jeune fils militaire dont la carrière est toute tracée: intégrer l'Ecole royale de cavalla et devenir un officier aussi reconnu et talentueux que son père.
C'est donc un premier tome qui pose les fondations de ce qu'on imagine comme une longue saga, telle que l'Assassin royal. En se préparant à la vie militaire, un Nomade va initier Jamère dans un premier temps aux pratiques de survie mais ensuite, par une expérience irréelle et douloureuse, ce shaman va le marquer à jamais physiquement et spirituellement. Une partie de lui-même restera dans ce monde étrange, aux ordres d'une étrange déesse-arbre voulant sauver son Peuple.
Expérience refoulée qui ne l'empêche pas d'intégrer enfin l'Ecole Royale où il se lie d'amitié avec d'autres jeunes hommes, fils de nouveaux nobles eux-aussi. Mais sous des dehors de respectabilité, l'Ecole reflète malheureusement les luttes de pouvoirs entre membres de la Noblesse. Et il va être bien difficile de rester serein.
C'est donc un roman d'initiation dans un monde où luttent ancienne magie et nouvelles divinités, un monde rigide et codifié, un monde de pionniers lancés vers de nouvelles contrées mystérieuses mais où les tensions entre élites menacent l'équilibre de la monarchie et la souveraineté du roi.
J'attends la suite avec impatience !

Les premières lignes:
  Je garde nettement le souvenir de la première fois où j'ai vu opérer la magie des Plaines.
  J'avais huit ans et j'accompagnais mon père au poste avancé de Coude-Frannier avec le caporal Pars. Levés avant l'aube pour le long trajet, nous avions efin aperçu le pavillon qui flottait au-dessus de l'enceinte, au bord de la rivière, alors que le soleil arrivait au midi. Jadis fort militaire implanté sur la frontière contestée entre les habitants des Plaines et le royaume de Gernie, Coude-Frannier se trouvait désormais très à l'intérieur du territoire gernien, mais il conservait les traces de sa superbe d'antan.

Ma note: 9 / 10

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11 août 2009

Le retour

514YQJMCsgL__SL160_AA115_Les démons de Dexter, Jeff Lindsay

  Le jour, Dexter Morgan est expert judiciaire à la police de Miami; la nuit, il se transforme en tueur en série. Pas n'importe lequel, notez bien : un serial-killer justicier qui ne tue que ceux qui le méritent. Un double meurtre particulièrement sordide laisse pourtant notre cher Dexter fort perplexe: serait-il confronté à plus fort que lui ?

En suivant la série sur Canal +, on arrive à mélanger le livre, l'histoire initiale et les péripéties du film qui n'ont parfois rien à voir. On s'en sort finalement car cet opus est entièrement centré sur le Passager Noir. Qui est-il vraiment, quel est son rôle ? On en était arrivé à ce que cette voix intérieure soit indissociable du héros, comme s'il était atteint de schizophrénie. Mais ici, on découvre que cette ombre est peut-être bien plus.
Les enfants de Rita, Cody et Astor, vont jouer un rôle très important aussi puisque sous couvert d'une famille heureuse et unie, Dexter se voit presque contraint de les éduquer comme avait pu le faire son propre père, établir une sorte de code Harry.
C'est donc un épisode où nous découvrons une autre facette de Dexter, devenu presque humain, avec des émotions telles que la peur et l'angoisse, lui, le Prince de la Nuit.
Malheureusement le côté ésotérique et "molochiste" de l'affaire reste un peu flou... et limite surprenant. L'auteur ne nous avait pas habitué à des manifestations de ce genre. Mais bon, ça n'enlève rien au suspens, très prenant qui court de bout en bout, ni à l'humour toujours aussi présent. Eh oui, on arrive toujours à rire aux réflexions inhumaines d'un tueur en série... quelle honte!

Les premières lignes:
 
IL se rappelait avoir éprouvé un sentiment de surprise, puis être tombé, mais rien d'autre. Juste l'attente. IL attendit très longtemps, mais peu lui importait car il n'y avait pas encore de mémoire et le premier cri n'avait pas retenti. Donc IL ne savait pas qu'IL attendait. De fait, IL ne savait même pas qu'IL existait à ce stade. IL se contentait d'être, sans pouvoir évaluer le temps, sans même en avoir la notion.
  Alors, IL atendait et regardait.

Ma note: 8,5 / 10

=>  Voir aussi: Dexter revient, Jeff Lindsay

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08 août 2009

Tome 3

41sBzcr88YL__SL160_AA115_Hésitation, Stephenie Meyer

  " Deux futurs, deux âmes soeurs... C'était trop pour une seule personne. Je compris que ce n'était pas Edward et Jacob que j'avais essayé de réconcilier, c'étaient les deux parts de moi-même, la Bella d'Edward et la Bella de Jacob. Malheureusement, elles ne pouvaient coexister et j'avais eu tort de tenter de les y contraindre.
  A présent, je ne doute pas de ce que je désire, ni de ce dont j'ai besoin... ni de ce que je vais faire, là, maintenant..."

Trop long, trop poussif, trop... inintéressant...? C'est sûr que lorsqu'il ne se passe rien, il faut meubler, mais là, c'est too much. Certes, on apprend quelques petites choses essentielles sur les personnages, notamment sur les différentes familles (Cullen, Black...) mais il n'y a que vers les cent dernières pages où l'action arrive enfin. Sur environ 600 pages... ça fait peu. J'ai juste envie de dire: qu'ils sautent le pas, ces deux-là... Ils seront heureux (ou pas) et nous aussi.
Les atermoiements de l'héroïne, godiche comme pas une, son prince, Edward, qui est l'archétype du mâle (beau, intelligent, protecteur, riche et surtout qui supporte sans ciller sa mièvre dulcinée... ça n'arrive jamais...bon, je sais, c'est un roman...) mais plutôt du genre soit beau et tais-toi.
Enfin bref, je suis déçue. C'est tout. Et dire qu'il y a un autre tome...

Les premières lignes:
 
Mes doigts caressèrent la feuille, s'arrêtant sur les creux où il avait appuyé si fort sa plume que le papier avait failli se déchirer. Je l'imaginais rédigeant cette missive, traçant maladroitement de son écriture grossière les mots furieux, barrant ligne après ligne les phrases insatisfaisantes, jusqu'à briser de ses mains puissantes, peut-être, son stylo, ce qui expliquerait les tâches d'encre. Je devinais les sourcils sombres se fronçant sous l'effet de la frustration, les rides de son front.

Ma note: 5,5 / 10

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04 août 2009

Errance

317wiRxWXEL__SL160_AA115_La route, Cormac McCarthy

  L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage ?

Un roman fort, vraiment et incontestablement. C'est un vrai coup de coeur.
J'avais un peu peur du style assez spécial de l'auteur, mais ici, ça coule toute seul. La narration s'effectue par petits paragraphes, quelquefois des flash backs, mais l'effet est saisissant. L'évolution dramatique est inéluctable, on le sent, on le devine, mais on espère, comme ces deux naufragés, perdus dans l'immensité d'un monde blessé. On ne sait rien du cataclysme, rien de leur vie, mais le récit suffit. L'errance est leur seul futur possible, toujours bouger, toujours se cacher. Aller vers la mer est le but que l'homme a donné à l'enfant, pour pouvoir continuer. Le danger est partout, la confiance en l'humanité n'existe plus car l'humanité même a disparu. Ils ne sont que deux, malgré l'espoir d'en découvrir des "comme eux", des "gentils", comme dirait l'enfant.
L'enfant qu'il faut cacher aux hordes de cannibales et autres ersatz d'Homme qui rôde...
L'enfant qu'il faut mener loin, à l'abri.
L'enfant qui ressent tout ce que l'homme éprouve et qui sait, qui devine...
C'est un roman dur mais tellement réel. C'est ça qui est le plus difficile. Mais les émotions sont fortes et les images restent ancrées longtemps. Ce petit garçon et son père, sur le chemin...

Les premières lignes:
  Quand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté. Les nuits obsures au-delà de l'obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d'avant. Comme l'assaut d'on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. A chaque précieuse respiration sa main se soulevait et retombait doucement. Il repoussa la bâche en plastique et se souleva dans les vêtements et les couvertures empuantis et regarda vers l'est en quête d'une lumière mais il n'y en avait pas. Dans le rêve dont il venait de s'éveiller il errait dans une caverne où l'enfant le guidait par la main.

Ma note : 9,5 / 10

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03 août 2009

41XNy1_kuSL__SL160_AA115_Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi

  Le plaisir de dessiner, la joie de créer une histoire.

C'est ce qu'elle m'avait appris...

Je sentais mon coeur battre.

Au fond, qu'est-ce que j'espérais ?

  Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi travaille chez un fabricant de textile. Mais lassé de ne pouvoir y assouvir sa passion pour le dessin, il démissionne et part pour Tôkyô. Il y découvre, en même temps qu'un studio de mangas qui lui donne sa chance, la vie nocturne et les milieux artistiques de la capitale. Mais le travail d'assistant mangaka est éreintant et Hamaguchi comprend vite qu'on y trouve difficilement le temps et l'énergie pour se consacrer à des oeuvres personnelles. Pour la première fois, Jirô Taniguchi se remémore ses débuts de mangaka et sa jeunesse dans le Tôkyô des années 1960. Un magnifique récit d'apprentissage, où toute la finesse et l'élégance de l'auteur sont réunies pour illustrer les premiers émois de l'âge adulte.

Toujours difficile de critiquer un album de Taniguchi, car pour moi c'est un maître. Chaque album est unique et on y retrouve à chaque fois tous les ingrédients du chef-d'oeuvre: un dessin précis où affleure l'émotion et un scénario qui tient toujours la route.
Ici, l'intérêt est renforcé du fait que le récit est autobiographique, bien évidemment.
Hamaguchi va découvrir en même temps le milieu exigeant du manga artisanal, Tôkyô la capitale et ses lumières, l'amitié puis l'amour; toutes ces "épreuves" vont lui permettent de connaître les affres de la création, processus à part entière. Mais il est réellement fait pour ce métier, depuis toujours, et c'est sa chance. Il doit la saisir.

Ma note: 9 / 10

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02 août 2009

51COUNAPI5L__SL160_AA115_Petite anthologie de la littérature érotique, Gilles Guilleron

  Envie d'offrir ou de s'offrir une jolie promenade dans les plus beaux textes de la littérature érotique ? De Jean Bodel à Gilles Leroy, en passant par Louise Labé, le marquis de Sade, Pierre Louÿs ou Georges Bataille, venez déguster les chefs-d'oeuvre du genre, connus ou à découvrir, antiques ou plus récents.
  Gilles Guilleron a volontairement choisi d'écarter les textes où les fantasmes seraient animés par une perversion aboutissant à une vision dégradée de l'individu et de retenir des extraits proposant tour à tour un érotisme ludique, épanoui et distancié, qu'il soit suggéré, cru ou sensuel.

C'est un tout petit livre qui nous permet d'avoir un panorama appréciable de la littérature érotique à travers les différentes époques. Il a fallu faire un choix dans les auteurs (beaucoup sont des hommes, d'ailleurs...) mais comme l'auteur le revendique, c'est assez ludique, joyeux et humouristique. Les oeuvres font vraiment de l'érotisme une part essentielle de l'amour, qu'il soit "courtois" au Moyen-Age (où le mot érotisme en tant que tel n'existait pas, ce qui n'empêchait pas la littérature de l'époque d'être débridée malgré le carcan de l'Eglise) ou plus engagé, à notre époque par exemple.
On peut redécouvrir les incontournables mais s'apercevoir aussi que des auteurs réputés "sérieux" ont pu laisser aller leur imagination dans de florissants écrits (Théophile Gautier, Flaubert,...) et voir que certaines oeuvres recèlent aussi quelques pépites (Zola, Rimbaud...). De même, certains autres auteurs connus ou non gagneraient à l'être plus...
Malgré tout, le point faible d'une anthologie est qu'on aborde très vite les auteurs sans approfondir, surtout dans ce tout petit recueil, que j'ai trouvé un peu brouillon par moment. On passe trop vite d'un auteur à un autre sans presque s'en apercevoir. Et je persiste en remarquant que seulement cinq femmes retenues sur une cinquantaine d'auteurs, c'est peu... alors que l'érotisme est loin d'être un apanage masculin... Dommage.
Merci tout de même à Babelio pour l'envoi de ce livre.

Les premières lignes:
  La littérature érotique est une littérature qui vit "sous le manteau": son histoire est jalonnée d'anonymat, de pseudonymes d'auteurs, d'éditions clandestines, de censures, de poursuites judiciaires, de séjours en prison pour les écrivains, les imprimeurs, les éditeurs. Cette littérature, souvent persécutée, considérée comme mineure et avilissante, trouve pourtant chez les plus grands auteurs d'ardents défenseurs et créateurs et, malgré toutes ces contraintes, elle reste prolixe à travers les siècles.
  Mystère, miracle ?
  Non, car la vigueur de l'érotisme littéraire est d'abord celui de ses lecteurs.

Ma note: 6,5 / 10

MASSECRITIQUE

Posté par Aileean à 19:01 - Divers (13) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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